Le Musée des arts asiatiques Guimet, "museum" des extrêmes

Avec Jacques Giès. Le musée Guimet, lauréat 2009 du prix de la Fondation franco-taïwanaise décerné par l’Académie des sciences morales et politiques
Le musée des arts asiatiques opère sa mue, à l’heure de la mondialisation. Extrem museum Guimet du nom de son récent logo, réunit l’identité savante de cette féconde institution orientaliste sur le vaste territoire de l’orient extrême, brassant sans compter, siècles, peuples, pays et religions d’Asie par des choix d’expositions audacieux : de l’art du trait d’union avec des œuvres du patrimoine mondial.


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : CARR690
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Date de mise en ligne : 27 juin 2010
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Jacques Giès, président du Musée des arts asiatiques Guimet, Canal Académie le 11 mai 2010
Jacques Giès, président du Musée des arts asiatiques Guimet, Canal Académie le 11 mai 2010
© Canal Académie

Jacques Giès, dans cette interview, présente les collections permanentes du musée ainsi que la politique scientifique et culturelle de ce musée unique en Europe, voire en Occident, « résumé en un seul lieu de toutes les cultures d’Asie ». Le musée couvre l’aire qui va de l’Afghanistan au Japon, de la Mongolie jusqu’à l’Indonésie. Il annonce ses projets de partenariats avec les autres musées européens, le département du Bristish Museum consacré à l’Asie, le musée d’art indien et le musée d’arts d’extrême-Orient de Berlin qui vont prochainement fusionner tous les deux. Il évoque l’avenir du musée Guimet à l’heure de la mondialisation avec l’éveil de l’Asie et appelle à surmonter les préjugés et les obstacles culturels entre l’Asie et le reste du monde : ceux du colonialisme, de l’absence de liens et d’échanges entre ces mondes, des idées fausses comme le prouve l’ensemble des expositions du musée. Il aborde également la délicate question de rétrocession des œuvres et nous invite à découvrir les arts de l’île de Taïwan, son patrimoine et la particularité de son histoire. La peinture taïwannaise est un art à part entière qu’on méconnaît : une rencontre orient-occident qui passe par les artistes. Si on connaît bien le japonisme en occident, la question de l’occidentalisme sur l’Asie peut aujourd’hui être posée, en réponse au japonisme. Des questions passionnantes que Jacques Giès entend traiter par de futures expositions. Il annonce une exposition à venir avec l’envoi de pièces majeures du musée Guimet, les trésors de l’art khmer, prêtés au musée du Palais de Taïwan pour 2013. Il souhaite poursuivre la rencontre d’œuvres d’artistes contemporains avec celles du musée. Il décrète la fin de l’orientalisme pour pouvoir montrer au public, les trois derniers siècles d’histoire de la peinture qui manquent au Musée Guimet, XVIIIe, XIXe et XX e siècles : « il faut ouvrir une nouvelle page et faire entrer l’art des derniers siècles qui sont le témoignage de l’Asie. »


Le Musée des arts asiatiques Guimet a reçu le prix 2009 de la Fondation franco-taïwanaise, l’occasion pour Canal Académie de pousser la porte de ce musée parisien, de parler de ses activités, de ses missions et de son ambition au service du public.
Le musée Guimet à Paris est à la fois un écrin pour les collections d’œuvres venues d’Asie mais aussi un « laboratoire d’idées et d’échanges et de recherches ».

En 1879, Emile Guimet voulait donner naissance à Lyon, à un musée des religions. Cet industriel lyonnais, passionné de religions anciennes et de philosophie, réussit, de son vivant, à transférer ses collections à Paris, dans les dix ans qui ont suivi la création du musée lyonnais. Sur place, à Lyon, demeure un musée d’histoire naturelle-Guimet (actuellement en rénovation). Cette vocation originelle du musée Guimet donne probablement à cette institution son originalité.
Le musée est ainsi, à la fois un lieu de recherches (il y a des équipes du CNRS), un lieu d’expositions, une bibliothèque, un musée avec ses collections permanentes.
A la tête du musée, a été nommé le sinologue Jacques Giès, commissaire d’expositions. Ce grand spécialiste des arts asiatiques, a enseigné à la Sorbonne, à l’Ecole du Louvre et est, vous l’aurez compris, conservateur en chef du patrimoine. Il participe depuis bien longtemps à la vie de ce musée dont il devenu le directeur en 2008.

En savoir plus

- Jacques Giès :
Né en 1950, il œuvre activement au développement des acquisitions au sein du musée Guimet et à la mise en valeur des collections dans la perspective de la rénovation complète du musée. C’est sous son impulsion que sont créées les Galeries du Panthéon bouddhique du Japon et de la Chine (1991), Les galeries des arts bouddhiques de Chine et d’Asie centrale, le Cabinet des peintures chinoises (1995) et La galerie des peintures chinoises dans le musée Guimet rénové (2001).
Spécialiste des arts bouddhiques de la Chine et de l’Asie centrale, mais aussi des peintures chinoises, sinologue émérite, Jacques Giès a été commissaire de nombreuses expositions telles que Les chasses de Mulan de l’empereur Qianlong (Musée Guimet 1986) et les trois grandes expositions internationales présentées aux Galeries nationales du Grand Palais : Sérinde, Terre de Bouddha (1995-1996), Trésors du Musée du Palais, Taipei : Mémoire d’Empire (1998-1999), Montagnes Célestes. Trésors des musées de Chine (2004).
Il a également conduit d’importants cycles d’expositions en liaison avec les pays asiatiques : avec le Municipal Museum of Tokyo (itinérance de l’exposition Sérinde, Terre de Bouddha (1996), Trésors du Musée du Palais,Taipei, Mémoire d’Empire (1998) et, d’autres dans le cadre des années croisées France-Chine (2004).
Avec le centre culturel chinois il a participé aux expositions, autour des Grottes de Mogao (hiver 2008-2009) ou sur Le Taoïsme, aux Galeries nationales du Grand Palais (2010).
Parallèlement à ses activités de conservateur et de commissaire d’expositions en France et à l’étranger, il a conduit de nombreuses publications en tant que directeur et auteur d’articles et essais.

- Musée des arts asiatiques Guimet

- Sur le prix de la Fondation culturelle franco-taïwanaise, fondation de l’Académie des sciences morales et politiques
Le prix 2010 de la Fondation culturelle franco-taïwanaise a été remis à Bernard Faivre d’Arcier, le 12 avril 2010 à l’Académie des sciences morales et politiques, dans la grande salle des séances de l’Institut de France, par Sheng Chih-Jen, Président du Conseil national de Affaires culturelles de la République de Taïwan et par Michel Albert secrétaire perpétuel de l’Académie en présence de nombreux invités. La fondation a pour mission de récompenser chaque année des œuvres artistiques ou littéraires mettant en lumière les rapports entre l’Europe et le monde chinois et/ou contribuant à l’intensification des rapports culturels entre l’Europe et Taïwan.






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