Ecrivains français en Italie : Julien Green, de l’Académie française (6)

avec Giovanni Dotoli, de l’Université de Bari
L’académicien Julien Green se rendit en Italie, chez ses soeurs, dès l’adolescence et c’est dans son "Journal du voyageur" que l’on peut lire l’essentiel de ses réflexions sur ce pays.


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Émission proposée par : Hélène Renard
Référence : HAB536
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Date de mise en ligne : 30 août 2009


Julien Green (1900-1998)
Julien Green (1900-1998)

C’est l’Italie et la relation qu’entretenait avec elle l’académicien Julien Green qui font le sujet de cette émission, animée par Giovanni Dotoli, professeur de langue et de littérature françaises à l’université de Bari, qui a consacré un livre aux voyageurs français en Italie, intitulé Le Jardin d’Italie paru aux éditions Honoré Champion en 2008.

Julien Green, -de son vrai nom Julian Hartridge- était né à Paris le 6 septembre 1900, de parents américains établis en France depuis le XIXe siècle. Il est le premier académicien américano-français, et, c’est à noter, n’a jamais acquis la nationalité française (bien que le Président Pompidou la lui ait proposée).

Très jeune, pendant la première guerre mondiale, il s’engage –il a donc 17 ans- comme ambulancier, du côté américain, puis en 1918, il est détaché dans l’artillerie française, démobilisé en 1919. A cette date, il se rend en Amérique, achève ses études à l’Université de Virginie. Et il revient à Paris, en 1922. Il commence à publier ses livres.

Le premier de ses ouvrages parait sous un pseudonyme (Théophile Delaporte) et s’intitule Pamphlet contre les catholiques de France… Arrive la seconde guerre mondiale, il est mobilisé en 1942, en Amérique. En 1945, il revient de nouveau à Paris.

Julien Green, avant d’être élu à l’Académie française, a été élu dans plusieurs prestigieuses académies européennes, à celle de Bavière, de Mayence, de Mannheim et à l’Académie royale de Belgique. L’Académie française, avant de le choisir comme l’un des siens, a couronné son œuvre littéraire de plusieurs prix dans les années 1970. D’autres pays l’ont également honorée.

A l’Académie française, il est élu le 3 juin 1971, succédant à François Mauriac, et reçu sous la Coupole par Pierre Gaxotte en novembre 1972.

Giovanni Dotoli nous apprend, en citant quelques passages du Journal du voyageur de Julien Green, que ce dernier a commencé à fréquenter l’Italie dès son adolescence et il avoue en être amoureux depuis l’âge de 16 ans, quand il se promenait seul dans les rues de Venise, puis à Rome et à Gênes. « L’Italie fait partie de ma jeunesse » écrit-il.

Il faut citer aussi son amour pour Bergame et pour Milan dont il aime la gastronomie. Chaque ville, en Italie, est une "petite capitale". En 1970, il se rend à Lucca, en Toscane. Puis à Rieti dans le Latium qu’il décrit comme un Eden : Le val s’est montré tout le long du jour dans une gloire dorée, même au plus chaud de l’après-midi il y avait une douceur qui enveloppait -non, qui sortait des choses. Les champs, les vergers, les petits bois respiraient cette atmosphère heureuse qui séduisait en son temps François d’Assise. Le bleu du ciel découpait les sommets neigeux, là-bas, dans les lointains, comme s’il fallait ces montagnes pour protéger cet Eden. Nous avons visité les villages sur les hauteurs et c’est dans les derniers rayons qui orangeaient les murailles que nous sommes entrés à Rieti.

A Todi, il constate : Les rues d’Italie sont des opéras. J’ai toujours été séduit par leur théâtre ; tout est en place, le décor, les voix, la façon que le peuple a de se placer, comme si l’espace appelait un groupe ou un seul personnage, en situation en quelque sorte, mais cela n’a rien à voir avec l’artificiel, les coulisses font partie de la scène, c’est l’instinct profond de l’homme, son sens de la comédie et du drame, si proches, si intimement mêlés, on pourrait dire conjoints, c’est la vie qui court ou s’arrête dans ces rues chères à mon coeur. (Journal du voyageur).

A Bergame, il est fasciné : En haut, dans la vieille ville, au détour de la rue étroite qui tourne en montant, une boutique nous lance au visage ses deux vitrines bourrées de brioches et de panettone de toutes sortes où brillent des morceaux de cédrat et de verte angélique, une décoration de petits pains étranges et de gâteaux meringués, un vrai retable baroque... (Journal du voyageur).

Pour aller plus loin :

Vous pouvez trouver des informations relatives à Julien Green, sur le site de l’Académie française ainsi que le texte de son discours de réception dans lequel il prononce l’éloge de François Mauriac

Ses œuvres complètes sont disponibles chez Gallimard. Le Journal d’un voyageur est publié aussi par Le Seuil (1990)

Vous pouvez écouter l’émission que Jean Roulet sur Canal Académie a consacré au roman Sud de Julien Green Hué de Pierre Loti et Sud de Julien Green, deux œuvres majeures rééditées .

Et que vous pouvez trouver sur Canal Académie, en tapant le mot clé Italie, l’émission que nous avons réalisée sur le livre Jardin d’Italie, à la recherche d’un art de vivre, de notre invité Jardin d’Italie, voyageurs français à la découverte de l’art de vivre. Ainsi que d’autres émissions sur d’autres écrivains voyageurs français en Italie :
- Ecrivains français en Italie (1) : Jean Cocteau, de l’Académie française
- Ecrivains français en Italie (2) : Paul Morand, de l’Académie française
- Ecrivains français en Italie : Albert Camus (3)
- Ecrivains français en Italie (4) : Chateaubriand, de l’Académie française






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