La météorite Paris : mieux connaître l’âge du système solaire ?

Avec les cosmochimistes Brigitte Zanda et Matthieu Gounelle au Muséum National d’Histoire Naturelle
Parmi les météorites de grand intérêt pour les chercheurs, la météorite Paris a fait son entrée au Muséum national d’histoire naturelle début 2010. Si les météorites passionnent autant les scientifiques, c’est parce que ces roches extraterrestres n’ont pas évolué depuis leur formation. Elles représentent donc une source unique de renseignements sur les conditions de la genèse des planètes ; des informations tombées du ciel au sens propre du terme ! Explications en compagnie des cosmochimistes Brigitte Zanda et Matthieu Gounelle.


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Les météorites proviennent la plupart du temps de la ceinture d’astéroïdes qui tournent en orbite entre Mars et Jupiter.
Plus rares sont les météorites qui proviennent de comètes comme Orgueil, tombée en 1864 en France. On retrouve aussi des débris de Mars, de la Lune et de certaines planètes naines comme Xérès ou Vesta. « Il y a certainement d’autres objets qui se baladent dans le système solaire, mais les chances qu’ils atterrissent sur la Terre restent restreintes », précise Brigitte Zanda.
Il existe aussi certainement des météorites d’origine terrestre : « Lorsque la Terre fut touchée par de grands impacts il y a plusieurs milliards d’années, des débris furent éjectés. Mais pour échapper à la gravité de la Terre l’impact devait être très puissant » explique Brigitte Zanda.

La météorite de Paris. Notez la fine pellicule noire (« croûte de fusion ») qui recouvre presque toute la pierre dont l'intérieur, parsemé de petits points blancs, n'est visible que par endroits.
La météorite de Paris. Notez la fine pellicule noire (« croûte de fusion ») qui recouvre presque toute la pierre dont l’intérieur, parsemé de petits points blancs, n’est visible que par endroits.

La composition des météorites

Les éléments chimiques qui composent une météorite sont presque similaires à ceux que l’on trouve sur Terre, mais dans des proportions différentes. Ainsi nous l’expose Matthieu Gounelle : « On va parler d’une composition "chondritique" pour la majorité des météorites, une composition semblable à celle des éléments rocheux du soleil. C’est ce qui nous fait dire que les météorites sont des briques de notre système solaire. »

Arrêtons-nous sur les chondrites. Il s’agit des météorites les plus primitives qui proviennent d’astéroïdes, ayant conservé leurs textures originelles au moment où le système solaire s’est formé. Ce sont les chondrites qui nous renseignent sur l’origine du système solaire et sur le mode de formation.

L’histoire de la météorite Paris

C’est une des particularités de la météorite Paris acquise au début de l’année 2010 par le Muséum national d’histoire naturelle. Brigitte Zanda nous la présente : « C’est une chondrite carbonée de type CM, peu transformée à la surface, ce qui est très rare (souvent les météorites s’abîment au contact des intempéries). On espère découvrir la composition exacte de la météorite, mais aussi mieux préciser l’âge du système solaire. Des chercheurs travaillent en effet actuellement sur des études isotopiques permettant de dater les chondres réfractaires, composants pétrographiques de l’objet. »

Vue au microscope optique en lumière transmise d'une lame mince de la météorite de Paris.
Vue au microscope optique en lumière transmise d’une lame mince de la météorite de Paris.
En bas à droite, la moitié d’un chondre ; en haut à gauche, une inclusion réfractaire. Ces matériaux ont été formés à très haute température dans l’environnement du soleil en formation. Les inclusions réfractaires, qui proviennent de la condensation du gaz de la nébuleuse solaire, sont les objets les plus anciens du système solaire. Entre ces composés, la matrice à grain fin apparait noire. Elle est le siège de microscopiques grains d’origine présolaire et de composés organiques qui pourraient avoir été impliqués dans l’origine de la vie.

La météorite Paris porte le nom du lieu où elle a été trouvée. Mais il serait inexact de dire qu’elle a atterri à la capitale ! On ne sait que peu de choses de ce débris extraterrestre. Il semble qu’il soit arrivé sur Terre dans les années 1930. Celui qui l’a découvert vivait dans les colonies françaises à cette époque. Il l’a donc certainement trouvé sur place. Plusieurs décennies plus tard, l’objet est apparu dans une vente aux enchères à Drouot. Acquis par un curieux, l’objet a ensuite été revendu au Muséum national d’histoire naturelle en 2010. Le nom de cette météorite vient de cette deuxième découverte à l’hôtel des ventes.

La météorite de Paris arrive au Muséum, toujours dans l'« écrin » dans lequel elle a été trouvée…
La météorite de Paris arrive au Muséum, toujours dans l’« écrin » dans lequel elle a été trouvée…

Les chutes de météorites : plusieurs tonnes au-dessus de nos têtes !

Matthieu Gounelle nous donne quelques chiffres : « On estime qu’en moyenne 4000 météorites de plus de 1 kg tombent chaque année sur Terre, soit 10 tonnes par an. Pour les plus petits objets que nous appelons des micro–météorites (moins de 1 millimètre), on estime qu’il tombe environ 10 000 tonnes de poussière par an. »

Écoutez les explications détaillées de Brigitte Zanda et de Matthieu Gounelle.

Brigitte Zanda est cosmochimiste au laboratoire de Minéralogie et Cosmochimie au Muséum national d’Histoire naturelle
Matthieu Gounelle est également cosmochimiste au Laboratoire Analyses du Muséum National d’Histoire Naturelle.

En savoir plus :

- Matthieu Gounelle, Les météorites, édition PUF, Collections Que sais-je, 2009
- Brigitte Zanda et Monica Rotaru, Les météorites, éditions Bordas, 1996

- Muséum national d’histoire naturelle

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