Agnès Sorel : la première favorite

Entretien avec Françoise Kermina par Christophe Dickès
Agnès Sorel, la fameuse Agnès Sorel et le mystère qui entoure sa mort, tout est enfin elucidé dans ce livre... Françoise Kermina évoque la vie, les goûts fastueux et les habitudes de cette Dame de Beauté, belle occasion de rafraîchir l’image de la favorite de Charles VII.


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Émission proposée par : Christophe Dickès
Référence : hist068
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Date de mise en ligne : 7 avril 2006

Au crépuscule de l’époque médiévale, Agnès Sorel fait figure de mythe : personnage énigmatique, possédant une réelle influence sur le roi Charles VII, la « Dame de Beauté » a fait l’objet d’une étude par l’historienne Françoise Kermina publiée aux Editions Perrin. Celle-ci reprend notamment les conclusions des scientifiques du CHRU de Lilles qui ont pu étudier les restes d’Agnès exhumés en 2004.

Agnès Sorel : la première favorite
Agnès Sorel : la première favorite
Un ouvrage de Françoise Kermina

Bibliographie
Agnès Sorel, la première favorite, Ed. Perrin, septembre 2005

En savoir plus sur Agnès Sorel...

Née à Fromenteau en Touraine vers 1422, morte à Anneville en Normandie en 1450, Agnès Sorel est la dernière demoiselle d’honneur de la reine de Sicile Isabelle de Lorraine qui la rémunère dix livres par an, même pas de quoi acheter un mauvais cheval.

Elle se réfugie à la cour de France avant même l’éviction définitive du roi René de Naples. Nouvelle, elle est cependant au premier rang et le roi Charles VII la remarque. Pourtant elle n’est que de petite noblesse puisque son père est un simple mercenaire du roi. Brézé, le favori qui a noté le regard de son souverain, s’arrange pour lui présenter la petite nouvelle.

Très vite Agnès Sorel impose son art de vivre. En quelques mois elle devient la meilleure cliente du célèbre Jacques Coeur, marchand international et grand argentier du roi. Ses « queues » de robe atteignent huit mètres de long, elle consomme des quantités astronomiques de tissus. Toutes les femmes l’imitent.

Ce qu’elle dilapide en bas, elle le rattrape en haut, en inventant le décolleté épaules nues, si nues qu’un chroniqueur hypocrite mais pas aveugle déplore « cette ribaudise et dissolution ». En un an le roi lui offre 20 600 écus de bijoux dont le premier diamant taillé connu à ce jour, la fait châtelaine de Loches, dame de Beauté-sur-Marne (d’où son nom de Dame de Beauté) et comtesse de Penthièvre.

Intelligente, belle et féconde, Agnès Sorel donne trois filles à Charles VIl qu’il légitimera. Les moralistes Thomas Basin ou Juvénal des Ursins, la rendent responsable du « réveil » sensuel de Charles VII. Ils jugent sévèrement sa liberté de moeurs et l’accusent de faire de ce roi chaste un roi débauché entièrement livré à ses maîtresses.

Le dauphin, futur Louis XI, pendant quelques mois tente bien de faire des efforts lui offrant même des tapisseries prises au comte d’Armagnac, mais un jour, ne supportant plus que cette reine des coeurs prenne la place de sa propre mère, il laisse éclater sa rancoeur et poursuit l’infortunée Agnès, l’épée à la main, dans les pièces de la maison royale. Pour sauver sa vie, elle doit se réfugier dans le lit du roi, ce que précisément le dauphin voulait éviter. Charles VIl, courroucé par tant d’impertinence, chasse son fils de la Cour et l’envoie gouverner le Dauphiné.

Le roi doit réorganiser ses finances et sa belle le pousse à achever la conquête de son royaume en reprenant la Guyenne et la Normandie aux Anglais. Agnès Sorel ne verra pas la belle victoire de Formigny. Se languissant de son royal amant, elle part en plein hiver le rejoindre à Jumièges près de Rouen. Enceinte de six mois, Agnès est la proie d’une dysenterie et meurt si rapidement que l’on croit à un empoisonnement. On accusa tout d’abord Jacques Coeur, sans doute plus qu’un ami et un protégé, mais il fut lavé de ce chef d’inculpation. Les soupçons se portèrent alors sur le dauphin, le futur Louis XI, ennemi du parti qu’elle soutenait. Elle s’éteint le 11 février 1450.

Éploré, le roi commande deux magnifiques tombeaux de marbre, l’un contenant son coeur à Jumièges, l’autre son corps à Loches.

A propos de Françoise Kermina

Françoise Kermina consacre ses travaux à la fin du XVIe et au début du XVIIe siècle. Elle a aussi publié chez Perrin plusieurs ouvrages sur la Révolution française, dont Saint-Just et Les Dernières charrettes de la Terreur, couronnés par l’Académie française. Françoise Kermina est membre de la Société d’histoire de France.

Ses œuvres

- Les dernières charrettes de la Terreur. Présence de l’histoire, 1988
- Monsieur de Charrette. Folio, 1993
- La Reine Christine et le Roide Suède. Perrin, 1998
- Bernadotte et Désirée Clary. Perrin, 1999
- Hans-Axel de Fersen. Perrin, 2001
- Bernadotte et Désirée Clary : le Béarnais et Marseillaise souverains de Suède. Perrin, 2004
- Où sont les diamants du Roi ? Corlet Editions, 2005
- Agnès Sorel : la première favorite. Perrin, 2005
- Marie de Médicis, reine régente et rebelle. Perrin, 2006
- Hans-Axel de Fersen. Perrin, 2006

Un site incontournable

http://jacques-coeur.bourges.net/agnesdossier.htm






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