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L’homme d’esprit soucieux des lois

L’auteur caché n° 9
Pour découvrir cet auteur caché, le neuvième de la série, écoutez les 10 indices biographiques qui vous sont donnés, appréciez les 10 extraits de son oeuvre et, en moins de dix minutes, vous aurez trouvé de qui il s’agit. C’est un grand nom de la culture française qui fut, bien sûr, académicien !


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Références émission afficher
Émission proposée par : Fernand Guiot , Hélène Renard
Référence : VOI521
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/voi521.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida4800-L-homme-d-esprit-soucieux-des-lois.html
Date de mise en ligne : 11 octobre 2009

Les lectures de cette émission sont assurées par le comédien Fernand Guiot.

1er indice

Il situe l’époque dans laquelle a vécu notre auteur caché : né au château de la Brède, au sud de Bordeaux, en janvier 1689, il fut renommé, non pas au XVIIe mais au XVIII è siècle.

2ème indice

Mais très jeune déjà il se fait remarquer par sa curiosité scientifique très vive : en 1716, alors qu’il a à peine 27 ans, il entre à l’Académie des sciences de Bordeaux, y fonde un prix d’anatomie et présente plusieurs mémoires, sur les glandes surrénales, sur l’écho, sur la pesanteur, sur le flux et le reflux, preuves s’il en fallait de l’universalité de son génie. Il possède toutes les formes de l’intelligence, avec une pensée brillante, claire, solide et pénétrante.

3ème indice

Voulez-vous avoir une idée de son physique ? C’est facile puisqu’il a lui-même tracé son portrait, son tempérament et son caractère, dans ses notes. C’est après sa mort que l’on a retrouvé ces notes inédites qui ont été regroupées et publiées sous le nom de « Cahiers ».

-  Je n’ai presque jamais eu de chagrin et encore moins d’ennui. Ma machine est si heureusement construite que je suis frappé par tous les objets assez vivement pour qu’ils puissent me donner du plaisir, pas assez pour me donner de la peine… etc.

4ème indice

Est-ce parce que sa noble famille servait dans l’armée et dans la magistrature, que notre auteur, Charles-Louis de Secondat, formé par les Oratoriens, poursuivit des études de droit et devient conseiller en 1714 et président à mortier, (l’une des charges les plus importantes de la justice de l’Ancien Régime), en 1716 au Parlement de Guyenne ? Sans aucun doute. Dès cette année-là, il rédige une Dissertation sur la politique des Romains dans la religion ("hardie" selon l’expression de Roger Caillois) puis un traité De la monarchie universelle en Europe, et enfin une étude sur l’histoire juridique et politique de la Constitution française. Je vous le concède ,ce ne sont pas ses œuvres les plus connues-, mais c’est souligner ainsi son intérêt -qui ne s’est jamais démenti-pour la loi et les lois.

5ème indice

Notre auteur est élu à l’Académie française en 1728. Il a trente neuf ans. Et le voilà pris d’une envie de voyage : il part pour l’Allemagne, visite Vienne, rencontre le prince Eugène, s’intéresse au régime féodal de la Hongrie, et évidemment, comme beaucoup de voyageurs lettrés à l’époque, se rend en Italie, puis remonte vers la Hollande et l’Angleterre. Bref, il découvre l’Europe et ses divers régimes politiques, ce qui ne manquera pas d’inspirer sa réflexion.

6ème indice

A peine de retour dans son château de La Brède en août 1731, il s’attèle à l’écriture ; son projet est d’élaborer une œuvre immense sur la nature des lois et leurs rapports entre elles. Trois ans plus tard, en 1734, il publie les Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence. Qui aurait être le premier chapitre de son livre sur les lois mais qui a pris tant d’importance qu’il en fait une œuvre à part entière.

-  Les premiers romains ne mettaient point dans leurs armées un plus grand nombre de troupes auxiliaires que de romaines ; et quoique leurs alliés fussent proprement des sujets, ils ne voulaient point avoir pour sujets des peuples plus belliqueux qu’eux-mêmes. Ecoutez la suite...

7ème indice

Ainsi notre auteur, dissertant sur le destin de Rome, a-t-il posé les bases de l’histoire philosophique. Derrière les faits, ce qui l’intéresse, ce sont les lois car elles régissent les états et les hommes. D’où sa formule fameuse qui traduit le fond de sa réflexion :

- Ce n’est pas la fortune qui domine le monde… il y a des causes générales, soit morales, soit physiques qui agissent dans chaque monarchie, l’élèvent , la maintiennent ou la précipitent.

8ème indice :

Puis en octobre 1748, son grand œuvre paraît enfin, à Genève. Il s’est usé à la tâche.
-  J’avoue que cet ouvrage a pensé me tuer, je vais me reposer, je ne travaillerai plus. Mais aussitôt, il se remet au travail ! Car il subit de vives critiques au point qu’il doit répondre à ses détracteurs.

9ème indice

Ce grand œuvre, vous l’avez deviné, porte le titre célèbre de l’Esprit des lois. Elle fait de lui le père fondateur de la science politique. Elle révèle aussi un vrai philosophe des Lumières, soucieux de modernité et de liberté, mais aussi du bonheur de l’humanité. Voici un extrait de la préface : Si, dans le nombre infini de choses qui sont dans ce livre, il y en avait quelqu’une qui, contre mon attente pût offenser, il n’y en a pas du moins qui ait été mise avec mauvaise intention.

10ème indice

Parions qu’à ce stade, vous avez évidemment découvert le nom de notre auteur caché. Alors juste un ultime indice : 1721 avait été une année faste pour notre auteur. Cette année-là en effet, sortit à Amsterdam, un petit récit, anonyme, ne portant même pas son nom, qui l’a rendu célèbre. Ses deux personnages nommés Usbek et Rica, des persans, visitent la France, échangent des lettres, et font part de leurs impressions. L’orientalisme est déjà à la mode et notre auteur y sacrifia à sa manière, osant ainsi une critique hardie contre la société de son temps et une piquante étude de mœurs.

Nous ne résistons pas à vous offrir la lecture d’un extrait de ces fameuses Lettres persanes, juste pour le plaisir !

- le café est très en usage à Paris : il y a un grand nombre de maisons publiques où on le distribue ; Dans quelques-unes de ces maisons, on dit des nouvelles ; dans d’autres, on joue aux échecs. Il y en a une où l’on appête le café de telle manière qu’il donne de l’esprit à ceux qui en prennent : au moins, de tous ceux qui en sortent, il n’y a personne qui ne croie qu’il en a quatre fois plus que lorsqu’il y est entré...

Vous avez bien sûr trouvé le nom de notre auteur caché ! C’était facile... mais au cas où vous auriez un petit doute, cliquez sur le document ci-dessous pour lire la réponse.

A lire

- la notice sur cet auteur caché dans le Dictionnaire encyclopédique de la littérature française (éd. Bouquins) rédigée par Roger Caillois, de l’Académie française.

- Jean Starobinski, membre associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques a publié chez Gallimard, collection Folio, un ouvrage sous sa direction consacré à cet auteur.

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