Le Prix Albert Londres 2/2

par Henri Amouroux
Henri Amouroux (1920-2007), journaliste, historien, membre de l’Académie des sciences morales et politiques, nous dévoile le fonctionnement du prix et l’éthique du grand reportage.


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Émission proposée par : Hélène Renard
Référence : pdm009
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Date de mise en ligne : 1er janvier 2005
Le prix Albert Londres
Le prix Albert Londres

Henri Amouroux préside le jury du Prix Albert Londres, le prix de journalisme le plus prestigieux d’Europe depuis 1985. Il entraîne les 20 membres du jury sur les pas d’Albert Londres (Guyanne, Courchevel, Reims) et cette année, en Chine. Il nous explique comment la lecture des 20 dossiers de la presse écrite et le visionnage des reportages pour l’audiovisuel offrent un regard complet sur la profession de grand reporter et son éthique.

Le prix Albert Londres, créé en 1932 et décerné pour la première fois en 1933, couronne chaque année, à la date anniversaire de la mort d’Albert Londres, le meilleur « Grand Reporter de la presse écrite » et depuis 1985 le meilleur « Grand Reporter de l’audiovisuel ».

A propos d’Albert Londres

Le célèbre journaliste qui fit fermer le bagne de Cayenne, dénonça la traite des Noirs, et celle des « blanches » (1884-1932).

Né en 1884 à Vichy, Albert Londres, qui se destinait à une carrière de poète, s’est très tôt rendu célèbre par ses articles et ses récits de voyages, publiés au début du siècle dans Le Petit Journal, Le Quotidien ou Le Petit Parisien, et a marqué plusieurs générations de journalistes. Il signe son premier article en 1914, il a couvert la Grande Guerre, la conquête de Fiume par D’Annunzio, la Révolution russe, le Tour de France cycliste, les chaos de la République chinoise, le scandale du bagne de Cayenne, les bataillons disciplinaires d’Afrique du Nord, la condition des aliénés dans les asiles de France, et l’évasion du forçat Dieudonné, la traite des noirs en Afrique et la traite des blanches en Argentine, les pêcheurs de perles de Djibouti et les terroristes dans les Balkans... Il est mort le 16 mai 1932 lors de l’incendie du paquebot George Philippar au retour d’un reportage en Chine dont on ne sait rien.

Créé par sa fille, Florise, le Prix Albert Londres couronne, en France, le meilleur reporter de l’année en presse écrite depuis 1933 et audiovisuelle depuis 1985. Ce Prix, décerné pour la première fois en 1933, couronne chaque année à la date anniversaire de la mort d’Albert Londres.

Edwy Plenel évoque son maître en journalisme, Albert Londres. Il rappelle son propos : « Ma ligne, disait ce prince du reportage, ma seule ligne, la ligne de chemin de fer. » « Albert Londres, explique Plenel, n’était pas du tout un journaliste vertueux, un grand professeur de morale. Son premier reportage en Union soviétique, il l’a fait avec l’aide des services français. Il écrivait dans une presse très conservatrice, réactionnaire même, la presse du parti colonial. On l’a envoyé en Afrique Occidentale Française, l’AOF. Il y est resté six mois. Il a découvert le travail forcé, il a découvert que la France ne respectait pas les droits de l’homme. Il l’a raconté dans son reportage "Terre d’ébène". "Notre métier, se plaisait-il à dire, n’est ni de faire plaisir, ni de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie." » (Daniel Junqua, La Lettre de la SDL du journal Le Monde).

A propos d’Henri Amouroux

Sa carrière

Heanri Amouroux (1920-2007)
Heanri Amouroux (1920-2007)
© Damien Laffargue

Diplômé de l’Ecole supérieure de journalisme, Henri Amouroux a commencé sa carrière journalistique fin 1938 à l’agence de presse Opera mundi à Paris, puis comme stagiaire au journal la Petite Gironde à Bordeaux. Il participe au groupe de résistance Jade Amicol.

A la Libération, il appartient à l’équipe fondatrice du journal Sud-Ouest, Il y occupera, de 1944 à 1974, les postes successifs de secrétaire de rédaction, secrétaire général adjoint de la rédaction, secrétaire général de la rédaction (1959), rédacteur en chef adjoint (1963), rédacteur en chef (1966), directeur général adjoint, directeur général (1968-1974). Il crée et dirige parallèlement Sud-Ouest Dimanche.

