Le grand emprunt national : illusion ou vraie chance ?

Economie et finances, la chronique de Jean-Louis Chambon
Toute action dans l’économie intègre une dimension politique et psychologique : le projet de grand emprunt national qui entre, en novembre 2009 par l’installation de la commission Juppé-Rocard, dans sa phase préparatoire, en est la parfaite illustration.


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Émission proposée par : Jean-Louis Chambon
Référence : chr572
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/chr572.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida4836-Le-grand-emprunt-national-illusion-ou-vraie-chance.html
Date de mise en ligne : 29 novembre 2009

Cette émission a été enregistrée en novembre 2009.

Il est difficilement compréhensible pour le grand public qu’une nouvelle couche d’endettement pour le pays (qui a vu sa dette passer de 21% du PIB en1981 à 77% en 2009) puisse être la solution au déclin français si l’on n’intègre pas l’enjeu de l’opportunité d’un sursaut collectif et d’adhésion à un projet d’avenir pour le pays.

L’idée est pourtant claire : il s’agit d’investir dans des secteurs stratégiques qui permettent par retour sur investissement de dégager plus de moyens et de revenus pour les finances publiques que les charges financières que l’emprunt aura généré de charges.

Le concept du « d »

« d » ou la distinction intellectuelle « d’une mauvaise dette » qui finance le fonctionnement de l’état, qui ne crée pas de valeur mais en détruit et « d » une « bonne dette » qui, elle, est profitable à terme pour le pays ; aussi à bien des égards, cette initiative est-elle porteuse d’espérances si tant est que la méthodologie retenue soit susceptible d’éviter les principaux risques qui pourraient conduire à d’amères désillusions.

L’espoir, c’est en effet non seulement les compétences avérées des 24 membres de la commission chargée de remettre son rapport avant le 1er novembre 2009, mais c’est aussi la clarté de la « feuille de route » : il ne s’agit pas, pour la commission, de définir les conditions techniques de l’emprunt (montant, forme -marché ou ménages- taux) mais bien d’identifier les cibles prioritaires vers lesquelles pourront aller ces mannes financières.

C’est aussi l’expérience des deux anciens ministres qui ont déjà indiqué qu’ils souhaitaient que l’emprunt ne soit pas mis « dans les circuits traditionnels des ministères », ceci afin d’éviter la perte de traçabilité et une atomisation, un saupoudrage qui enlèveraient une grande partie de la force de frappe de cette initiative. L’étanchéité des deux compartiments de la dette est une des conditions de réussite manifestement.

Renforcer la pédagogie économique...

On suggère donc d’accélérer et de renforcer à cette occasion la pédagogie économique afin de lutter contre une inculture avérée des Francais dans ce domaine et de leur rendre ainsi plus aisée la compréhension des enjeux pour la compétitivité et l’avenir du pays et la clarté de choix qui seront proposés.

Ce projet de grand emprunt apparait à bien des égards comme une vraie chance pour la France de se retrouver dans le peleton de tête de la compétition internationale mais le succès nécessitera de ne pas en faire une facilité nouvelle pour se dispenser des efforts nécessaires en parrallèle sur la maîtrise du poids du secteur public et de la mauvaise dette. Le pays devra à cette occasion retrouver l’enthousiasme qu’il a perdu depuis quelques temps et la capacité à faire des choix : choisir, c’est aussi renoncer à tout faire et c’est donc douloureux...

Le grand pari de ce projet est de doper la croissance : aussi peut-on regretter qu’une forme de synergie européenne n’est pas encore été recherchée pour renforcer l’effet de levier... ce qui aurait sans doute necessité du temps et de nouvelles batailles qui, selon Mac Arthur, lorsqu’elles étaient perdues, se résumaient toujours en deux mots : "...trop tard.."

Capitalisons donc sur le volontarisme avant de regretter l’union...

Texte de Jean-Louis Chambon.






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