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Les dinosaures Bambiraptor et SuperCroc racontés par Philippe Taquet, de l’Académie des sciences !

Commissaire de l’exposition Dans l’ombre des dinosaures au Muséum national d’histoire naturelle
Quelles sont les hypothèses qui expliquent à ce jour une extinction massive de la plupart des dinosaures alors que les mammifères survécurent à "la crise" ? Explications passionnées et passionnantes de Philippe Taquet, paléontologue, membre de l’Académie des sciences, commissaire scientifique de l’exposition Dans l’ombre des dinosaures jusqu’en février 2011 au Muséum à Paris. Il nous présente entre autres Bambiraptor, SuperCroc, et Ptéranodon.


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Référence : ecl626
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/ecl626.mp3
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Date de mise en ligne : 11 avril 2010


Comme l’explique Philippe Taquet, « les dinosaures sont un excellent moyen d’aborder des questions plus générales, c’est-à-dire la naissance, l’évolution et l’extinction des espèces, les durées des temps géologiques et le sort de la vie sur Terre ». C’est aussi l’objectif de la nouvelle exposition du Muséum national d’histoire naturelle, consacrée aux dinosaures et aux mammifères qui vécurent à leurs côtés.

Philippe Taquet nous raconte dans cette émission l’histoire de plusieurs dinosaures visibles dans l’exposition.
Nous vous invitons à découvrir l’histoire des mammifères qui vécurent à leurs côtés dans l’émission Les mammifères au temps des dinosaures, en compagnie d’Anne-Camille Bouillé.

A la fin du crétacé, entre 75 et 65 millions d’années, le climat est tropical chaud. La Terre est peuplée de formes de vie très diversifiées et le climat favorise l’extension des grands reptiles.

Bambiraptor, un dinosaure pas si gentil qu’il en a l’air !

Parmi les dinosaures qui vivent au crétacé, il y a « Bambiraptor ». Ne vous fiez pas à ce nom à demi angélique ! Bambiraptor, petit dinosaure, saute sur le dos de ses victimes pour les dépecer. Carnivore, rapide, agressif, il s’apparente à un guépard. Sa particularité ? Bambiraptor est un dinosaure à plumes !
Les plumes sont une découverte relativement récente chez les dinosaures. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils sont considérés comme les ancêtres des oiseaux. On a découvert que l’écaille du reptile pouvait se fragmenter en filament très fin pour donner des plumes.

Mais chez Bambiraptor, ses plumes ne lui servent pas à voler, mais à réguler sa température, un atout supplémentaire face aux autres dinosaures, qui ne sont autres que des reptiles à sang froid.
A l’époque du crétacé supérieur, la température est favorable aux dinosaures, mais le climat se refroidissant au moment de la "crise", ceux qui ont développé du duvet, des plumes... conservent un peu de chaleur et survivent. Ceci expliquerait en partie la raison pour laquelle les oiseaux, déjà présents à l’époque des dinosaures, survécurent à la crise.

Malgré sa petite taille, Bambiraptor – ainsi baptisé par le petit garçon qui l'a découvert - est un redoutable chasseur, armé d'une griffe en forme de faucille et de dents acérées. Comme Unenlagia, il appartient au groupe des Droméosaures, des dinosaures à plumes qui ont un ancêtre commun avec… les oiseaux !
Malgré sa petite taille, Bambiraptor – ainsi baptisé par le petit garçon qui l’a découvert - est un redoutable chasseur, armé d’une griffe en forme de faucille et de dents acérées. Comme Unenlagia, il appartient au groupe des Droméosaures, des dinosaures à plumes qui ont un ancêtre commun avec… les oiseaux !
© Bernard Faye/MNHN

Distinguer dans le ciel les oiseaux des reptiles volants

En levant les yeux au ciel à cette époque du crétacé, on trouve non seulement des oiseaux mais aussi des reptiles volants.
Différencier les deux n’est pas forcément évident, les oiseaux ayant d’étranges ressemblances avec les reptiles. C’est le cas de l’Archéoptéryx, oiseau de 140 millions d’années, à dents et à queue garnie de vertèbres. Il a des plumes mais ne peut que voleter d’arbre en arbre ou planer.

Dans le ciel, on voit voler aussi le Ptéranodon, reptile volant. Très grand, il a la capacité de s’accrocher aux falaises grâce à des griffes à ses coudes. Il est probablement recouvert de poils.

Là où la différenciation entre oiseaux et dinosaures se complique c’est que certains oiseaux perdent leur capacité de voler. Difficile alors de différencier les ancêtres des autruches avec les dinosaures coureurs à plumes.