A la Libération, il appartient à l’équipe fondatrice du journal Sud-Ouest, Il y occupera, de 1944 à 1974, les postes successifs de secrétaire de rédaction, secrétaire général adjoint de la rédaction, secrétaire général de la rédaction (1959), rédacteur en chef adjoint (1963), rédacteur en chef (1966), directeur général adjoint, directeur général (1968-1974). Il crée et dirige parallèlement Sud-Ouest Dimanche.

Durant quatorze ans il a tenu la chronique littéraire, a été correspondant de guerre à cinq reprises - notamment sur le front français puis au Vietnam - ce qui lui vaudra deux blessures. Il a effectué de très nombreux reportages dont dix en Israël (qui donneront matière à quatre ouvrages), sept en Yougoslavie, cinq en Algérie, quatre au Vietnam, deux en URSS, ainsi qu’en Inde, en Egypte, en Jordanie, en Chine, au Canada, au Brésil, etc.

Il est de plus directeur du journal les Années 40 depuis 1970.

A partir de 1974, Henri Amouroux quitte Sud-Ouest et est nommé directeur de France-Soir (1974-1975), puis co-directeur du quotidien Rhône-Alpes (1977-1982). Depuis 1985, il préside le prix Albert-Londres.

A côté de son activité professionnelle, Henri Amouroux a consacré sa vie à l’écriture d’une monumentale histoire de la France sous l’Occupation allemande. Soucieux de vulgarisation, il a conçu de très nombreuses émissions télévisuelles - 40 émissions sur TF1 - et radio-diffusées, notamment à France Inter, où il tient depuis 1994 une chronique régulière. Il a reçu pour l’ensemble de son œuvre le Prix mondial Cino del Duca en 1999.
Henri Amouroux est décédé le 5 août 2007.

Ses œuvres

- 1951 - Israël... Israël.
- 1955 - Croix sur l’Indochine.
- 1955 - Le Ghetto de la victoire.
- 1957 - Le Monde de long en large.
- 1957 - Une fille de Tel Aviv (roman).
- 1958 - J’ai vu vivre Israël.
- 1961 - La Vie des Français sous l’Occupation.
- 1966 - Le 18 Juin 1940.
- 1966 - Quatre années d’histoire de France (1940-1944).
- 1967 - Pétain avant Vichy.
- 1970 - La Bataille de Bordeaux.
- 1972 - Aquitaine, introduction historique.
- 1976-1993 - La Grande Histoire des Français sous l’Occupation, 1939-1945, 10 tomes :

  • tome I. Le Peuple du désastre, 1976
  • tome II. Quarante millions de pétainistes, 1977
  • tome III. Les Beaux Jours des collabos, 1978
  • tome IV. Le Peuple réveillé, 1979
  • tome V. Les Passions et les Haines, 1981
  • tome VI. L’Impitoyable guerre civile, 1983
  • tome VII. Un printemps de mort et d’espoir, 1985
  • tome VIII. Joies et douleurs du peuple libéré, 1989
  • tome IX. Les Règlements de comptes, 1991
  • tome X. La Page n’est pas encore tournée, 1993.

- 1983 - Ce que vivent les roses.
- 1983 - Et ça leur faisait très mal (théâtre).
- 1986 - Monsieur Barre.
- 1990 - De Gaulle raconté aux enfants.
- 1997 - Pour en finir avec Vichy. Tome I.
- 2005 - Pour en finir avec Vichy. Tome II.

Retrouvez Henri Amouroux dans d’autres émissions de Canal Académie :

- Henri Amouroux, regard sur ses activités
- Le parcours d’Henri Amouroux
- Les tribunaux du peuple à la libération, une communication d’Henri Amouroux
- Acteur et spectateur, le peuple français de 1940 à 1944, une communication d’Henri Amouroux
- La libération de Paris, "La grande histoire des français sous l’occupation", tome 4 : septembre 1943-août 1994
- Le 6 juin 1944 : le débarquement
- Mai-Juin 1940 : L’armistice
- Pour en finir avec Vichy : les racines des passions

- 4 émissions sur le prix Albert Londres

- Retrouvez la page La Grande Guerre : toutes nos émissions






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