William Blake, le génie visionnaire du Romantisme anglais

Visite de l’exposition au Petit Palais à Paris avec Catherine de Bourgoing
William Blake fut tout à la fois un peintre et un graveur exceptionnel, inventeur d’une nouvelle technique d’eau-forte, et un poète mystique. Ses motifs d’inspiration lui étaient dictés, disait-il, par des visions oniriques. En résulte une oeuvre éblouissante présentée à Paris pour la première fois depuis plus de soixante ans. En compagnie de Catherine de Bourgoing, nous suivons les grandes étapes de la vie de l’artiste, depuis ses premières années d’éveil jusqu’à son grand âge.


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Émission proposée par : Krista Leuck
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Date de mise en ligne : 14 juin 2009
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William Blake à Paris, du 2 avril au 28 juin 2009, un évènement ! Organisé par le Musée de la Vie romantique en partenariat avec le Petit Palais, cette rétrospective est due à la suggestion d’Yves Bonnefoy du Collège de France et de Michael Phillips, commissaire invité. Notre journaliste Krista Leuck vous invite à la suivre guidée par Catherine de Bourgoing. C’est la première rétrospective en France depuis le bel hommage que lui avait rendu le British Council en association avec René Drouin dans sa galerie place Vendôme en 1947, il y a plus de soixante ans.

Visite guidée par Catherine de Bourgoing, adjoint au directeur du Musée de la Vie romantique, qui s’est chargé aussi de la coordination générale du catalogue – richement commenté et illustré - de l’exposition.

William Blake peintre – poète – visionnaire

Blake exprime l’inspiration hallucinée propre au romantisme anglais. A la fois peintre et poète, Blake était graveur de formation, ce qui lui permettait de gagner sa vie en gravant les créations d’autres artistes, le plus souvent pour des livres illustrés.

La poésie onirique des images, comme sa palette résolument neuve, cristallisent les éblouissements d’un œil visionnaire. A l’instar de Newton, l’une de ses plus célèbres compositions, Blake inscrit l’homme dans un cercle céleste au milieu des nuées, le mesure et se mesure à l’univers cosmique à l’aune d’un compas.

<i>Newton</i>, vers 1795
Newton, vers 1795
Estampe en couleur rehaussée à l’aquarelle ©Philadelphia Museum of Art

Intransigeant, excentrique, solitaire, Blake proclame avec éclat son exaltation passionnée : L’inspiration et la vision étaient, sont et seront toujours, j’espère, mon Elément, mon Refuge éternel (W. Blake).

En compagnie de Catherine de Bourgoing, nous suivons les grandes étapes de la vie de l’artiste, depuis ses premières années d’éveil jusqu’à son grand âge.

Qui est William Blake, un poète, un peintre, un graveur, un ésotérique, un mystique ? Sans doute, tout cela à la fois.

Les années d’apprentissage

A quatorze ans, Blake devient apprenti dans l’atelier du graveur et éditeur James Basire (1730-1802), ce qui va déterminer sa future carrière de poète et d’artiste. Suite à une importante commande, Basire confia à Blake un premier travail essentiel pour la formation de jeune graveur : il devait reproduire des monuments funéraires à l’Abbaye de Westminster et découvre le « gothic revival ».

Premières visions / Premiers poèmes

1769-70 : Premières visions hallucinées du jeune homme doté d’une grande sensibilité reigieuse. Dès l’âge de douze ans, Blake écrit ses premiers poèmes, dans le goût elisabéthain de l’époque. Il dessine des personnages historiques ou réinventés tels qu’ils lui apparaissent. Par ex. Fantôme d’une puce.

<i>Fabtôme de puce, en pied</i>, vers 1819-1825
Fabtôme de puce, en pied, vers 1819-1825
© David Clarke, Londres

L’eau-forte en relief et les livres enluminés

1789 : Son frère préféré Robert, mort de tuberculose, lui dicte en songe une nouvelle technique d’eau-forte en relief qui permet de publier ses poèmes illustrés de ses dessins, sans recourir à la typographie. 1791 : L’éditeur Johnson lui assurant une source régulière de revenus comme graveur d’interprétation, Blake peut concentrer ses efforts sur ses livres enluminés. Dans l’atelier de Johnson, Blake rencontre des libres penseurs qui partagent les idées de la révolution française. 1789-1793 : Premiers poèmes « enluminés » à la manière de manuscrits médiévaux : Les Chants d’Innocence… destinés aux enfants, suivis des Chants d’Expérience en 1793.

