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Que nous révèlent les singes sur l’évolution humaine ?

par les paléo-anthropologues Guillaume Daver du Muséum national d’histoire naturelle, et Jean-Jacques Millet, de l’Université de Grenoble I
Les singes sont étudiés pour leurs capacités à ressembler à l’homme. Les deux paléo-anthropologues, Jean-Jacques Millet et Guillaume Daver ont voulu inverser la tendance et se sont penchés sur les structures sociales et les modes de locomotion de différents groupes de singes. Ils ont déduit des modèles permettant de comprendre l’évolution de l’homme.


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Émission proposée par : Julie DEVAUX
Référence : col593
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/col593.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida5139-Que-nous-revelent-les-singes-sur-l-evolution-humaine.html
Date de mise en ligne : 22 novembre 2009

Canal Académie, partenaire de l’Institut de Paléontologie humaine, a enregistré la conférence "Des singes pour modèle" proposée le 15 octobre 2009. Voici, en résumé, l’essentiel des propos des deux intervenants.

Dans le but de mieux comprendre les modalités de mise en place des spécialisations fonctionnelles de la main chez les premiers hominidés, Guillaume Davert, paléo-anthropologue au Muséum national d’histoire naturelle, a entrepris l’étude comparative anatomo-fonctionnelle et morphometrique du complexe articulaire du poignet des hominoïdes et des hominidés fossiles.

Trois principaux résultats ont été illustrés :

Le premier apport de ce travail est d’ordre anatomo-fonctionnel : à partir d’un important échantillon d’anthropoïdes actuels (n>200), la caractérisation et la quantification des marqueurs osseux associés chez les primates non humains à des activités locomotrices et posturales a permis de constituer des modèles de variations morphologiques.

Le second apport, paléobiologique, s’appuie sur la constitution d´un riche référentiel fossile. Les tests d’identification des marqueurs ostéologiques ont été réalisés sur 115 fossiles originaux africains, pour certains inédits (27 spécimens). Par ailleurs, de nouvelles interprétations fonctionnelles des os du poignet replacées dans le cadre fonctionnel de l’ensemble du squelette locomoteur des hominoïdes mio-plio-pléistocènes africains ont mis en évidence une grande diversité de palmigradies de type arboricole et terrestre au Miocène. Chez les hominoïdes bipèdes plio-pléistocènes, la morphologie fonctionnelle du poignet permettait d’assurer une gamme d’activités liées au grimper sur support vertical en fréquence moindre que les hominoïdes de grande taille actuels.

D’un point de vue évolutif, ce travail a notamment mis en évidence i) une mise en place précoce (Miocène ancien) des spécialisations morpho-fonctionnelles propres aux hominoïdes actuels, ainsi qu´une émergence tardive des spécialisations fonctionnelles du poignet Homo, probablement héritée d’un ancêtre arboricole.

Jean-Jacques Millet, paléo-anthropologue à l’Université de Grenoble I s’est quant à lui intéressé à la nature sociale et à la morphologie des primates.

L’être humain a du mal à se retrouver derrière les traits du grand singe, d’où les problèmes à objectiver ses connaissances sur ce dernier. Pourtant, après un certain nombre d’observations et d’études sur le terrain, on s’est rendu compte que les connaissances que l’on pouvait retirer de ces observations permettaient dans différents cas de hiérarchiser et comprendre ce qui faisait le fondement de nos comportements.

On a souvent mis en avant la culture et la raison pour définir l’Homme. Par contre, ses émotions n’ont jamais réellement été évoquées. Ce sont des caractéristiques qui sont propres à l’Homme et que l’on ne retrouve pas chez les grands singes.

Les observations sur les grands singes ont donc montré différents types sociaux, de comportements et de relation les uns avec les autres chez les primates. Ces études ont ainsi permis de mieux comprendre leur mode de vie.

Les os des premiers primates datant de l’époque du secondaire montrent une vision binoculaire (couleurs et profondeurs), le pouce opposable, les griffes et les ongles et enfin une longue queue. Notre squelette possède donc différentes caractéristiques qui permettent déjà de reconstituer notre histoire. C’est ainsi que l’on apprend que notre menton a à peine 200 000 ans.

Pourtant, notre histoire n’est qu’un épiphénomène de toute l’histoire des organismes vivants. Que connaissons-nous réellement de la nature sociale et de la morphologie des primates ? C’est ce qu’a voulu montrer Jean-Jacques Millet lors de ses observations sur les primates.

En savoir plus :
Canal Académie est en partenariat avec l’Institut de Paléontologie Humaine






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