A la fin du crétacé, les Ptérosaures dominent déjà les airs depuis près de 140 millions d'années : ces reptiles, cousins des dinosaures, sont les premiers vertébrés à avoir pris leur envol.
A la fin du crétacé, les Ptérosaures dominent déjà les airs depuis près de 140 millions d’années : ces reptiles, cousins des dinosaures, sont les premiers vertébrés à avoir pris leur envol.
© Bernard Faye/MNHN

Sarcosuchus Imperator ou SuperCroc, le crocodile qui mesure 10 mètres

Quittons les reptiles volants pour les reptiles rampants. Philippe Taquet vous propose un petit aparté pour évoquer sa découverte en 1965 de Sarcosuchus Imperator au Niger, crocodile gigantesque du crétacé inférieur.
(Retrouvez la reconstitution de ce crocodile à la galerie de paléontologie du Muséum)

« Lors de mon premier grand voyage en Afrique, alors que j’étais étudiant, j’ai découvert un gisement fabuleux au Niger où, sur 150 km de long et 2 km de large, se trouvaient des dizaines de squelettes de dinosaures et des squelettes de crocodiles de taille impressionnante : le crâne ne mesurait pas moins de 1,70 mètre ! » raconte Philippe Taquet. « J’ai eu l’idée de le baptiser Sarcosuchus imperator : “imperator” parce qu’il était énorme, “suchus” est la racine grecque de crocodile et “sarco” pour sarcophage, son côté bien en chair. »

En 1973, Philippe Taquet découvre un squelette entier, mesurant entre 10 et 11 mètres de long, le plus grand crocodile jamais trouvé. Les Américains ont surnommé le Sarcosuchus Imperator de Philippe Taquet « SuperCroc ».

Philippe Taquet pose avec une reconstitution de Sarcosuchus imperator crocodile préhistorique d'une douzaine de mètres.
Philippe Taquet pose avec une reconstitution de Sarcosuchus imperator crocodile préhistorique d’une douzaine de mètres.

La cohabitation dinosaures / mammifères

A côté de ce monde foisonnant des dinosaures, coexiste celui des petits mammifères, longue histoire discrète qui donnera toutes les lignées de mammifères que nous connaissons aujourd’hui après l’extinction des dinosaures.
On a encore beaucoup de chose à apprendre de ces mammifères. Il faut dire que le travail des paléo-mammalogistes est un travail de titan : il s’appuie sur la découverte de dents minuscules, de crânes et parfois de squelettes presque complets quand la chance est de la partie, le tout dans des mètres cubes de sédiments.

Les petits mammifères de l’ère du crétacé ressemblent le plus souvent à des musaraignes. Pour échapper à leurs prédateurs, ils vivent la nuit, se terrent dans leurs terriers. Certains évoluent et deviennent petit à petit carnivores. « En Chine, on a découvert récemment un mammifère qui avait la taille d’un chien, avec un squelette de bébé Protoceratops dans son estomac, un mammifère datant du crétacé inférieur » précise Philippe Taquet. On devine que certains mammifères furent des concurrents sérieux à certains dinosaures !"
Ecoutez Les mammifères au temps des dinosaures

Dans l'histoire des mammifères modernes, Notharctus est un des premiers représentants des primates, une lignée qui donnera plus tard les lémuriens, les singes actuels… et l'homme. Il est parfaitement équipé pour s'agripper aux branches et vivre dans les arbres.
Dans l’histoire des mammifères modernes, Notharctus est un des premiers représentants des primates, une lignée qui donnera plus tard les lémuriens, les singes actuels… et l’homme. Il est parfaitement équipé pour s’agripper aux branches et vivre dans les arbres.
© Bernard Faye/MNHN

Les multiples raisons de "la crise", l’extinction des dinosaures

Les raisons de l’extinction des dinosaures suscite, encore aujourd’hui, des polémiques. On s’oriente cependant vers une version consensuelle associant plusieurs vecteurs :
- une activité volcanique intense (Ecoutez Nouveau voyage au centre de la Terre, avec Vincent Courtillot, membre de l’Académie des sciences)
- la météorite de Chicxulub
- un refroidissement général de la planète
- une compétition accrue entre les espèces

Le refroidissement expliquerait en partie la raison pour laquelle les dinosaures à peau nue s’éteignirent petit à petit, tandis que ceux qui étaient recouverts de poils et de plumes survécurent, laissant notamment la place aux mammifères. Au paléocène et à l’éocène (il y a 50 millions d’années) on assiste à la naissance, au développement et à l’épanouissement des grandes lignées de mammifères que nous connaissons aujourd’hui.

Ecoutez les précisions de Philippe Taquet et visitez l’exposition Dans l’ombre des dinosaures.

Philippe Taquet est membre de l’Académie des sciences, paléontologue réputé, auteur notamment de L’empreinte des dinosaures réédité en 2001 chez Odile Jacob. Philippe Taquet fait également partie des commissaires scientifiques de l’exposition Dans l’ombre des dinosaures qui se déroule du 14 avril 2010 au 11 février 2011 au Muséum national d’histoire naturelle à Paris.

En savoir plus :

- Visitez l’exposition Dans l’ombre des dinosaures, qui se déroule du 14 avril 2010 au 11 février 2011 au Muséum national d’histoire naturelle de Paris

Ecoutez Anne-Camille Bouillé, sur l’évolution des mammifères au temps des dinosaures

- Philippe Taquet, L’Empreinte des dinosaures, éditions Odile Jacob, 2007






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