Saint-Dié des Vosges, capitale mondiale de la Géographie

Le Festival international de la Géographie F.I.G. présenté par Jean-Robert Pitte
Le Festival International de Géographie se tient, depuis 20 ans, à Saint-Dié des Vosges. Ce n’est pas un hasard et, remontant au XVIe siècle, Jean-Robert Pitte, relate l’histoire de la première carte du monde... Il présente également le thème de l’année, le public et les divers salons qui composent ce Festival pas comme les autres où la Géographie épouse la science, la cartographie, la gastronomie, l’économie et même la littérature...


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Émission proposée par : Hélène Renard
Référence : ECL594
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Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida5064-Saint-Die-des-Vosges-capitale-mondiale-de-la-Geographie.html
Date de mise en ligne : 1er novembre 2009

Avec Jean-Robert Pitte, on parle toujours de géographie puisqu’à l’Académie des sciences morales et politiques, il siège dans la section Histoire et Géographie avec ses confrères historiens… Il y est, du moins pour l’instant, le seul géographe.

Dans cette émission, il nous présente une ville tout à fait particulière, Saint-Dié des Vosges où se tient le Festival International de Géographie, le FIG. Le 20e festival se déroulait du 1 au 4 octobre 2009.

America, America...

Et si l’on se demande pourquoi la géographie à Saint Dié des Vosges, Jean-Robert Pitte répond que c’est à cause d’une carte ! En effet, c’est dans cette ville qu’apparut pour la première fois en 1507 sur une carte du monde le mot « America ». Dans cette cité du duché de Lorraine, dès le début du XVIe siècle, de savants humanistes se réunissaient là, dans le cadre du Gymnase vosgien, et autour du chanoine Vautrin Lud. Martin Waldseemüller, fameux cartographe à son époque, qui publia en 1507 une Introduction à la cosmographie dans laquelle un planisphère figure, de manière assez proche de la réalité, le nouveau monde récemment découvert par Christophe Colomb. Mal informé, Waldseemüller le baptisa America, pensant que la découverte en revenait au navigateur Amerigo Vespucci. Le maire, Christian Pierret, n’hésite donc plus à qualifier sa ville de « marraine de l’Amérique » mais, sans aller si loin, il n’oublie pas d’ajouter qu’elle est aussi la ville de Jules Ferry, lequel pose en statue de bronze devant l’Hôtel de Ville.

Le tout premier Festival, rappelle notre invité, s’est tenu en 1990, sur le thème « les découpages du monde » et c’est le vulcanologue Haroun Tazieff qui, ciseaux en mains, l’avait inauguré. Depuis, il accueille régulièrement plus de 50.000 visiteurs ! Cette année, en 2009, le thème était « Mers et océans : les géographes prennent le large » et le pays invité, l’Espagne.

Une géographie généreuse

Quant au contenu de ce Festival, il est fort riche ! Des conférences bien sûr, dont l’importance pourrait se résumer à un objectif, une finalité ou « comment communiquer clairement sur un sujet pointu ». Fréquentés par un public aussi hétérogène que passionné, les 200 temps de rencontres organisés sous diverses formes (conférences-débat, tables rondes, cafés géographiques) permettent aux chercheurs de confronter leur savoir à la critique d’un public exigeant, et à leurs auditeurs d’être informés des dernières découvertes de la recherche scientifique en géographie. Le FIG est l’allégorie d’une géographie généreuse : toutes les connaissances sont expliquées, tous les sujets, du savant au convivial, sont abordés. En outre, aspect si singulier que Jean-Robert Pitte n’hésite pas à le souligner : toutes les manifestations sont gratuites.

Le FIG s’appuie sur la géographie comme outil scientifique pour faire le lien avec les questions posées par toutes les sciences humaines, l’économie, l’écologie et faire sans a priori le constat de l’évolution des savoirs, des expressions culturelles, de la géopolitique.

Le Salon du livre Amerigo Vespucci

Le FIG est aussi la plus grande librairie de géographie en France. Au Salon du Livre sont rassemblés plus de 150 auteurs (cette année, on y rencontrait Florence Delay, de l’Académie française, à cause de ses ouvrages sur l’Espagne) et pas moins de 60 éditeurs nationaux, prêts à répondre aux exigences des festivaliers. L’Espace Georges Sadoul a accueilli de grands noms de la littérature contemporaine tels que François Cheng, de l’Académie française, Didier Daeninckx, ou encore l’un des pères fondateurs du Salon, le regretté Yves Berger ; mais aussi des journalistes (Albert du Roy, Alexandre Adler, Edwy Plenel), ou encore des historiens et des hommes politiques de renom.

Le Salon de la Gastronomie : un parcours géographique du goût

Foie gras, saumon, charcuterie, conserves artisanales, fromages fermiers, vrais pains, vins fins, confitures et miels, fruits confits et autres douceurs, le traditionnel Parcours Géographique du Goût réserve un éventail de spécialités culinaires dans lequel chacun trouve forcément de quoi faire frémir ses papilles !

Le Salon de la Géomatique

Le Salon Géomatique est considéré comme la Vitrine scientifique et de Recherche du Festival International de Géographie. Cette vitrine scientifique matérialise le lien, par la géographie, de toutes les sciences humaines. Elle présente l’apport des technologies à la vie quotidienne de chacun comme au développement futur des sociétés, en prenant soin d’être compris par chacun. Son ambition est d’offrir aux visiteurs une vue d’ensemble sur le matériel mis à disposition des géographes pour acquérir, traiter et représenter des données localisées. Dans cette optique, des démonstrations pratiques menées par les laboratoires de recherche, et un concours de posters scientifiques sont organisés chaque année.

Une dernière question à Jean-Robert Pitte : comment s’appellent les habitants de Saint Dié les Vosges ? Les Déodatiens.






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