Les mots des religions "la nature"

avec le Grand Rabbin Haïm Korsia, aumônier général israélite de l’armée française
Dans la Genèse, l’homme reçoit l’instruction de travailler la terre et de la conserver. Le concept de développement durable est déjà en germe, comme l’explique le Grand Rabbin Haïm Korsia qui précise ici la position du judaïsme par rapport à la nature.


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Émission proposée par : Hélène Renard
Référence : tor523
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Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida4825-Les-mots-des-religions-la-nature.html
Date de mise en ligne : 13 décembre 2009

Quelle est la position du judaïsme vis à vis de la nature ? C’est un concept fondamental parce que l’homme ne vit pas sur une bulle mais bien sur la terre, dans une biosphère. Le jardin d’Eden est le symbole de la terre : pour la travailler et pour la conserver. Dieu lui donne cette responsabilité. Il est bien dit "conserver" la terre et non l’exploiter ni la soumettre... Et cela est dit, dès l’origine, ce qui montre que le concept de développement durable est déjà existant. Dieu demande à Noë de sauver sa famille mais aussi la nature, les animaux et tout le vivant pour répondre au projet divin. Et il importe de comprendre que les animaux sont inclus dans cette "humanité" à sauver.

Aujourd’hui, les Juifs n’ont pas le droit de se vêtir d’un mélange de lin et de laine. Pourquoi ? Parce que le premier provient du règne végétal et le second du règne animal et qu’il convient d’apprendre à distinguer les genres (de même pour le lait et la viande : "tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère") faute de quoi on réintroduit le désordre, le tohu-bohu, on dérègle l’ordonnancement que Dieu avait imposé. "On l’a bien vu avec l’affaire de la vache folle" ajoute Haïm Korsia.

La création est un ordonnancement et l’Homme qui gère mal la nature perturbe cet ordre. Dans la Bible, il y a une attention portée sur la place de l’homme dans la nature et sur le comportement qu’il doit lui porter, non pas l’arrogance mais le respect. "Si à un moment tu as une pointe d’arrogance, pense que le moindre des petits moustiques a été créé avant toi". Humilité de l’homme, normalement, devant l’ordre naturel.

C’est pourquoi Dieu lui donne pouvoir de nommer, c’est-à-dire de définir, d’attribuer la vocation des animaux et des plantes. L’homme est donc le "métayer " de Dieu sur terre, il est en position de responsabilité active. Il est le gardien de la terre.

L’écologie ? Les gestes pour l’environnement ? Mais les Juifs les pratiquent tous les samedis (52 fois dans l’année !) en ne prenant pas leur voiture retrouvant ainsi un lien normal avec la marche, avec les distances humaines et en n’ajoutant pas à la pollution ! L’écologie politique ? C’est autre chose. Limiter l’écologie à quelques gestes, est un peu ridicule. L’écologie c’est une manière de respecter tout ce qui nous entoure, sans arrogance. Ce que l’on fait avec la nature, on finira par le faire avec les autres, donc attention.

David avouait tout comprendre dans la Création divine sauf deux choses : les fous et les araignées. Or, un jour qu’il est captif, il simulera la folie ce qui lui vaudra la délivrance et un autre jour, quand il sera poursuivi et réfugié dans une grotte, une toile d’araignée découragera ses poursuivants et le sauvera. Une allégorie pour comprendre que tout être vivant, plantes, animaux et humains, a sa place dans la création et sa justification. A nous de la comprendre. Mais il ne s’agit pas d’idolâtrer la nature, comme une sorte de déesse. Ce n’est pas dans la tradition du judaïsme.






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