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Les Sentinelles de l’Océan le rendez-vous de Jacques Rougerie : combattre les pollutions en mer

avec l’océanographe architecte, membre de l’Académie des beaux-arts
Les Sentinelles de l’Océan , le rendez-vous régulier de Jacques Rougerie sur Canal Académie est consacré en mars 2011, aux pollutions qui souillent les mers, en surface comme en profondeur. Comment répondre à ces nuisances destructrices ? Quelle aide précieuse son vaisseau SeoOrbiter apportera dans cette lutte indispensable à une meilleure prise en main de notre destin commun ?


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : FOC630
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/foc630.mp3
Adresse de cet article :
Date de mise en ligne : 3 avril 2011

Les eaux des littoraux, des estuaires, les eaux de surface à des miles des côtes, ou celles des profondeurs océaniques, charrient des agents polluants de toute nature. Plastiques, matériels de pêche abandonnés ou objets industriels, agents chimiques aux cocktails incertains, tous ont des répercussions biologiques sur l’ensemble du "vivant" : du micro-organisme au plus grand mammifère marin, par la chaîne alimentaire, humain compris. Ce triste constat est dénoncé depuis 50 ans. La pollution au mercure qui tua directement plus de 1500 Japonais dans la baie de Minamata en 1956 est-elle totalement tombée dans l’oubli ? L’histoire bien fournie de ces pollutions ne semble se diluer que dans nos mémoires. La diversité des polluants comme leur volume ne cessant de croître, la banalisation de leur présence, pourtant mortelle s’installe. Que savons-nous des conséquences de leurs répétitions dans le temps et de leur augmentation en volume ? Rien, quelques photographies choc, quelques informations parcellaires, la voix à peine audible des laboratoires scientifiques.

Que dire depuis la pollution nucléaire issue de la centrale japonaise de Fukushima touchée par la vague géante du tsunami, engendrée par le tremblement de terre qui a frappé la côte nord-est du Japon, le 11 mars 2011 ? A l’heure de l’enregistrement de cet entretien radiophonique, dans la matinée du 11 mars, seule la catastrophe du séisme était prise en compte supposant des tsunamis possibles, ignorant l’ébranlement de certaines centrales nucléaires japonaises.

Confiant dans les capacités de l’homme à s’adapter à son milieu et à prendre en main son destin, l’architecte Jacques Rougerie, créateur de vaisseaux d’exploration maritime et d’aménagement du littoral apporte à cette émission son œil de marin et son avis d’architecte naval et d’océanographe.
L’architecte prend la mer dans toutes ses dimensions, de la fragilité de ses rives qui abritent les trois-quarts de l’humanité, jusque dans ses profondeurs abyssales ou ses masses d’eau isolées au milieu de tel ou tel océan. Partout, nous dit-il, la mer porte en ses eaux, des traces d’activité humaine : déchets et pollutions constituent un manteau nouveau non bio-dégradable.

Il nous parle de l’étonnante multiplication des sacs plastiques qu’il a vus récemment sous l’eau avec l’Aquaspace, ancré sur la côte vénézuelienne, son premier bateau construit pour voir sous l’eau et avec lequel il a traversé l’Atlantique. Des tortues meurent qui les ingèrent, des moules s’y accrochent et s’y développent, vie et mort tout à la fois.

Mais que sait-on au juste ? De quelles études sur la durée (sur plusieurs mois, voire sur des années et non quelques semaines), disposent les scientifiques d’aujourd’hui pour prendre en compte la complexité de ces phénomènes ?

Pratiquement aucune, sur ce temps long, de l’ordre de plusieurs mois, voire quelques années, un temps pourtant si court à l’échelle de la terre, de la "Biogée" comme l’appelle Michel Serres.
« On ne sait rien, on suppose ! » nous dit Jacques Rougerie : des plongeurs l’ont constaté le long de tombants, sacs plastiques, filets dérivants sont là depuis 50 ans et tuent les animaux qui se prennent dans leurs mailles.
Comme on le sait, Jacques Rougerie concentre tous ses efforts sur la mise en œuvre de son projet SeaOrbiter, en train de devenir réalité, ces derniers mois.
Les avancées concernant la construction de SeaObiter, annoncées dans notre précédente émission se poursuivent. Acteurs scientifiques et industriels se font de plus en plus nombreux pour participer aux futures campagnes scientifiques de la plateforme d’observation dont la construction démarrera fin 2011 début 2012.

L’observation des déchets dérivant en mer, parfois des containers entiers, fera partie des missions de SeaOrbiter, comme l’étude de ses nappes de déchets que les marins croisent parfois en plein cœur de l’Atlantique. Que sait-on de ces masses d’eau envahies de déchets en tout genre parfois grandes comme un département ? Comment la vie s’y organise-t-elle ?

