Les Éditions Bartillat : une exigence de qualité

Rencontre avec Constance de Bartillat et Charles Ficat, éditeurs
Constance de Bartillat dirige les Éditions Bartillat depuis une dizaine d’années. Elle leur imprime une orientation et un style particulier en accentuant ses choix sur la littérature et l’esthétique. Face à la concurrence informatique, comment continuer à produire des livres ? Pour elle, un seul mot d’ordre : la qualité.


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Émission proposée par : Hélène Renard
Référence : PAG814
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Date de mise en ligne : 15 août 2010

C’est le père de Constance de Bartillat, Christian de Bartillat, qui avait créé cette maison d’éditions répondant à son besoin impérieux de produire et d’éditer des livres. Elle l’a rejoint en 1995 mais rapidement, elle a eu envie de créer sa propre maison et s’est orientée vers des voies plus personnelles : plus de littérature et d’histoire littéraire. Charles Ficat, éditeur à ses côtés, collabore largement à cette ligne éditoriale.

S’il fallait résumer les éditions Bartillat, c’est certainement le mot "littérature" qui vient à l’esprit, mais pris au sens large. Car la littérature, ce n’est pas seulement de la fiction : ce sont des textes de prose, de poésie, de témoignages, bref toutes les productions de l’esprit qui méritent d’être diffusées et qui contribuent à faire circuler les idées. Le travail de l’éditeur est fondamental, offrant pour chaque livre des notes, des index, des présentations, des références, et une indispensable relecture, tout ce qui, au final, produit un ouvrage de qualité, digne d’être appelé "livre".

Les livres sont bien évidemment des produits marchands mais l’éditeur doit veiller à ce que ses choix rencontrent un public. Les lecteurs se raréfient certainement et l’on est aujourd’hui à un carrefour... "Cela contraint à de plus en plus de pertinence éditoriale" constate notre invitée.

Statistiquement, un "gros lecteur" achetait, il y a dix ans, 7 livres par an. Aujourd’hui, il n’en achète plus que 3 (sauf les lecteurs de Canal Académie qui demeurent de grands amateurs de livres !).

Être une maison d’éditions indépendante permet une liberté éditoriale que Constance de Bartillat apprécie et défend. Elle a appris à faire des budgets, des analyses, des comptes d’exploitation, des prévisions, raisonnables (a minima) "Une des garanties de la survie est de faire des budgets qui analysent vraiment le potentiel d’un livre tel qu’il se présente sur le marché". Un livre "de fond", de culture générale d’un certain niveau et d’érudition "douce", qui se vendait il y a quelques années à 3000 exemplaires, ne se vend plus maintenant qu’à 1000 exemplaires : "Il faut bien remarquer qu’un public s’est perdu... du moins pour certains livres".

Globalement la maison Bartillat publie entre 20 et 25 livres par an. Son catalogue propose 350 titres. C’est une maison qui, avec les titres de son fonds, commence à avoir une taille qui permet de les remettre sur le marché.

Histoire, biographie, gastronomie, régionalisme constituent les principaux thèmes des ouvrages publiés.

Charles Ficat (qui est un germaniste éminent) explique, quant à lui, la façon dont sont choisis les textes et les auteurs : "Nous essayons de publier une facette moins connue d’un auteur, nous recherchons l’originalité".

Par exemple, Alexandre Dumas, Robin des bois : moins connu que les autres chefs d’œuvre de Dumas, et republié à l’occasion de la sortie du film. La collection "Omnia" par exemple, à un prix de semi-poche, offre des livres soit du fonds (La paix des Cimes de François Mauriac par exemple et d’autres textes de cet auteur, ou Les déracinés de Barrès, soit de grands classiques comme Suétone.

Sans craindre d’entreprendre quelques travaux "pharaoniques" : par exemple, le De Gaulle inventaire d’Alain Larcan (qui recense toutes les sources intellectuelles du général), ou encore les trois Faust de Goethe (une rareté sur le marché) avec Jacques Le Rider et Jean Lacoste. Charles Ficat détaille l’ampleur d’un tel travail d’édition. Par ailleurs, les éditions Bartillat rencontre un bon succès avec les livres d’esthétique et les biographies sur l’art (Huysmans, Monet, Courbet...)

L’avenir de l’édition : le soin apporté à chaque livre, la finition, l’appareil critique, tout ce qui fait la valeur ajoutée.

Même si la fonction lecture n’est sans doute pas en péril, pour continuer à imprimer des livres, il faudra y mettre, plus que jamais, de la qualité. Le public ne s’y trompera pas.

On consultera avec intérêt le site internet pour connaître le catalogue de la maison : http://www.editions-bartillat.fr/






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