Le social : la dimension oubliée du développement durable

avec Ghislaine Alajouanine, présidente de la Commission Galien, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques
N’oublions pas la dimension sociale et humaine du développement durable ! Cette troisième dimension est laissée de côté au profit de l’économique et de l’environnement. Et pourtant, les techniques de télé-santé permettent aujourd’hui une parfaite assistance à la personne et la France pourrait se situer en grand champion de ce marché prometteur. Explications avec la présidente de la Commission Galien, Ghislaine Alajouanine, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques.


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Le développement durable : on en parle beaucoup, et ce n’est pas d’hier, le sujet est largement médiatisé, du moins, -car cette émission introduit une nuance d’importance- lorsqu’il s’agit de la nature et de l’environnement. Mais à vrai dire, le développement durable comporte trois dimensions, dont la troisième est largement oubliée, passée sous silence. 1 - l’économique ; 2 - l’environnement ; 3 - le social (qui inclut la santé, la diversité culturelle et la solidarité).

Cette émission fait donc le point sur ces trois dimensions, ces trois piliers, du développement durable, avec Guislaine Alajouanine qui mène un combat, le mot n’est pas trop fort, pour la troisième dimension du développement durable.

Ghislaine Alajouanine est une pionnière de la télémédecine. Elle a publié aux PUF un ouvrage L’apport des nouvelles technologies à la santé. Son expérience de télémédecine a d’abord été commencée en Afrique, un continent sur lequel elle a longuement séjourné et où elle a contribué à l’implantation des nouvelles technologies médicales (diagnostic par satellite par exemple grâce à une valise de "kit-sos"). Elle est l’initiatrice d’un concept essentiel : le H2S, autrement dit "Haute Sécurité-Santé", qui est, en quelque sorte, le pendant du HQE "Haute Qualité Environnement".

Quelques grandes étapes

Ghislaine Alajouanine commence ici par rappeler d’où vient cette notion de "développement durable" et les grandes étapes :
- 1 : En 1968 : Fondation du Club de Rome (le 8 avril) à l’Acaddemia dei Lincei. Il a pour objectif de lancer une réflexion pour l’ensemble de la planète. Il regroupe 53 pays.

- 2 : En 1972 : le rapport Meadows (du nom de Dennis et Donnela Meadows, deux des rapporteurs). Il lance le 1er cri d’alarme sur les limites de la croissance (rapport critiqué d’ailleurs par d’éminents économistes)

- 3 : En 1987 : le rapport et la commission Brundtland (du nom de la Premièr Ministre de Norvège, présidente de la commission mondiale sur l’environnement et le développement) et c’est elle qui parle officiellement de "développement durable" : un développement qui répond au besoin du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.

Dans cet esprit, le développement social doit donc partir des besoins humains et répondre à un objectif d’équité sociale. Or, qui en parle ? Qui s’en soucie ?

Ghislaine Alajouanine, présidente de la commission Galien, lors des premières assises des Technologies numériques de santé (qui se sont tenues au Sénat le 26 novembre 2009) s’écrie : « En matière de télésanté, la maison brûle ! Il est temps de passer de l’expérimental à la phase de généralisation de ces pratiques. Les grandes avancées technologiques conjuguées avec une véritable volonté politique, déboucheront sur une transformation radicale de la société, comme on l’a connue dans les domaines des transports ou de l’énergie. Ce n’est pas en améliorant la bougie que l’on a inventé l’électricité. Il s’agit là d’une révolution du soigner. »

Quand on a fait ce constat de l’oubli de la troisième dimension, celle du social, de la solidarité, de la santé, de la diversité culturelle, celle de l’homme au fond, Ghislaine Alajouanine explique comment l’on peut (et l’on doit) progresser, passer de ce « monopole pour l’environnement » si l’on peut dire, à la décision de protéger le capital humain. Car c’est bien de cela qu’au final il s’agit.

Dr, qu’est-ce que j’ai ?

Une grande avancée technologique conjuguée à une grande volonté politique permet une transformation radicale de société…tel est l’enjeu de la télésanté. Grâce à l’Article 78 sur la Télémédecine de la nouvelle loi HPST du 21 juillet 2009 « la Montagne vient de bouger », une ère nouvelle va s’ouvrir avec son prochain décret d’application. "Nous pourrons répondre ainsi avec ce dispositif législatif et la maturité technique de la e.santé à la question angoissante du patient :« docteur, qu’est ce que j’ai ? » et à celle du praticien : « qu’est ce que je fais dans ce cas-là ?, » même dans les endroits les plus isolés, avec le bénéfice de toutes les économies que le diagnostic à distance permet comme dans l’hospitalisation à domicile..."

De plus, comme Ghislaine Alajouanine le rappelle, la télésanté répond au plus grand marché du futur : l’assistance à la personne (le « home care » selon les économistes) mais aussi à la troisième dimension du développement durable : le social, avec le déploiement du HS2 Haute Sécurité Santé : "Cette France innovante a tous les atouts dans le domaine de la télésanté pour devenir le leader mondial..durablement !" affirme la présidente de la Commission Galien.

A lire :

S’informer :

http://www.thewebconsulting.com/media/index.php ?tag/technologies

Connaître :

Prenez connaissance du communiqué de presse que Ghislaine Alajouanine a adressé fin novembre 2009 :

Lors de ses voeux aux personnels de santé le 9 janvier dernier à Strasbourg, le Président de la République a clairement exprimé l’attachement qu’il portait au déploiement rapide des outils de prise en charge distante au service de la santé de nos citoyens. Dans ses recommandations sur le Grand emprunt Xavier Bertrand, Secrétaire général de l’UMP, vient de conforter cet objectif en estimant que la France doit devenir un leader mondial du diagnostic à distance et de l’hospitalisation à domicile pour répondre au défi de la santé et du vieillissement de la population. La Commission GALIEN, composée de personnalités de très haut niveau de divers horizons pleinement légitimes en matière de Télésanté et Télémédecine (représentants de patients, de professionnels de santé, d’industriels, de hauts fonctionnaires) salue ce volontarisme, et rappelle dans ce Communiqué de presse que cette ambition mondiale est à portée de France. Ennsemble, réconcilions économie et social au service d’une grande cause nationale ! Ghislaine Alajouanine Correspondant de l’Institut Présidente du Haut Conseil Français de la Télésanté et des Coopérations Francophones (Commission Galien)

presidente@galientelesante.org - 33 (0)6 09 17 93 02

A lire sur le site esante.gouv.fr : http://esante.gouv.fr/contenu/ghislaine-alajouanine-une-revolution-du-soigner-la-telesante

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