L’histoire des anges au fil des temps

avec Sylvie Barnay, maître de conférences à l’Université de Metz
Comment est-il fait mention des anges dans les textes fondateurs du christianisme et comment s’est élaborée la doctrine à leur sujet ? Sylvie Barnay, maître de conférences à l’Université de Metz, donne ici un rappel des principaux éléments historiques et religieux concernant ces créatures spirituelles qui donnent encore naissance à bien des spéculations...


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Émission proposée par : Sylvie Barnay
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Date de mise en ligne : 11 octobre 2009
Les Anges du peintre italien Raphaël
Les Anges du peintre italien Raphaël

Le mot « ange » (hébreu Mal’ak’, grec Angelos) désigne le « messager » ou « l’envoyé de Dieu ». C’est à la culture biblique que puisent d’abord toutes les représentations occidentales de l’ange. Le legs biblique donne un premier substrat.
- Dans l’Ancien Testament, les anges forment la cour céleste. Ils sont aussi les messagers de la volonté de Dieu, les recteurs des éléments cosmiques et les protecteurs des nations ou des villes. Par ailleurs, la Bible fait référence à de nombreux épisodes d’angélophanies (visions ou apparitions angéliques) : l’hospitalité d’Abraham, l’échelle de Jacob, la lutte de Jacob avec l’ange, les annonciations aux prophètes etc…
- Le Nouveau Testament place les anges dans une fonction d’annonciateurs des grands mystères de l’Incarnation et de la Résurrection, par exemple, à l’Annonciation.
- Dans le même temps, les Actes des apôtres témoignent de la familiarité des anges avec les hommes, rappelant aux disciples leur mission ou donnant des avertissements salutaires.

Au cours des premiers siècles, les Pères de l’Eglise, nom donné aux écrivains chrétiens de cette période, commencent à élaborer une première doctrine sur les anges. Ils ont notamment à faire face à deux risques de confusions majeurs : d’une part les spéculations de type gnostique sur les êtres spirituels médiateurs de salut et d’autre part la vénération populaire accordée aux entités invisibles, notamment aux astres.

La réflexion angélologique se construit principalement autour de la pensée de saint Augustin et du Pseudo-Denys l’Aréopagite.
- Au début du Ve siècle, saint Augustin (354-430) établit la nature spirituelle des anges, leur création au premier jour de la Genèse et précise leurs fonctions : ils sont des veilleurs, des gardiens et des messagers du ciel.
- La traduction en latin de la pensée du Pseudo-Denys (VIe siècle) est l’occasion d’une seconde étape doctrinale. La traité du Pseudo-Denys sur la Hiérarchie céleste permet de préciser la place des anges dans le ciel. Les créatures angéliques sont désormais réparties en trois triades de trois chœurs ou rangs d’anges : Séraphins, Chérubins et Trônes ; Dominations, Puissances et Vertus ; Principautés, Archanges et Anges. Les Séraphins entourent ainsi le trône de Dieu et les anges occupent le dernier étage de la hiérarchie du ciel, le plus proche de la terre.

Une dévotion née au Moyen Age

La dévotion aux anges à l’époque médiévale est étroitement liée à l’essor du monachisme. Ils sont aussi promus gardiens des sanctuaires, ce qui contribue à accroître leur présence dans la vie quotidienne des hommes du Moyen Age. La dévotion aux anges gardiens - dont les premières mentions littéraires sont faites au XIe siècle - connaît un véritable essor à la fin du Moyen Age. Parallèlement, l’angélologie acquiert une dimension politique, en érigeant les anges comme protecteurs des cités et des nations. Saint Michel, tout à la fois archange combattant le dragon et introducteur des âmes au Paradis, est ainsi promu protecteur de la France au XVe siècle.

Seul l’ange gardien franchit les portes de l’époque moderne. La pensée doctrinale s’appauvrit et laisse place à un certain nombre des spéculations teintées de gnose à partir de la Renaissance.

Texte de Sylvie Barnay, Maître de Conférences à l’Université de Metz, Chargée de cours à l’Institut catholique de Paris






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