Un nouveau musée à Louvain et les Passions de Van Der Weyden

Visite en compagnie d’Anne Jouffroy
Louvain, ville universitaire réputée, s’enrichit d’un nouveau musée nommé "M" tout simplement où les chefs d’oeuvre de Rogier Van Der Weyden sont offerts aux regards des visiteurs. Parmi ceux-ci, notre collaboratrice Anne Jouffroy qui s’est rendue sur place pour Canal Académie.


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Émission proposée par : Anne Jouffroy
Référence : CARR616
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Date de mise en ligne : 8 novembre 2009
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Les couleurs du blason de Louvain en Belgique sont de gueules à la fasce d’argent. On rapporte que cet écu rappelle les rives de la Dyle, la rivière qui traverse la ville, couverte de sang en 891 après la bataille de Loven, qui vit la défaite des Vikings contre les armées de l’empereur d’Allemagne Arnulf de Carinthie. « Lou » comme « Lo » : la forêt et « vain » comme « ven » : les marécages.

Depuis, la cité a prospéré, d’autant plus vite qu’il y fut installé, en 1425, la première université des Flandres. La vocation universitaire de la ville existe toujours et sa renommée n’a pas faibli.

On connaissait bien le musée municipal déjà riche de quelques trésors de l’époque des primitifs-flamands, mais aujourd’hui un nouveau grand musée le remplace. Il s’appelle « M ». Un nom peu ordinaire mais très fonctionnel qui se retient facilement et ne doit pas, espérons-le, faire songer à « M le Maudit », le film de Fritz Lang (1932) ! Nous dirons donc tout simplement : « M, le musée ».

Installé au cœur de la cité, il a été aménagé afin de prendre part à sa vie quotidienne. Il est transparent. Des jardins, des rues, des terrasses, de partout, on peut découvrir les espaces qui renferment les œuvres d’art. Des passages publics le traversent. « M » fait ainsi songer, selon son architecte Stéphane Beel, à un nouveau marché au sens mediéval de terme, on pense aussi à un « forum » à la romaine.

Afin d’inaugurer « M », il a été fait appel à l’un des plus grands primitifs flamands, Rogier van der Weyden (1400-1464). Cet artiste né à Tournai, vers 1400 était le fils d’Henry de la Pasture. Il devint l’élève de Robert Campin et peut-être également de Jan van Eyck dont il reprendra la fonction de peintre à la cour de Bourgogne. En 1435, habitant Bruxelles, il en devint le peintre officiel et sujet brabançon, il transforma ainsi son nom la Pasture, pour devenir Rogier van der Weyden.

Quoique considéré comme l’un des plus importants primitifs flamands, on ne connaît que quelques œuvres de van der Weyden qui lui sont attribuées avec certitude. Il n’a signé, en effet, aucun tableau. A Louvain on peut admirer Les Sept Sacrements restaurés pendant trois ans par Griet Steyaert, des portraits des ducs de Bourgogne et des notables, des miniatures des Chroniques de Hainaut. Si l’on peut regretter l’absence au « M » du Jugement dernier, conservé à Beaune, nous avons, notamment, la chance de contempler venu du Louvre, le « Triptyque braque » et une installation multi-écrans de la « Descente de la croix » -trop fragile pour revenir du Prado- considérée comme un chef d’œuvre, réalisée pour la chapelle de la Guilde des arbalétriers de Louvain.

Les suiveurs de Van Der Weyden sont là eux aussi.

Jusqu’au 6 décembre 2009, cent chefs d’œuvre des plus intéressants parmi les collections européennes et américaines sont rassemblées dans « M, le musée ».

(1) Rogier van der Weyden, maître des passions, « M », Leopold Vanderkelenstraat 28, 3000 Leuven, Belgique, jusqu’au 6 décembre 2009. site Internet (en construction) : www.mleuven.be billets : www.roaiervanderwevden.be

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