Le rôle des éditeurs québécois durant la Seconde Guerre Mondiale

Avec Marcel Lajeunesse, historien et professeur à la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal
Dans la France occupée, les livres, faute de pouvoir être édités sur le territoire, étaient pris en charge par les éditeurs québécois. La Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) présente une exposition sur Les éditeurs québécois et l’effort de guerre, de 1940 à 1948. Bertrand Galimard Flavigny a rencontré Marcel Lajeunesse, historien et professeur à la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal qui raconte ce moment de l’histoire des livres.


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Émission proposée par : Bertrand Galimard Flavigny
Référence : PAG681
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Date de mise en ligne : 8 novembre 2009

Si le hasard met entre vos mains, un exemplaire de l’édition du Diable au corps de Raymond Radiguet, publié par les éditions Grasset, avec la mention, par exemple 125e édition, examinez-le bien. Il n’est pas certain qu’il soit sorti des presses pour Grasset. Il est possible qu’il ait été imprimé pour les éditions Bernard Valiquette à Montréal, sans doute en 1943. Nous pouvons renouveler l’expérience avec un exemplaire de La Condition humaine d’André Malraux qui, malgré l’indication « librairie Gallimard, Paris- 43, rue de Beaune » est également une édition québécoise. Et nous pouvons continuer ainsi avec L’Immoraliste de Gide, Mercure de France, 1902, en fait BD Simpson & E. Feuche, 1945 ; Thérèse Desqueyroux, Grasset 1927, en fait Les Variétés, 1943, etc. En revanche, les amateurs des ouvrages publiés par les Editions de Minuit ne s’y tromperont pas, car si les couvertures sont semblables aux originales, la mention de l’éditeur montréalais Parizeau est claire et sans fard.

Ouvrages des éditions de Minuit sous la maison d'éditions Parizeau
Ouvrages des éditions de Minuit sous la maison d’éditions Parizeau

En 1940, considérant que la littérature française était brimée par l’occupant nazi, les autorités canadiennes ont décidé de suspendre les droit des publications des éditeurs français et autorisé les éditeurs francophones québécois à publier les ouvrages français, en mettant toutefois de côté les droits des auteurs afin de les leur verser à l’issue de la guerre. C’est ainsi que bon nombre de titres français, y compris des manuels comme le célèbre « Petitmangin » autrement dit la grammaire latine, ont été mis en vente, durant la guerre dans les librairies du Québec.

La Bibliothèque et Archives nationales du Québec organise une exposition consacrée aux « Editeurs québécois et l’effort de guerre, 1940-1948 » qui retrace cette histoire.

Pr Marcel Lajeunesse
Pr Marcel Lajeunesse

En se rendant sur place, Bertrand Galimard Flavigny a demandé au professeur honoraire Marcel Lajeunesse qui a notamment enseigné à l’université de Montréal, l’histoire du livre, de faire le point sur ce pan de l’édition franco-québécoise, qui nous touche en France de près.

En savoir plus :

- Exposition à la Grande Bibliothèque de Montréal jusqu’au 28 mars 2010.
- Catalogue : Les éditeurs québécois et l’effort de guerre, 1940-1948 par Jacques Michon, ED. BAnQ/ Presses de l’Université Laval, 180 p. la boutique de la Grande Bibliothèque (boutique@banq.qc.ca) ainsi qu’en librairie au prix de 47,95 $.






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