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Gendarmes, CRS et Cie. Une chronique de François d’Orcival

de l’Académie des sciences morales et politiques
François d’Orcival évoque les besoins de la France en maintien de l’ordre -qui diminuent- tandis que les exigences de sécurité publique en situation d’urgence s’accroissent... L’académicien journaliste reprend ici, au micro de Canal Académie, la chronique qu’il donne, le samedi, dans Le Figaro Magazine.


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Il ne s’agit pas d’une affaire de compagnies de CRS, mais d’une mutation de la société française. Les besoins en maintien de l’ordre diminuent tandis que les exigences de la sécurité publique augmentent. On l’a vu l’an dernier lors des défilés massifs contre la réforme des retraites : à Paris comme en province, ils se sont déroulés dans le calme, encadrés par les services d’ordre disciplinés des centrales ouvrières. Les débordements des casseurs se sont raréfiés. En revanche, les éruptions violentes et circonscrites (Lyon, Grenoble, Saint-Denis, etc.), réclament des interventions rapides et ponctuelles. D’où les plans auxquels travaillent l’Elysée et l’Intérieur pour parvenir à un maillage serré du territoire, afin de combattre la généralisation de la délinquance, associé à des unités disponibles et hyper-entraînées pour répondre aux situations d’urgence.

Les forces du maintien de l’ordre classique sont représentées par les compagnies de CRS pour 14 000 hommes, et les escadrons de gendarmerie mobile pour 13 500. Des effectifs à replacer dans l’ensemble des 245 000 policiers et gendarmes (deux fois l’armée de terre) présents sur le territoire. C’est donc en raison de la moindre activité en maintien de l’ordre que neuf escadrons de gendarmes mobiles ont été dissous, que huit autres doivent l’être. On a vu l’agitation qui s’est emparée des CRS quand ils ont appris que la dissolution de deux de leurs compagnies était à l’étude – comme s’ils étaient propriétaires de leurs unités. Il est vrai que l’histoire et la culture des uns n’ont rien à voir avec celles des autres. Les CRS, issus d’unités variées fusionnées après la Libération, sont des fonctionnaires de police, très syndiqués, tandis que les gendarmes sont des militaires, ce qui explique les différences de réaction.

Il n’empêche que si les 280 postes, l’équivalent des effectifs des deux compagnies maintenues, ne sont pas supprimés, ils sont bien transférés des CRS vers la sécurité publique. Brice Hortefeux ne pouvait pas céder. Car dans cette affaire, l’autorité de l’Etat est en jeu, qui plus est au cœur de sa mission. Il ne lui est certes pas interdit d’avoir de l’habileté politique, de négocier avec les corporatismes, mais dès lors qu’il est conduit à transformer son dispositif de sécurité, à l’adapter aux changements de comportements et à l’évolution de la délinquance, il doit se faire obéir.

Le texte de cette chronique est paru dans Le Figaro Magazine du samedi 12 février 2011. Elle est reprise ici par son auteur, avec l’aimable autorisation de l’hebdomadaire.

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