L’inflation : impossible retour ou éternel recours ?

Avec la participation Nicolas Bouzou président directeur d’Asterès
La sortie de crise passe-t-elle par un retour à l’inflation ? Les économistes restent partagés sur la question : un "impossible retour" d’une part et un "éternel recours" d’autre part. Nicolas Bouzou répond à ce débat, interrogé par Jean-Louis Chambon.


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Émission proposée par : Jean-Louis Chambon
Référence : ECL575
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Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida4742-L-inflation-impossible-retour-ou-eternel-recours.html
Date de mise en ligne : 23 août 2009

Dans le camp de "l’impossible retour", Olivier Pastré, professeur à l’Université de Paris VIII, remarquait dans Les Echos du 23 avril 2009 qu’en sortie de crise comme avant la crise, la surcapacité de main d’œuvre à l’échelle de la planète continuera à tirer les rémunérations du travail donc les prix vers le bas. Le problème serait donc le risque de déflation plus qu’un retour prochain de l’inflation.
Pierre Noël Giraud, professeur d’économie à l’école des Mines(ParisTech), dans le camp adverse, dirait qu’il faudrait de l’inflation pour pomper toutes les liquidités et aider les débiteurs à payer leurs dettes ; mais comment faire de l’inflation raisonnable ?"

Ce débat sur la sortie de crise par le retour à l’inflation, oscille autour de deux questions :

- Quels sont les risques réels liés à l’inflation ?
- Peut-on échapper à un retour de l’inflation ?

Les risques de l’inflation sont, selon Nicolas Bouzou, l’augmentation du coût des biens et services. L’inflation a des conséquences sur la société : des conséquences visibles et d’autres conséquences cachées. Pour illustrer ces derniers propos, Nicolas Bouzou cite la perte de pouvoir d’achat pour les salariés ou la perte de profits pour certaines entreprises.
Cependant, certaines entreprises font des bénéfices là où d’autres en perdent notamment les producteurs de matières premières. L’inflation aurait donc, selon Nicolas Bouzou, un impact redistributif. Elle bénéficierait aux emprunteurs et pénaliserait les épargnants mais elle transporte des risques générationnels notamment ceux liés au remboursement de la dette publique engagée pour limiter les conséquences de l’inflation.

Le risque de l’hyper-inflation est éloigné, selon notre invité, mais on ne peut échapper à une inflation qui peut être considérée comme une variable d’ajustement. Le risque encouru actuellement est un risque de déflation durable, comme au Japon, qui ferait durer la récession 15 ans plutôt que 2 ou 3 ans.

Nicolas Bouzou est un économiste français. Il enseigne à l’université de Paris VII et est maître de conférence à Sciences Po Paris. Il est également le fondateur d’une société d’analyse économique et financière, Asterès.

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