Le Club

Découvrez le club Canal Académie et créez votre compte dès maintenant pour profiter des avantages, des exclusivités, des services...

Découvrir le Club

Henri IV : rumeurs, complots et légendes

Avec Yves-Marie Bercé, membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres

Yves-Marie Bercé retrace le génie secret dont fit preuve Henri IV pour mettre en scène sa propre légende. Historien à la fois de la grande histoire politique traditionnelle et des opinions populaires, des révoltes, des complots, des conjurations et des moments inachevés de l’histoire, l’académicien détaille ici les éléments de l’assassinat du roi.


Bookmark and Share

L’étude des rumeurs est une nouvelle source de l’histoire. Elle révèle les espérances, les angoisses, les engagements et les partis pris qui animent les peurs et les émotions populaires.
Le « Bon Roi Henri » le savait déjà et semble avoir toujours été fort attentif aux réactions populaires. Il connaissait les virtualités de l'opinion publique. Sa compréhension allait jusqu'aux aspects irrationnels des représentations, des légendes et des rumeurs. Il s'appliqua à s'identifier à l'image mythique ou traditionnelle du bon prince et à imposer cette image dans les écrits populaires. Quelques exemples de ces rumeurs apologétiques, écrits de propagande, gestes symboliques illustrent la politique d’Henri IV :

- Le récit - bienvenu pour le mythe fondateur du nouveau roi Bourbon - mettant en scène le « Grand Veneur », un personnage fantastique issu de la forêt, qui lui serait apparu au cours d’une chasse ;

- Le prénom du dauphin Louis, prénom un peu démodé pour les rois en 1601, mais qui rappelle Saint-Louis. Il s’agit d’une part d’affirmer que la dignité royale d'Henri IV résulte d'un droit qui défie les siècles et non d'une opportunité politique imposée par les événements, et d'autre part que la catholicité de sa couronne n'est pas le résultat d'un calcul momentané mais vient d'un héritage d'un héros de la sainteté.

- Le rite des écrouelles par lequel les rois de France guérissaient les scrofuleux. Le roi Henri aimait respecter cette coutume : il semblait y découvrir une preuve intime de sa légitimité et de sa vocation et, peut-être aussi, un réconfort dans les tourments de sa conscience.



Henri IV se présentait comme le héros providentiel de l'instant, victorieux et glorieux, marqué du destin, envoyé de la providence et identifié au salut du royaume et de son peuple.

Complots et conspirations furent nombreux, cependant, sous son règne alors que depuis 1598, avec le Traité de Vervins et l'Édit de Nantes, la paix était revenue dans le royaume.
Henri IV avait signé, en effet, deux documents essentiels : le Traité de Vervins arrêtant les hostilités avec la couronne d'Espagne et l'Édit de Nantes consacrant la paix religieuse en France. Cette politique pacifiste tant à l'extérieur qu'à l'intérieur du pays répondait bien plus à des sentiments de lassitude générale et de résignation de tous les belligérants qu'à la mise en œuvre de principes d'une politique moralisée.

Le 14(...)


© Canal Académie - Tous droits réservés

Notez cette émission :

Pour poursuivre la lecture de cet article et écouter cette émission,
devenez membre du Club pour 25€ par an seulement ! abonnez-vous ici Déjà abonné ? identifiez-vous

Commentaires