Jean-Laurent Cochet joue Les Femmes Savantes

Avec Jean-Laurent Cochet, metteur en scène, professeur d’art dramatique et comédien
"Chefs d’oeuvre du théâtre", une nouvelle rubrique sur Canal Académie animée par le journaliste Jacques Paugam. Dans cette première émission, il reçoit le comédien et metteur en scène Jean-Laurent Cochet qui interprète le rôle principal "Des femmes savantes" de Molière, dans un spectacle présenté à Paris, au Théâtre XIV et mis en scène par Arnaud Denis.


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Émission proposée par : Jacques Paugam
Référence : CARR623
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Date de mise en ligne : 25 octobre 2009
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Les femmes savantes, Théâtre XIV
Les femmes savantes, Théâtre XIV

Le rôle de Philaminte

"J’éprouve une véritable jubilation à entrer en scène en représentant ce personnage de Philaminte. Parce qu’il est extraordinairement fort. Pas seulement pour la performance d’interpréter un rôle de femme. C’est Molière qui, à la création, avait voulu que ce soit un homme qui joue ce rôle.

Le naturel dans la diction des acteurs de cette version

C’était tout à fait naturel à l’époque de s’exprimer en vers au théâtre. L’une des forces de cette pièce, c’est que, quand on lit ces vers, on s’aperçoit qu’ils sont parfaits, et lorsqu’on les prononce, c’est un langage familier.

La mise en scène d’Arnaud Denis

Il n’a que vingt-cinq ans mais il est remarquable. Il sait à la fois être fidèle et apporter des éléments nouveaux dans la mise en scène qui aident à approfondir le texte et à le mettre en valeur. C’est un très bon directeur de comédiens. Il sait être autoritaire avec délicatesse.

La collaboration Molière-Corneille

Molière est avant tout un improvisateur. Il était "Bouffon du roi". Je suis, comme de plus en plus de gens, persuadé que c’est Corneille qui a écrit la plupart de ses textes. Molière ne peut pas avoir écrit les tirades de Don Juan. On voit bien le mélange des deux styles. Molière intervenait surtout dans la mise en scène. Et c’était un grand maître de troupe. Il ne faut pas oublier que Molière était richissime et que Corneille avait infiniment besoin d’argent et écrivait très vite ses pièces.

De Molière à Guitry

Personnellement, je considère que Guitry est au-dessus de Molière. Qu’il est le plus grand. Son oeuvre est monumentale, par sa qualité autant que par sa quantité. Il a su se faire aimer de tous, en exprimant son amour pour la vie, les arts, le beau, l’harmonieux.

La précocité d’une passion

Mes parents m’ont effectivement raconté qu’à l’âge de quatre ans, après avoir entendu régulièrement une voisine nous raconter ses soirées à la Comédie Française, le grand rideau rouge et or, je leur avais dit que je voulais plus tard devenir comédien et entrer à la Comédie Française. Ce que j’ai donc fait. J’ai quitté la Comédie Française, au bout de six ans de pensionnariat parce que je ne voulais pas être nommé sociétaire. Je voulais recommencer ailleurs.

Le travail dans le métier de comédien

Le travail est essentiel dans notre métier. Je suis d’ailleurs fondamentalement d’accord avec le pape Benoît XVI lorsqu’il fait l’apologie du travail. Il dit que le travail permet d’aller au delà de la volonté humaine, de se relier à ce que le Créateur souhaite. Je dirais que personnellement, j’ai confiance en la source. Le travail permet de trouver sa liberté parmi les contraintes. Il permet à l’artiste de passer du stade d’exécutant à celui d’interprète. De dépasser les mots, de retrouver le verbe. Par certains côtés, la prêtrise et le théâtre, c’est la même chose.

Son rôle de formateur (Jean Laurent Cochet a formé Gérard Depardieu, Fabrice Luchini, Isabelle Huppert, Richard Berry...)

Jean-Laurent Cochet
Jean-Laurent Cochet

J’accepte le mot de Pygmalion pour caractériser ce que je cherche à faire. Ce qui est important, c’est de les aider à évoluer eux-mêmes. A pouvoir jouer ceci ou cela dans vingt ans. A se révéler à eux-mêmes. C’est vrai que je place la barre très haut. Montherlant disait : "Je ne tolère que la perfection". Il faut toujours pousser les gens vers la difficulté. Tout ce que j’apporte à ces élèves, ils me le rendent. C’est jubilatoire de sentir, plus tard, que tel ou tel est resté fidèle à un certain enseignement.

Sa boulimie d’activité

Plus on fait de choses, plus on trouve du temps pour en faire d’autres. Je me dis, comme le marseillais, que la matinée est la mère de la journée.

Une leçon pour les autres ?

J’aimerais, à travers tout ce que je fais, apporter du mieux vivre. Je suis fondamentalement un "passeur".

En savoir plus :
- Théâtre XIV
- Jean-Laurent Cochet

Jean Laurent Cochet publie le 7 octobre 2010 A la rencontre de Sacha Guitry, aux éditions Oxus






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