Pourquoi l’ambre nous fascine-t-il toujours autant ?

Avec Camille Coppinger, écrivain et collectionneuse d’ambre
L’ambre est connu depuis la nuit des temps. Et pourtant, il fascine toujours et revient à la mode ! Camille Coppinger, écrivain et collectionneuse d’ambre conte pour Canal Académie l’histoire de cette incroyable pierre à travers son superbe album Ambre, mémoire du temps.


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Émission proposée par : Julie DEVAUX
Référence : ECL605
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Date de mise en ligne : 13 décembre 2009

L’ambre est une pierre dont l’origine provient de la résine des innombrables variétés d’arbres des forêts, qui se métamorphose après une longue fossilisation. Appelé « La pierre de soleil » depuis des siècles par les Baltes, il a suscité diverses croyances et généré de multiples usages à travers toute l’Europe.

L’ambre ou la pierre de soleil

Camille Coppinger fut passionnée par l’ambre dès son plus jeune âge. Elle se souvient avec amusement de son premier amour pour le mot « ambre » grâce au best-seller d’après-guerre intitulé Ambre de Catheline Winstlor.

Camille Coppinger
Camille Coppinger

L’ambre n’est pas seulement un produit de l’Europe du Nord, ce que l’on a très souvent considéré (on en trouve en Russie, en Pologne et dans les régions Baltes). Camille Coppinger a constaté au cours de ses innombrables voyages que l’on trouvait de l’ambre dans de nombreuses régions du monde, notamment en République Dominicaine et au Mexique. L’ambre change également de couleur en fonction des régions : vert au Mexique, bleu à Saint-Domingue, rouge en Birmanie et jaune en Lituanie. Contrairement aux idées reçues, l’ambre varie du blanc au noir et n’est pas uniquement couleur cognac.

L’ambre au fil des siècles

La Lituanie a toujours été appelée le « berceau de l’ambre » puisque toutes les routes de l’ambre sont parties de ce pays. Il fut connu dès la préhistoire où les premières découvertes datent du paléolithique. Il a été perçu de différentes manières au fil des siècles, où il a connu deux âges d’or : à l’époque romaine et pendant la période baroque.

Ce jeu de stratégie appelé <i>jeu des brigands</i> était pratiqué par les soldats romains (400av.J.-C.), National Museum, Copenhague, Danemark © D.R
Ce jeu de stratégie appelé jeu des brigands était pratiqué par les soldats romains (400av.J.-C.), National Museum, Copenhague, Danemark © D.R

L’ambre connut son premier âge d’or avec l’empereur Néron qui était fasciné par cette pierre semi-précieuse. Cette fascination poussa de nombreux artistes à la travailler. L’ambre est apparu en bijoux sous toutes ses formes. Il a tenu une place considérable dans la vie des Romains.

Il connut un deuxième âge d’or lors de la période baroque après une période en suspension. Ce deuxième âge d’or a probablement été l’époque la plus raffinée en terme de travail de l’ambre. On trouve ainsi des pièces uniques : échiquier, coffret, lustre, jeu de backgammon...

On évoque très souvent la route de l’ambre comme un voyage périlleux, comme la route de la soie ou des épices. Or, elle a été beaucoup moins aventureuse car beaucoup moins longue. Elle est partie dans un premier temps de la péninsule du Jutland (pointe du Danemark) jusqu’à l’Adriatique, puis de l’Italie jusqu’à Constantinople.

L’ambre dans la mythologie grecque

L’ambre est certainement une pierre qui a suscité beaucoup de mythes et de légendes. Il a fallu des années avant de comprendre qu’il venait de la sève de pin qui coulait ensuite et se transformait en ambre après de longues années de fossilisation. Le mystère de son origine a sans doute contribué à ces nombreux mythes.

Les premières découvertes de l’ambre se sont faites en mer Baltique, d’où la croyance qu’il provenait de l’eau. D’ailleurs Camille Coppinger parle de cette célèbre légende Les larmes des Héliades, qui est sans doute la plus connue.

<i>La Métamorphose des Héliades</i>, Santi di Tito, Palazzo Vecchio, Florence, Italie © D.R
La Métamorphose des Héliades, Santi di Tito, Palazzo Vecchio, Florence, Italie © D.R

« Hélios, le dieu Soleil, conduisait son char de feu chaque jour pour éclairer la Terre. Afin de pouvoir confirmer sa filiation divine, Phaéton supplia le dieu Soleil de lui accorder un signe qui prouverait qu’il était bien son père en lui suggérant de le laisser conduire le char céleste à sa place. Hélios céda en recommandant à son fils de conduire le char prudemment, ce que Phaéton ne fit pas. Incapable de maîtriser ses chevaux, il s’approcha beaucoup trop près de la terre, embrasant les montagnes et brûlant la terre. Alerté par Artémis, la déesse de la nature, Hélios foudroya son fils et le corps de Phaéton sombra ainsi dans le fleuve Eridan (aujourd’hui, le Pô). Ses soeurs, désespérées par sa mort, vinrent pleurer la perte de leur frère sur la rive de l’Eridan. Pris de compassion, les dieux décidèrent de les métamorphoser en peupliers. Mais les larmes abondantes des nymphes continuèrent à s’écouler des arbres, se transformant peu à peu en gouttes de résines qui, solidifiées, sont recueillies par le fleuve et emportées jusqu’aux femmes latines qui s’en pareront. »

Il y a toujours un rapport entre l’ambre et l’eau dans ces légendes, qui découlent, pour la plupart d’entre elles, de la mythologie grecque.

L’ambre dans les traditions

L’ambre est traditionnel aussi dans les familles. Il permettrait notamment de calmer les douleurs dentaires des nourrissons lorsqu’il est porté autour du cou. En porter aurait également la vertu d’apaiser et celle de donner de l’énergie. On faisait de la poudre d’ambre pour soulager la douleur. L’anecdote suivante en est un bon exemple : « Le duc Albert de Prusse disait à Luther lorsqu’il lui avait envoyé un morceau d’ambre pour qu’il soigne ses calculs biliaires : « Voici une bonne pierre pour chasser la mauvaise pierre ».

Jeune enfant portant de l'ambre
Jeune enfant portant de l’ambre

Comment différencier l’ambre d’une autre matière ?

Trois morceaux d'ambre gris. Collection particulière © D.R
Trois morceaux d’ambre gris. Collection particulière © D.R

L’ambre a différentes couleurs en fonction du lieu où il a été fossilisé. Il y a une confusion entre l’ambre gris et l’ambre jaune. Le mot ambre vient du mot arabe « al anbar » qui signifie le « cachalot ». Le cachalot fabrique des concrétions qu’il expulse, puis flotte sur l’eau, jusqu’à ce que l’on recueille cet ambre gris. Il est notamment utilisé pour les parfums.

L’ambre jaune qui vit dans les fonds sous-marins de la Baltique, remonte lui aussi à la surface et est également recueilli puis rapporté sur les rives. Ces éléments d’ambre jaune et gris suivent le même parcours de la mer jusqu’à la terre, jusqu’à ce qu’ils soient utilisés l’un pour les bijoux et l’autre pour la parfumerie.

L’ambre est souvent évoqué comme ayant une bonne odeur, bien qu’elle ne soit pas la même s’il est jaune ou gris.

On reconnaît le véritable ambre en le piquant très légèrement à l’aide d’une aiguille chauffée, ce qui doit dégager en quelques secondes une odeur. Une deuxième pratique est de le plonger dans de l’eau de mer. La densité de l’ambre n’étant pas la même que celle de la mer, ce dernier ne devrait pas couler.

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