Les idées maîtresses de la culture chinoise de Liang Schuming

Entretien avec le traducteur, Michel Masson, directeur de l’Institut Ricci
Michel Masson, directeur de l’Institut Ricci, présente l’ouvrage Les idées maîtresses de la culture chinoise de Liang Shuming, intellectuel chinois à la fois proche de Mao et à distance de la politique, considéré comme un penseur majeur de la Chine moderne. Son livre est devenu un classique.


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Émission proposée par : Hélène Renard
Référence : PAG769
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Date de mise en ligne : 23 mai 2010

Cette année 2010 voit non seulement l’Exposition Universelle de Shanghai, mais aussi la célébration des 400 ans de la mort d’un pionnier des échanges de savoirs entre la Chine et l’Europe, un jésuite, Matteo Ricci, qui vécut de 1552 à 1610, mort et enterré à Pékin avec la permission - exceptionnelle - de l’empereur .

Pour commémorer cette « Année Matteo Ricci », plusieurs événements sont organisés à l’initiative de la Compagnie de Jésus et des Editions du Cerf, des colloques scientifiques, car Ricci était un savant, des expositions, des voyages, des émissions télévisées et bien sûr des livres.

C’est un livre fondamental qui est présenté ici par le père Michel Masson, jésuite lui aussi, qui, après ses études à Harvard et à Taïwan, a enseigné à l’Université chinoise de Hong Kong de 1979 à 1987 et qui préside l’Institut Ricci, affilié au Centre Sèvres-facultés jésuites de Paris, pour les études chinoises.

Il vient de donner une traduction, une introduction et des notes au livre de Liang Shuming, intitulé en français « Les idées maîtresses de la culture chinoise », publié conjointement par les Éditions du Cerf dans leur collection « Patrimoines » et l’Institut Ricci. Il s’agit de la première traduction en français de cette oeuvre qui parut à Shanghai en 1949, désormais considérée comme un « classique ».

L’auteur, Liang Shuming (1893 – 1988), dont la vie a couvert presque tout le XXe siècle, a eu un itinéraire intellectuel particulier : il était à la fois familier des grands auteurs occidentaux, formé à la philosophie chinoise, au bouddhisme, au confucianisme et, au début de sa jeunesse, engagé politiquement (il connut Mao dans les années 30). Mais après trente ans d’engagement politique, il éprouva le besoin de dresser un bilan de ses observations : la Chine, l’État, l’organisation sociale, les institutions, et surtout les idées éthiques, les valeurs confucéennes qui régissent la société. Il avoue son objectif en un slogan : « Bien connaître la vieille Chine, construire la nouvelle Chine ».

Après s’être expliqué sur ce qu’il convient d’entendre par "la culture chinoise" - ses traits particuliers -, l’auteur répertorie 14 caractéristiques pertinentes de celle-ci. Notre invité détaille ici les plus caractéristiques :
- l’importance de la famille, structure de base
- la différence d’organisation entre la société chinoise et les sociétés occidentales.
- Une "éthique de réciprocité" (économie, gouvernement…), d’obligations réciproques qui fondent les rapports humains,
- L ’absence de démocratie (exaltation de l’individu) et droits de l’homme
- La place de la religion, la morale, les rites et les coutumes, les lois non écrites
- Une existence soucieuse d’intériorité (la recherche de la perfection morale individuelle)
- La culture chinoise et la piété filiale
- La fonction du lettré, autorité morale

Des thèmes comme la liberté individuelle, la démocratie, l’égalité (des idées et même des expressions qui ne sont pas familières aux Chinois), la raison, la religion, sont constamment étudiés au fil des chapitres de ce gros ouvrage de 400 pages. Mais le style clair de l’écriture de Liang Shuming, sa manière pédagogique de préciser ses observations et ses conclusions, nous permettent d’aborder ce livre majeur sans trop de difficultés. Reste qu’il a été rédigé entre 1942 et 1949, c’est-à-dire avant la révolution maoiste, et notre invité explique en quoi il demeure pertinent pour la Chine d’aujourd’hui.

Commémoration du 400 ème anniversaire de la mort de Matteo Ricci

En l’année 2010, Mattéo Ricci est à l’honneur : on commémore le 400 è anniversaire de sa mort à Pékin en 1610.

- Importante parution, celle du DVD du Grand Ricci numérique, ce dictionnaire encyclopédique de la langue chinoise. En 2002, étaient parus les 7 volumes de ce dictionnaires qui est le plus grand jamais réalisé dans une langue occidentale, fruit d’un travail titanesque des sinologues jésuites et de leurs continuateurs. Ce DVD offre plus de 13.000 entrées de caractères singuliers, 278.000 entrées d’expressions ou de mots chinois, des dossiers, des index, des tables chronologiques, des fonctions de recherche évolues, bref, l’Association Ricci met désormais à disposition un outil du savoir extraordinaire, véritable banque de données encyclopédiques. Consulter le site www.grandricci.org

- Colloque international à l’UNESCO les 27 et 28 mai 2010

L’UNESCO accueillera un colloque intitulé "L’échange des savoirs entre la Chine et l’Europe au temps de Matteo Ricci (1522-1610). On notera, parmi d’autres spécialites, la présence de Anne Cheng, du Collège de France, de Michel Masson (directeur de l’Institut Ricci), et de Pierre Léna (de l’Académie des sciences). Entrée libre, inscription préalable avant le 17 mai sur colloque.ricci2010@gmail.com ou téléphone 06.45.05.11.37

- Autres ouvrages parus à signaler :

- la traduction française de l’ouvrage de Michela Fontana "Matteo Ricci, un jésuite à la cour des Ming", préfacé par Marianne Bastid-Bruguière, de l’Académie des sciences morales et politiques (Editions Salvator)

- la reparution du fameux ouvrage de Marcel Granet, « La religion des Chinois », avec une préface de Georges Dumézil, de l’Académie française et de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (Editions Albin Michel).

- la publication d’un livre simplement intitulé « Matteo Ricci », dû à Etienne Ducornet, publié aux éditions du Cerf avec le concours du Conseil de l’Université de Fribourg. C’est une biographie et une présentation simple et accessible des œuvres de Ricci et de sa méthode.

A écouter aussi : Le cardinal Roger Etchegaray en Chine, sur la tombe de Matteo Ricci






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