<i>Les chants d'Innocence</i>, Frontispice, 1789
Les chants d’Innocence, Frontispice, 1789
Eau-forte en relief et aquarelle, The Wormsley Library, © The Wormsley Library, Grande-Bretagne

Blake l’idéaliste - Premiers livres enluminés prophétiques :

Avec Le Livre de Thel, 1789 ; Le Mariage du Ciel et de l’Enfer, 1790-93 ; Les Visions des Filles d’Albion, 1793 ; Amérique, Prophétie, 1793 ; Europe, Prophétie, 1794, Blake inaugure une série de recueils « prophétiques » allégoriques qui démontrent que l’histoire depuis la création n’est qu’une longue lutte entre la liberté et la tyrannie. C’est par les révolutions et par le souffle vital de la poésie que l’homme se libérera de la malédiction engendrée par la chute d’Adam, avec ses guerres, ses oppressions religieuses, l’esclavage, le travail des enfants, l’oppression des femmes…

<i>Le Petit Nègre</i> (Les chants d’innocence), 1789
Le Petit Nègre (Les chants d’innocence), 1789
© The Fitzwilliam Museum, University of Cambridge
<i>L'Amérique prophétie</i>, 1793
L’Amérique prophétie, 1793
Frontispice, University of Cambridge © The Fitzwilliam Muséum
<i>L'europe prophétie</i>, 1794, eau-forte en relief, University of Manchester.
L’europe prophétie, 1794, eau-forte en relief, University of Manchester.
eau-forte en relief, University of Manchester © 2006 Whitworth Art Gallery

La série des douze grandes estampes

A partir de 1795, Blake produit douze grandes estampes en couleur qui sont aujourd’hui parmi ses plus célèbres Newton, Pity, Hécate…. Il adopte une technique complexe et rehausse ses épreuves avec des pigments liés en une matière colorante épaisse à de la colle animale, mêlée de céruse et de craie. Il cherche à réinventer la fresque de la Renaissance et intitule sa technique « fresque portative ».

1804 : Début de Milton, un Poème (poème enluminé terminé vers 1808) et Jerusalem. 1805 : Commande d’aquarelles pour illustrer le poème de Robert Blair La Tombe : dont La mort du mauvais homme, long poème méditatif sur la mort devenu très populaire au début du XIXe siècle (acquise en 2006 par le Louvre).

<i>Hécate</i>, vers 1795
Hécate, vers 1795
estampe en couleurs rehaussée à l’aquarelle, Tate, © Tate, Great Britain
<i>La Pitié</i>, vers 1795
La Pitié, vers 1795
estampe en couleurs réhaussée à l’aquarelle, © Tate, Londres, 2008
<i>La Mort du mauvais homme fort</i>, 1805
La Mort du mauvais homme fort, 1805
plume, encre noire, aquarelle, musée du Louvre, don de la société des Amis du Louvre, 2006, © RMN/Thierry le Mage

Les vingt dernières années, Blake jouit d’une certaine reconnaissance. L’artiste John Linnell (1792-1837) sera un important soutien et commanditaire. Grâce à lui, Blake s’entourera de jeunes peintres, dont Samuel Palmer, George Richmond et Edward Calvert qui formeront le groupe « The Ancients » et considèreront Blake comme leur mentor. 12 août 1827 Blake meurt chez lui à Londres. Il est enterré comme il l’avait souhaité selon le rite anglican. John Constable se préoccupe du sort de Catherine Blake qui devient la gouvernante de Linnell. Elle meurt en 1831 après s’être attachée avec discernement à défendre l’œuvre de son mari. 1863 : La première biographie de William Blake, signée par Alexander Gilchrist, impose la réputation de Blake.

(Notes biographiques par Catherine de Bourgoing)

En savoir plus :

- Petit Palais : l’exposition sur William Blake a lieu du Du 2 avril au 28 juin 2009.

- Catalogue de l’exposition :






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