La Nativité selon Botticelli

et quelques chefs d’oeuvre de la Renaissance italienne, avec Patrizia Nitti reçue par Krista Leuck
Patrizia Nitti présente ici deux chefs d’œuvre de Sandro Botticelli sur le thème de la Nativité : L’Adoration des Mages et La Nativité Mystique. Elle est directrice artistique du Musée Maillol à Paris, et à l’origine de l’exposition <>Trésors des Médicis (jusqu’au 13 février 2011). Spécialiste de la Renaissance italienne, elle ne manque pas d’évoquer cette période si féconde de l’histoire de l’art.


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Émission proposée par : Krista Leuck
Référence : CARR747
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Date de mise en ligne : 19 décembre 2010
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Tous les ans Canal Académie s’associe à la fête de la naissance du Christ en consacrant une grande émission à ce thème dans les arts. Cette année 2010, en compagnie de Patrizia Nitti, spécialiste de la Renaissance italienne, notre attention se porte sur deux œuvres de Botticelli : L’Adoration des Mages et La Nativité Mystique.

L’émission s’ouvre sur une évocation plus large de la Renaissance italienne au temps des Médicis. Du XVe au XVIIIe siècle, cette dynastie de marchands et banquiers florentins, grands protecteurs des arts, constitua une des plus fabuleuses collections d’art au monde. Il sera plus particulièrement question ici des fondateurs du XVe siècle : Cosme de Médicis, dit Cosme l’Ancien, son petit-fils Laurent le Magnifique et des deux « Reines italiennes » Catherine et Marie de Médicis.

Dans ce contexte historique, Patrizia Nitti examine les rapports entre les deux mondes du pouvoir et de l’art. Par leur mécénat, les Médicis inventent une nouvelle équation qui constate la prédominance de l’art dans la communication. Le génie des Médicis fut surtout de comprendre que l’art avait besoin de liberté. La communication médicéenne célèbre l’art par excellence, celui qui permet à la fois de justifier les richesses que l’on gagne, de servir Dieu tout autant que soi-même et, surtout, de montrer à autrui la supériorité familiale et civique.

Alessandro di Mariano di Vanni Filipepi, dit Sandro Botticelli, est né entre le 1er mars 1444 et le 1er mars 1445 dans le quartier d'Ognissanti à Florence, où son père était tanneur. Il meurt en mai 1510 dans la maison de la Via della Porcellenna où il a travaillé toute sa vie
Alessandro di Mariano di Vanni Filipepi, dit Sandro Botticelli, est né entre le 1er mars 1444 et le 1er mars 1445 dans le quartier d’Ognissanti à Florence, où son père était tanneur. Il meurt en mai 1510 dans la maison de la Via della Porcellenna où il a travaillé toute sa vie

Botticelli est l’une des figures les plus marquantes du « printemps » de la Renaissance. Patrizia Nitti nous entretient de ses principaux maîtres (tel Filippo Lippi), ses influences, et ses principaux commanditaires. Outre pour les Médicis à Florence, il exécuta des travaux pour le Vatican notamment en participant aux fresques de la Chapelle Sixtine. Mais c’est à Florence que sa gloire fut consacrée. L’humanisme de Laurent le Magnifique trouva en Botticelli son meilleur interprète dans le langage de l’art. Il fréquente le cercle de la famille Médicis, notamment les humanistes de l’Académie platonicienne comme Ange Politien ou Pic de la Mirandole, ce qui lui offre protection et garantie de nombreuses commandes, comme L’Adoration des mages (celle de 1475).

L’Adoration des Mages

Cette œuvre peinte avant le séjour romain de l’artiste, peut être considérée comme un véritable hommage rendu à Laurent le Magnifique. Bien qu’originellement commanditée par Gaspare Lama pour sa chapelle Santa Maria Novella, elle nous montre la famille des Médicis au complet. Cosme l’Ancien, le jeune Laurent de Médicis, son frère Julien, le poète Politien et le philosophe Pic de la Mirandole. Del Lama, le commanditaire, figure également parmi les adorateurs de la scène christique. Innovation surprenante dans l’histoire de l’art, Botticelli s’inclut lui-même dans le tableau, il s’affirme en regardant le spectateur de face.

Botticelli, <i>Adoration des Rois mages</i>1475-1476, Galeries des Offices, Florence
Botticelli, Adoration des Rois mages1475-1476, Galeries des Offices, Florence

Giorgio Vasari cite le tableau dans son opus Le Vite : « On ne saurait décrire la beauté que Sandro mit dans ces têtes : elles sont montrées dans des attitudes variées, les unes de face, les autres de profil, certaines de trois-quarts ou encore inclinées, offrant une grande variété d’expressions et d’attitudes chez les jeunes et les vieux, et cette extravagance dans les détails qui est l’apanage de ceux qui ont atteint la parfaite maîtrise de leur art. »

La Nativité mystique

Cette oeuvre tardive, la seule de Botticelli à être signée et datée, est jugée exceptionnelle. Une composition hors norme surmontée d’une inscription en grecque : « à la moitié du temps, après le temps… », une référence à l’Apocalypse de Saint Jean, elle signifie l’éternité. Au dessus de la crèche, une ronde de douze anges dans le ciel. Une trinité d’anges sur le toit et dans la crèche la trinité de Marie, Joseph et l’enfant Jésus. Encore des anges au premier plan, ils embrassent des gentils.

Botticelli, <i>Nativité Mystique</i>, 1501-1505, National Gallery, Londres
Botticelli, Nativité Mystique, 1501-1505, National Gallery, Londres

A ce stade de sa vie où la spiritualité domine, Botticelli est sans aucun doute — tout comme d’autres humanistes de l’époque — sous influence du prédicateur Savonarole, le cortège des anges en témoigne sur cette composition : « Repentez-vous de ce que vous avez fait, repentez-vous de vos péchés, éloignez-vous du démon, prêchait Savonarole. Laissez-vous gagner par les anges seuls capables de vous amener jusqu’au Sauveur ». Mais tandis que les menaces du prédicateur faisaient trembler la Florence médicéenne, l’art de Botticelli a su porter les mystères christiques jusqu’à l’apothéose d’une peinture qui fut celle de la Renaissance.

En savoir plus :

- Exposition TRESORS DES MEDICIS, Musée Maillol, Paris, jusqu’au 13 février 2011.

- La National Gallery à Londres

- Extraits musicaux durant les pauses :

- Heinrich Schütz - Psalm 100 interprété par The Tapiola Chamber Choir sous la direction de Paul Hililer

- Claudio Monteverdi - Cantate Domino (madrigal)

D’autres émissions sur des Nativités et Adorations des Mages :

- Il descendit du ciel : Nativité et Incarnation dans l’art médiéval

- Les Nativités des Maîtres du XVIIe siècle

- La Nativité et de l’Adoration des Mages des maîtres italiens de Sienne et de Florence

- Nativité et adoration des mages

- The Nativity, by the Master Painters of the XVIIth Century






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