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Le musée de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris en danger !

Avec Jean-François Moreau et Jacques Deschamps, membres de l’Association des amis du musée de l’Assistance publique
L’Assistance publique des hôpitaux de Paris, créée en 1849, possède un musée qui témoigne de son action auprès des personnes dans la misère, indigents, enfants abandonnés ou personnes malades sans ressources. Jean-François Moreau et Jacques Deschamps, de l’Association des amis du musée de l’assistance publique, reviennent sur les moments clés de l’évolution de cette institution : aujourd’hui, ses missions ont changé pour s’orienter exclusivement vers les soins, l’enseignement et la recherche, dans le cadre de la réforme de l’hôpital de 1958.


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Référence : FOC619
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Date de mise en ligne : 20 février 2011


L’histoire de l’Assistance publique débute en 1849. A cette époque, L’AP succède au Conseil Général des Hospices Civils, créé en 1801 dans le cadre de la réorganisation des structures de soins et de charité.
L’Assistance publique est chargée de l’ensemble des problèmes liés à la pauvreté. En raison de l’étendue de la misère à Paris et de la diversité des formes qu’elle revêt alors, les missions de l’Assistance Publique concernent une part importante de la population : indigents, enfants abandonnés, vieillards, malades sans ressources.

On considère qu’il existe deux périodes de l’histoire de l’Assistance publique : 1849-1960 et 1960 jusqu’à nos jours.

1849-1960 : Des missions sanitaires et sociales

Pendant cette période, l’Assistance publique regroupe les aides apportées à plusieurs tranches de la population :
- Les bureaux de bienfaisance (appelés en 1953 bureau d’aide sociale) sont chargés de la distribution des secours à domicile. Destinés aux personnes âgées, infirmes, et aux familles nombreuses (1913).

- Les dispensaires, créés en 1895, proposent des services d’examen et de dépistage pour les indigents. Leur nombre diminue au cours du XXe siècle, au fur et à mesure que se développent les consultations hospitalières.

L'Eglise aux origines de l'hôpital
L’Eglise aux origines de l’hôpital
Jean Henry : Livre de vie active, manuscrit enluminé, 1482. L’aide aux indigents existait déjà au Moyen-Âge.

- La gestion du service des Enfants-assistés où dès la fin du XIXe siècle, l’Assistance publique crée pour l’instruction des pupilles, des centres d’apprentissage professionnel (horticulture, imprimerie et ébénisterie, agriculture, travaux ménagers).
Dans les années 1950, le Service des Enfants-assistés (devenu en 1943 le Service de l’Assistance à l’Enfance) met en place tout un programme axé autour de la réadaptation, avec des centres d’observation et de déconditionnement pour les enfants inadaptés ou des foyers de jeunes travailleurs.


Saint Vincent de Paul et les dames de la Charité
Saint Vincent de Paul et les dames de la Charité

Devant l’insuffisance des institutions, Saint Vincent de Paul fonde vers 1640, avec l’aide des Filles de la Charité, l’oeuvre des Enfants Trouvés, approuvée par un édit royal en 1670.

Huile sur toile. XVIIe, XVIIIe siècles.

Le tour d'abandon de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul.
Le tour d’abandon de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul.

C’est vers 1811 que les autorités municipales développent le Tour d’abandon : ce dispositif, installé dans la façade des hospices et fonctionnant sur le principe du guichet tournant, permet aux parents de déposer leur bébé dans l’anonymat et en toute sécurité.

Gravure, XIXe siècle

- Les hospices pour les personnes âgées ont pour vocation d’accueillir tous ceux que la vieillesse et la maladie mettent hors d’état de subvenir à leurs besoins.

- L’hôpital jusqu’en 1941 est réservé aux malades dont les revenus ne dépassent pas un certain plafond de ressources. Ils y sont soignés gratuitement. Les malades sont logés dans des salles communes et séparés en fonction de leur sexe. Horaires stricts, silence dans les salles, mesures contre les malades indisciplinés.
Dès 1802, les étudiants de la Faculté de médecine de Paris y sont accueillis, point de départ de l’essor de la médecine clinique parisienne qui enclenche la progressive médicalisation de l’hôpital.

1960- aujourd’hui : missions de soins, d’enseignement et de recherche

Dès 1958 et la réforme de l’hôpital, l’Assistance publique prend officiellement un nouveau visage. Les hôpitaux sont devenus des CHU, Centres hospitalo-universitaires où sont intriquées missions de soins, d’enseignement et de recherche.
Mais quelques années auparavant, une mutation commençait à s’opérer dans le système de soins français.
Tout en d’abord en 1941, les hôpitaux publics sont ouverts à tous les citoyens, sans conditions de ressources.
En 1945 est institué la Sécurité sociale qui apporte à l’hôpital des ressources importantes et rend sa mutation possible.

C’est ainsi qu’au début des années 1960, l’Assistance publique se réorganise. Elle recentre ses missions sur l’hôpital, confiant la gestion de ses services sociaux (aide sociale à l’enfance, aide médicale, aide sociale, hospices) à la Ville de Paris.
En 1991, cette orientation est officialisée dans sa nouvelle dénomination : Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Le musée de l’Assistance publique des hôpitaux de Paris

Depuis 1934, l’Assistance publique des hôpitaux de Paris possède son musée. Il est installé à l’hôtel Miramion quai de la Tournelle dans le 5e arrondissement. Ouvert actuellement un jour par semaine pour cause de rénovation, plus de 10.000 objets sont inscrits à l’inventaire (peintures, sculptures, dessins et gravures, mobilier, textiles, traités, instruments médicaux et objets de soins, d’exploration ou d’enseignement, ...). Ils sont représentatifs de tous les aspects de la vie hospitalière, du Moyen Age à nos jours.

Plusieurs salles illustrent les grandes composantes de l’histoire de l’hôpital parisien : histoire religieuse et sociale, histoire médicale et paramédicale, histoire des professions de santé.
Le musée nous donne à comprendre l’évolution des représentations du corps et de la maladie au fil des siècles.

Parmi les pièces visibles au musée, retrouvez les peintures et gravures qui figurent en illustration dans ce texte.

Ecoutez les explications détaillées de nos deux invités, Jacques Deschamps et Jean-François Moreau, membres de l’Association des amis du musée de l’Assistance publique.

<i>Le Dispensaire de la Goutte de lait à Belleville</i> par Jean Geoffroy vers 1900, conservé au Musée de l'Assistance Publique dans le Ve arrondissement.
Le Dispensaire de la Goutte de lait à Belleville par Jean Geoffroy vers 1900, conservé au Musée de l’Assistance Publique dans le Ve arrondissement.
© Sylvain Ageorges - Editions Parigramme
Jean-François Moreau
Jean-François Moreau

Jean-François Moreau est président de l’Association des amis du musée de l’Assistance publique, radiologue de formation. Il a été chef de service dans plusieurs hôpitaux : Necker, l’hôpital Corentin Celton et l’hôpital Boucicaut-Vaugirard

Jacques Deschamps
Jacques Deschamps

Jacques Deschamps est Directeur d’hôpital honoraire, vice-président de l’Association des amis du musée de l’Assistance publique.

En savoir plus :

- Musée de l’Assitance publique des hôpitaux de Paris

- Assistance publique des hôpitaux de Paris
- Association des amis du musée de l’assistance publique

Marc Dupont, Françoise Salaün Ramalho, L’Assistance publique - hôpitaux de Paris, PUF, collection Que sais-je ?, 2010






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