L’Islam, le sexe et nous, un essai de Denis Bachelot

Icône sexy ou femme voilée, réflexion sur deux images divergentes
Le sujet est délicat et quasiment tabou : quelle image de la sexualité et de la femme est véhiculée par l’Occident (dans ses productions médiatiques) et comment est-elle reçue dans les pays musulmans ? L’essai à rebours du politiquement correct de Denis Bachelot invite à une réflexion en profondeur sur les perceptions différentes de deux espaces culturels appelés à cohabiter ou à s’affronter... Il ose formuler le "refoulé" et placer la question sexuelle au coeur des débats, persuadé qu’il est que la formulation peut désamorcer l’incompréhension.


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Émission proposée par : Hélène Renard
Référence : pag733
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Date de mise en ligne : 7 mars 2010

Il faut être un esprit libre pour oser parler publiquement de sujets tabous... Denis Bachelot, journaliste spécialiste des médias, essayiste, publie des ouvrages et des articles (notamment dans la revue Commentaire) qui dérangent. Mais qui invitent à une réflexion sur notre société et notamment sur les images qu’elle véhicule. Sous le titre, un brin provocateur de L’islam, le sexe et nous, nous sommes conviés à aborder ce sujet récurrent dans les questions actuelles de société : la question de la condition féminine, dans les pays d’Occident et dans les pays musulmans. Plus précisément, la question des relations hommes-femmes et celle, hypersensible, de la sexualité, de ses pratiques et de ses représentations.

Voici un livre dans lequel on avance avec l’auteur, doucement, à petits pas !

Avec lui, première interrogation sur la représentation des femmes : l’Occident s’interroge-t-il suffisamment sur les images de la femme soi-disant libérée, qu’il adresse au reste de l’humanité et notamment au monde musulman, par le biais de ses outils médiatiques ( déferlement de films, clips, musiques, jeux vidéos, internet, publicité, séries, etc). ? Force est d’avouer que ces images-là ne font pas toujours honneur ni à la femme ni à la société occidentale qui les véhicule...

D’où l’observation faite par l’auteur d’un double refus sur la condition féminine : Ces images là, celles de "la modernité" parait-il, le monde musulman les refuse, autant que le monde occidental refuse, lui, l’image de la femme soumise, privée d’autorisation d’expression publique, cachée sous des voiles ou interdite de scolarisation. « Visiblement, dit Denis Bachelot, les uns et les autres ne parlent pas de la même chose ». Et c’est cette « chose », vécue différemment dans deux espaces culturels, qui, à son avis, constitue le premier obstacle à une cohabitation.

C’est donc autour des questions des rapports hommes-femmes (sexuelles mais bien au-delà) que s’affrontent deux mondes, deux cultures. Sont-elles inconciliables ? Bachelot affirme que l’on risque d’arriver à « une détestation grandissantes des valeurs de l’Occident ».

« La problématique des modélisations sexuelles est bel et bien liée aux enjeux identitaires. Elle est un facteur important de la structuration et de la différentiation des identités ethniques et culturelles au sein des sociétés occidentales ».

« Notre culte du corps libre, fondé sur une sexualité affranchie » s’opposerait, selon l’auteur, aux « revendications de pudeur, dignité et respect » entendues dans les discours des musulmans, et pas seulement des fondamentalistes.

Ce spécialiste des médias, et donc des véhicules des images, propose aussi dans ce livre une longue étude sur l’idéologie du "show-biz". Il analyse -et il n’est pas exagéré de dire qu’il psychanalyse- le « narcissisme contemporain » parce que « la quête narcissique fonde l’individualisme contemporain ». Sous les paillettes du glamour, la culture occidentale a sûrement autre chose à dire sur la liberté et l’intériorité de l’homme...

Oser dire pour désamorcer la peur

Cet essai se veut donc à la fois une réflexion, un cri d’alarme, une prise de conscience. Sans aucune islamophobie. Il consacre d’ailleurs tout le chapitre 4 à établir une distinction entre racisme et malaise face au phénomène de l’immigration mal maîtrisée.

- Denis Bachelot ose "pointer du doigt" une question sensible en abordant ce sujet délicat, difficile, persuadé qu’il est que « seule la formulation du refoulé, la mise en évidence des pulsions de peur, de haine, de destruction et de possession peuvent permettre de cerner la dynamique de la violence pour, peut-être la désamorcer quelque peu. La question sexuelle, en dépit de sa charge émotionnelle, doit être raisonnablement placée au cœur des débats ». Et il termine cet essai par la phrase suivante : "Le questionnement des esprits libres, où qu’ils soient, est déjà un pont jeté entre des civilisations qui aujourd’hui s’interprénètrent et s’éloignent à la fois".

Denis Bachelot, L’islam, le sexe et nous, éditions Buchet-Chastel, 2009, collection "les Essais".

Il a également publié : Les Maîtres à représenter, essai sur la mise en scène des mythologies médiatiques éditions Eska, 1997).






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