Une crise de conscience bioéthique : quand le foetus se révèle handicapé

Avec Jean-Marie Le Méné, auteur de Nascituri te salutant.
Nascituri te salutant, « ceux qui vont naître te saluent », titre de l’ouvrage de Jean-Marie Le Méné est une allusion féroce aux gladiateurs saluant l’empereur avant le combat : « Ave Caesar morituri te salutant », « Ave, César, ceux qui vont mourir te saluent ». Le ton est donné dès le titre de cet essai : il est polémique. Rencontre avec l’auteur à l’orée de la révision de la loi de bioéthique en 2010. Jean-Marie Le Méné est le président de la Fondation Jérôme Lejeune (1926-1994) qui était généticien et membre de l’Académie des sciences.


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Date de mise en ligne : 11 avril 2010

Jean-Marie Le Méné est président de la fondation Jérôme Lejeune, fondation pour la recherche sur les déficiences intellectuelles d’origine génétique. Sur la révision des lois de bioéthique, et dans le cadre du dépistage de la trisomie 21, il tient des propos sans concession, parlant d’eugénisme dans le cas d’avortement médicalisé lors de détection de maladies graves.
« Je ne suis pas le seul à parler d’eugénisme. A la question du Premier Ministre François Fillon au Conseil d’État, ce dernier a répondu « oui, s’agissant de la trisomie 21 » dans le rapport de 2008. Je vous rappelle que Jean-François Mattei a dit qu’il s’agissait d’un eugénisme de masse et le professeur Sicard a parlé lui-même du spectre de l’éradication ».

Là où Jean-Marie Le Méné pondère ses propos, c’est sur les parents, pour qui le choix de garder ou non un futur enfant malade est toujours un déchirement : « Je ne suis pas du tout d’accord pour dire qu’il s’agit de l’eugénisme de la part des parents. Ce n’est pas un eugénisme individuel qui a des conséquences collectives, mais l’inverse : un eugénisme d’État qui a des conséquences individuelles chez les parents ; parents qui n’auraient peut-être jamais pensé supprimer leur enfant simplement sous prétexte qu’il était malade ».

Faut-il supprimer le dépistage ? « Non », répond énergiquement Jean-Marie Le Méné, « c’est une avancée scientifique merveilleuse. Mais cela doit-il conduire à des avortements ? Doit-on supprimer les malades du sida lorsque l’on détecte le VIH ? Ou supprimer un patient touché pour un cancer ? Le dépistage de la trisomie 21 a été fait sur un fondement purement économique. Il est moins coûteux de réaliser des amniocentèse que d’accompagner des enfants trisomiques tout au long de leur vie. C’est complètement immoral ».

Et de préciser encore : « Je suis triste qu’aucun médecin ni homme politique ne soit capable de rendre à la médecine ses quartiers de noblesse. Le seul qui l’ait fait fut Jérôme Lejeune. Il l’a payé de sa vie ».

Jean-Marie Le Méné préconise de mettre une somme équivalente dans le dépistage de maladies génétiques à celle investie dans la prise en charge de ces pathologies.

Jean-Marie Le Méné
Jean-Marie Le Méné

Écoutez le plaidoyer de Jean-Marie Le Méné, président de la fondation Jérôme Lejeune, fondation pour la recherche sur les déficiences intellectuelles d’origine génétique.

En savoir plus :

- Écoutez également "La trisomie est une tragédie grecque", avec Jean-Marie Le Méné

Jean-Marie Le Méné, « Nascituri te salutant ! » : La crise de conscience bioéthique, éditions Salvator, 2009






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