L’homme a cette capacité de s’adapter tout doucement, lentement, à des changements climatiques mais la montée des eaux générée par un réchauffement climatique brutal liée à l’activité humaine mal contrôlée réclame une mise au point rapide de l’étendue des dégâts. Avec Seaorbiter, Jacques Rougerie espère offrir aux scientifiques les moyens de mener des observations sur des temps longs et de longues distances. L’observatoire mobile que se propose d’être SeaOrbiter est un complément indispensable aux futures observatoires robotisés sous-marins fixes du réseau ESONET NoE qui prévoit l’implantation d’une douzaine de modules fixes entre l’Arctique et la Méditerranée. L’opération est dirigée par l’Ifremer. Une initiative européenne qui vient en écho au projet de SeaOrbiter pour lequel Jacques Rougerie a pensé d’emblée une structure en réseau. Sont en effet prévus, à long terme plusieurs SeaOrbiter pour prendre le pouls de chaque mer, de chaque océan en trois dimension.

Parmi les grands programmes scientifiques de SeaOrbiter, concernant le climat, les DCP (Dispositifs de concentration de poissons) et la biodiversité, Jacques Rougerie précise ici quelques uns des objectifs : suivre le Gulf Stream, aller sur la Mer des Sargasses pour observer ces ilôts de déchets, grands comme des départements, observer la biodiversité, les micro-organismes, les migrations de méduses ou de cétacés, observer les grands fonds. L’intérêt de cette exploration scientifique d’un genre nouveau est que le SeaOrbiter combine moyens humains et robots, sans compter, un sous-marin pour approcher les seamounts, montagnes sous-marines d’origine souvent volcanique. Pour mesurer le CO2, le SeaOrbiter, sorte de bouée perche, sera équipé de capteurs au dessus de l’eau tous les 25 centimètres sur une hauteur de 20 mètres et sous l’eau, tous les 25 centimètres sur une hauteur de 30 mètres. Ainsi l’interface entre l’air et l’eau pourra être enfin étudiée en temps réel.

Enfin, SeaOrbiter est aussi au service de tous. Il est un outil pédagogique pour les écoles comme pour le grand public pour faire comprendre combien les océans sont importants pour le développement durable ou encore la nourriture de demain.

La Fondation Jacques Rougerie Génération Espace-Mer lance des bourses et des prix pour des ingénieurs et des architectes qui imagineront ces types d’observatoires. Pour toute information pratique et appel à candidature, consultez le site de la fondation. Les prix et les bourses seront proclamés à l’Institut de France.

Nous vous invitons à visionner ci-dessous le film de Jacques Rougerie consacré à SeaOrbiter.

Jacques Rougerie, Canal Académie 11 mars 2011
Jacques Rougerie, Canal Académie 11 mars 2011
© Canal Académie

- Biographie : Jacques Rougerie est architecte DPLG en 1972, il fonde en 1974 le Centre d’Architecture de la Mer et de l’Espace qui servira de creuset à ses projets et ses réalisations. En 1993, il fonde l’Association Espace-Mer. Grand plongeur, il fait partie de l’équipage qui détient le record du monde de vie sous la mer : 70 jours. Il est membre de l’Académie Française d’Architecture depuis 1999, membre de l’Explorer Club de New-York (2002) Président de Cités Marines -Prospectives 2100 (2006), membre permanent de L’ÉcoleAgit (2008) et membre de l’Institut-Académie des beaux-arts depuis 2008.

Pour en savoir plus

- Retrouvez Jacques Rougerie dans d’autres émissions de Canal Académie :
- Les sentinelles de l’Océan , les ports de demain, avec Jacques Rougerie, de l’Académie des beaux -arts
- Fondation Jacques Rougerie - Génération Espace Mer : cap sur l’aventure scientifique de SeaOrbiter
- L’architecte Jacques Rougerie, membre de l’Académie des beaux-arts : la houle apprivoisée
- L’architecte Jacques Rougerie de l’Académie des beaux-arts, reçu sous la Coupole
- Jaques Rougerie à l’Académie des beaux-arts : réception de son épée d’académicien

- Site officiel de la Fondation Jacques Rougerie - Génération Espace Mer
- Des images de SeaOrbiter sur le site de la Fondation Jacques Rougerie - Génération Espace Mer
- Une visite virtuelle de SeaOrbiter est proposée sur le site de la fondation, accompagnée d’une coupe interactive qui ravira les curieux et les rêveurs.
- Sur le réseau ESONET NoE

- Site internet de l’Agence d’architecture Jacques Rougerie
- Jacques Rougerie de l’Académie des beaux-arts
- L’École-Agit : appel à projets en direction des écoles, des collèges et des lycées lancé par Xavier Darcos, Ministre de l’Éducation nationale et Jean-Louis Borloo, Ministre d’Etat, Ministre de l’écologie.





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