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Les mots des religions « le miracle »

les mots du christianisme avec Sylvie Barnay
Que signifie le mot « miracle » ? Quel sens a-t-il pris dans le christianisme au fil des siècles ?


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Émission proposée par : Sylvie Barnay
Référence : tor018
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Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida641-Les-mots-des-religions-le-miracle.html
Date de mise en ligne : 7 avril 2006

Le miracle est biblique. Dans la Bible, le Christ accomplit de nombreux miracles. Il guérit les paralytiques, il ressuscite le fils de la veuve de Sarepta, il multiplie les pains, il transforme l’eau en pain, il marche sur l’eau... Le miracle désigne une issue divine donnée à une situation humaine sans issue. C’est au IVe siècle que commencent à apparaître les récits de miracles accomplis par les saints qui imitent le Christ. Ils font accourir toute la chrétienté sur le lieu de leurs tombeaux où s’élèvent à présent des basiliques monumentales. Les saints thaumaturges (faiseurs de miracles) sont particulièrement prisés par les populations, comme saint Martin à Tours. C’est saint Augustin (+430) qui donne une des premières définitions théologiques du miracle en montrant qu’il est le signe de l’accomplissement du royaume de Dieu sur terre. Vers 1120-1140, une différence entre miracle et prodige est nettement marquée. Les théologiens montrent que Dieu s’est retiré du monde pour permettre à l’homme d’en découvrir les lois et que tout n’est pas miracle. C’est ainsi que le passage d’une comète présentée comme signe en l’an mil, devient simplement élément naturel au XIIe siècle. Les miracles de la Vierge donnent lieu à d’innombrables récits : par exemple, celui de Théophile qui a vendu son âme au diable et que la Vierge secourt.

Devant la multiplication des miracles et de leur confusion avec certaines pratiques magiques, nombreuses sont les voix qui s’élèvent à la fin du Moyen Age. Au XVIe siècle, les protestants « protestent » contre les abus. Pour eux, il y a trop de saints intercesseurs auxquels on recourt et trop de miracles. Dans la théologie protestante, Dieu seul est saint. Le Concile de Trente, par réaction, met le miracle sous surveillance. Au XVIIe siècle, une véritable redéfinition des vies des saints est opérée. Les miracles sont éradiqués des hagiographies. Mais paradoxalement, le siècle opère également un retour en force du miracle... C’est par exemple le moment où les lieux de pèlerinage font l’objet d’une écriture de leur histoire à l’origine de laquelle figure toujours un miracle d’un saint ou de la Vierge. Le procès de canonisation qui depuis le XIIIe siècle comptabilise miracles et vertus pour définir un saint évolue. Aujourd’hui, pour être canonisé, un saint doit avoir accompli au moins deux miracles, reconnus comme tels par l’institution. Depuis 1929, un collège médical évalue de manière scientifique les cas des miracles de guérison dans le contexte d’une canonisation. Depuis le « siècle des Lumières », une opposition est en effet posée entre « miracle » et « science ». Dès lors, le miracle a été amalgamé avec le merveilleux et relégué dans le camp de l’impossible et de l’improuvable. On le voit, le miracle évolue avec le temps. L’histoire du mot « miracle » est une histoire de son actualisation à travers les siècles.






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