Prix Louis Pauwels 2009 : La reconquête russe de Laure Mandeville

La lauréate interviewée par Isabelle Schmitz
Couronné par le prix Louis Pauwels 2009, La Reconquête russe (Grasset) de Laure Mandeville est une plongée au cœur de la Russie post-soviétique, de la déroute des années 1990 à l’avènement de Vladimir Poutine et de son successeur. Reporter au Figaro depuis 1989, Laure Mandeville a été correspondante à Moscou de 1996 à 2000. Elle est aujourd’hui en poste à Washington.


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Émission proposée par : Isabelle Schmitz
Référence : PAG606
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Date de mise en ligne : 28 juin 2009


Tombée sous son charme de la Russie en en découvrant la langue, à l’âge de onze ans, Laure Mandeville n’a eu de cesse, depuis, d’explorer ce pays, de tenter de le comprendre, d’en suivre les évolutions et les soubresauts. C’est avec la chute du mur de Berlin qu’elle fait ses premières armes de reporter, et qu’elle commence à sillonner, pour le Figaro, l’Europe de l’Est et le continent russe.

« Il faut se mettre à la place des Russes. De ceux qui subissaient ce grand théâtre sans pouvoir y participer. De ceux qui regardaient en spectateurs abasourdis, sans rien savoir de ce qui se passait dans les cuisines du Kremlin. Que voyaient-ils, ces Russes de la rue, de la campagne, des villes de province fatiguées et ruinées ? Et que pouvaient-ils bien penser ?
Depuis 1989, ils voyaient que prise dans une succession de crises et de tremblements de terre, la Russie ressemblait à un volcan en éruption. La lave de la politique les brûlait, puis souvent, les noyait. » (p 150)
C’est ce volcan en éruption dans lequel nous plonge La reconquête russe, fresque haletante d’une Russie d’après la chute du Mur, qui tente de jouer la carte de l’ouverture sans y parvenir. Plus de vingt ans d’enquêtes, de reportages, de destins croisés ont donné naissance à cet essai, entre le récit historique et le conte cruel, dont les personnages n’appartiennent pas à la fiction.

L’ère Eltsine, ses tâtonnements démocratiques et les déceptions qu’ils entraînent, voit l’affirmation du pouvoir nouveau des oligarques, magnats du capitalisme qui émergent avec la privatisation, et décident de placer, pour succéder au bon tsar Boris à « l’âme aussi large que les épaules », un second couteau à la consistance incertaine, qui n’a jamais connu l’épreuve des urnes, n’est pas sûr lui-même d’être vraiment candidat… Vladimir Poutine.

Est-ce le début d’un monde nouveau, ou le retour aux vieux démons et au cycle infernal de la réforme, la réaction et le retour en arrière, qui sévit en Russie depuis des siècles ? Du « péché originel de Poutine », sa popularité sur fond de guerre tchétchène et d’attentats dont l’origine demeure encore douteuse, à la collusion fatale entre le pouvoir et l’argent, Laure Mandeville pose les données du problème ô combien complexe du gouvernement en Russie et donne à méditer sur le « destin tragique de la Russie (…) intimement lié à la dichotomie entre « eux » et « nous » qui traverse toute son histoire. Celle qui sépare le pouvoir de la société. Mais aussi la Russie de l’Occident. ». (p 364)

Le Prix Louis Pauwels

Créé en 1997, après le décès du romancier et journaliste Louis Pauwels, de l’Académie des beaux-arts, ce prix est décerné chaque année à un essai. Le jury, longtemps présidé par Henri Amouroux, de l’Académie des sciences morales et politiques, est aujourd’hui présidé par Jean Miot. Parmi ses membres : Jean Piat, Guy Sorman, Franz-Olivier Giesbert, Henri-Christian Giraud, Henriette Walter, Hélène Renard, Sylviane Plantelin et le Pr Debré.






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