1809 et l’Empire napoléonien : bilan d’un système 6/7

Avec Thierry Lentz et Emmanuel de Waresquiel
1809 est une année confuse où l’on se bat dans toute l’Europe. Elle annonce le changement radical d’orientation de l’Empire et met en place un quadrillage administratif dont l’Europe porte encore des traces. Ecoutez dans cette émission Thierry Lentz et Emmanuel de Waresquiel s’exprimant sur la rivalité franco-britannique qui fut un élément clé de l’année 1809.


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Émission proposée par : Françoise Thibaut
Référence : HIST512
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Date de mise en ligne : 14 juin 2009

La rivalité entre la Grande-Bretagne et la France est un point d’apogée de cette période. Les historiens Thierry Lentz et Emmanuel de Waresquiel reviennent sur les relations diplomatiques houleuses entre les deux pays. Quelles furent les causes de telles relations ? Qu’est-ce qui a créé les déséquilibres européens ? L’Empire fut-il un régime militaire ?

Comme l’indique Emmanuel de Waresquiel, les deux nations se déchirèrent à cause de la rivalité économique et à cause de leur empire colonial qui faisaient d’elles deux puissances rivales. Pour comprendre les faits, il nous indique le titre d’un livre : De l’état de la France, à la fin de l’an VIII par Alexandre Maurice Blanc de Lanautte Hauterive, livre qui démontre la fragilité du système de l’époque. Il y a les « conspirations Mallet », les tentatives d’assassinat, le retournement des prussiens (dernier des discours de Fichte à la nation allemande), le louvoiement de certains collaborateurs, la Grande Armée n’est plus invincible, la pression britannique est de plus en plus forte, en France même les enrôlements abusifs créent le mécontentement.

- La mutation de l’Empire est-elle « vraiment » voulue par Napoléon ?

Nos invités reviennent également sur la préparation du « mariage autrichien » qui sera accompli le 1er avril 1810 et sur le fait que la France est dépouillée de ses colonies la même année. Ils tentent de répondre à deux questions clés :

- Napoléon, à partir de 1809 n’est-il pas acculé à toujours avancer plus loin, à batailler sans cesse ? Notamment sous la pression anglaise et la défection du tsar ?

- Le bilan n’est-il pas celui d’un bilan « involontaire » ?

Ce bilan est très contrasté :

D’une part, cet "Empire" clinquant et peu prévisible, a permis à la France et aux Français de "digérer" la Révolution, parfois en la renforçant, parfois en la voilant, parfois en l’oubliant : un travail gigantesque de création d’un droit plus égalitaire, les Codes Civil, Pénal, les Codes de procédure, qui commencent à entrer en vigueur, tout un personnel juridique et judiciaire nouveau, donnent un profil extraordinairement moderne à l’Empire. La relance de l’économie, par le biais des guerres souvent, l’encouragement des créations et des nouveautés scientifiques ou artistiques, la prise en main d’une diplomatie à peu près cohérente, une prospérité globalement rétablie donnent un bilan très positif, de même que des créations institutionnelles comme les structures d’enseignement, l’organisation de l’Etat, dureront bien au dela de la brève vie (14 ans à peine) de l’expérience napoléonienne.

Napoléon Ier harangue les troupes bavaroises et wurtembourgeoises à Abenberg (Jean-Baptiste Debret)
Napoléon Ier harangue les troupes bavaroises et wurtembourgeoises à Abenberg (Jean-Baptiste Debret)

- Napoléon n’est t-il pas celui qui établit un vrai système ?

Le revers est lourd avec la guerre d’abord, et les erreurs stratégiques qu’elle finira par entrainer : le Blocus en premier lieu, cette volonté de "dominer"qui finira par perdre son sens et mènera au désastre (relatif). La très forte surveillance politique et intellectuelle, la mise en coupe réglée des publications, des théâtres, des enseignements, laissera une trace durable dans l’habitude pour l’Etat français de tout surveiller, tout organiser, tout vouloir contrôler... Le redécoupage de l’Europe, la création de l’ensemble germanique, le remodelage de l’Europe centrale, de l’Italie auront sur le long terme des effets inattendus.
Enfin, conséquence indéniable : obsédé par l’Europe, Bonaparte laissera -incitera même - les Britanniques à s’emparer des mers, retourner dialoguer avec ses ex-colonies d’Amérique du Nord, constituer un empire colonial gigantesque que la France n’arrivera jamais à endiguer... La puissance victorienne du XIXème siècle est en grande partie due à Napoleon.
Il y a aussi la libération de l’Amérique latine, la constitution de l’Empire du Brésil, la modification de la carte politique de la Scandinavie... La France a acquis pendant cette période l’image d’un "état fort" qu’elle s’efforcera de conserver. Mais le plus emblématique est sans doute la trace indélébile que ce passage fulgurant d’un petit homme aussi ambitieux qu’intraitable, à la fois visionnaire et entrainé vers une inévitable chute a laissé dans le destin français.

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