Visite de la Villa Médicis – L’Académie de France à Rome

Un privilège rare : découvrir ce lieu mythique de l’intérieur, reportage de Krista Leuck
Visite de la Villa Médicis à Rome en compagnie de Marc Bayard comme guide, historien de l’art et conteur. Profitez d’un site splendide comme si vous pouviez le contempler de vos yeux. Un privilège rare. Précieux cicérone, Marc Bayard nous dévoile également quelques secrets de ce lieu magique et de ses hôtes en nous faisant parcourir l’histoire de la Villa depuis la construction en 1576, par le Cardinal Ferdinand de Médicis, l’installation de l’Académie de France à Rome par Colbert en 1666, et ainsi jusqu’à nos jours.


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Émission proposée par : Krista Leuck
Référence : carr568
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Date de mise en ligne : 31 mai 2009
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Vue sur Rome à partir de la Villa Médicis
Vue sur Rome à partir de la Villa Médicis
© Villa Médicis

Depuis la récente nomination de Frédéric Mitterrand pour diriger l’Académie de France à Rome qui se situe dans cette prestigieuse Villa Médicis sur le Pincio surplombant la Ville éternelle, les relations avec l’Académie des Beaux Arts se sont resserrées. Canal Académie a eu la faveur et l’immense plaisir d’être conviée à une visite privée de cette célèbre et pourtant mystérieuse demeure et cette visite unique, elle est heureuse de l’offrir à ses auditeurs.

Un territoire « Entre Deux »

La visite commence sur la terrasse de la Villa Médicis d’où une vue prodigieuse sur l’ensemble du site saisit le visiteur privilégié, car cet endroit n’est ordinairement pas ouvert au public : Marc Bayard nous explique sa notion de « L’Entre Deux » :
Nous sommes dans un lieu totalement à part. La mythologie veut que la Villa Médicis soit construite sur le territoire du Pincio, la huitième colline de Rome qui n’est pas intégrée aux fameuses sept autres. La Villa n’est pas dans la ville, elle est au-dessus, bâtie sur un espace limitrophe, situé au niveau de la muraille aurélienne, Ni dans la ville ni à la campagne, donc, mais « entre deux ».
Cette notion de « l’entre deux » fait également référence aux deux façades de la Villa. Celle tournée vers la ville avec son aspect arrogant, militaire, martial, et la façade vénusienne, tournée vers les jardins, les plaisirs.

Villa du côté Trinité des Monts
Villa du côté Trinité des Monts
Façade extérieure 2- © Académie de France à Rome - Villa Medicis
Villa du côté jardins
Villa du côté jardins
© Villa Médicis

Même distinction entre les deux « bosci » : d’un côté le jardin en carré, « quadri », un lieu urbanitas réservé à l’homme courtois, l’homme amoureux, de l’autre côté le « bosco » sauvage, lieu de chasse, lieu de violence.
Cet « entre-deux » propose un équilibre entre le masculin et le féminin, témoignage d’une parfaite constitution de la nature humaine.

Jardin de la Villa Médicis
Jardin de la Villa Médicis
© Villa Médicis

La visite nous conduit devant un petit pavillon, le Studiolo, avec ses fresques murales et son plafond d’une rare beauté.
Elle servait au Cardinal Ferdinand de Médicis pour ses rencontres secrètes : deux petites salles dont l’une est dite « la chambre des oiseaux ». Une découverte tardive, il y a seulement une vingtaine d’années, quatre siècles plus tard donc, et une restauration d’une infinie délicatesse qui a duré presque deux ans.

© Canal Académie

Plus loin dans le parc, nous nous arrêtons devant un groupe de sculptures, des figures en plâtre blanc sortant de terre et protégées par une bâche. Il s’agit du groupe des « Niobides ». Marc Bayard nous raconte leur surprenante histoire…

Groupe des Niobides
Groupe des Niobides
© Canal Académie

Durant cette visite, Marc Bayard nous confie aussi quelques anecdotes amusantes sur le bonheur de vivre dans cette demeure. Pour les grandes familles italiennes, une « Villa » était un lieu de villégiature, un lieu de fête où l’on reçoit des artistes, une sorte de parnasse contemporain.
Il nous explique également la relation entre la Villa Médicis et le Palais Farnese qui abrite l’École Française de Rome ainsi que l’Ambassade de France.
Son récit nous fait l’historique de la Villa Médicis et de l’Académie de France à Rome, cette institution créée en 1666 par Louis XIV sous l’impulsion de Colbert.
En 1725 l’Académie de Rome prendra son siège au Palais Mancini. C’est la période rayonnante quand tout peintre qui voulait réussir socialement se devait de passer par l’Académie de France à Rome, celle des Boucher, Fragonard, David, plus tard Ingres.
Après 1803, autre période de gloire, l’Académie s’installe à la Villa Médicis. Ce lieu accueille d’autres illustres personnages candidats au Grand Prix de Rome, élargi aux architectes et musiciens, citons Berlioz, Debussy, Balthar et Carpeaux parmi tant d’autres.
L’année 1971 marque une troisième période importante. Sous André Malraux qui nomme Balthus comme directeur, l’Académie connaît une grande réforme et Balthus entreprend d’immenses travaux de restauration de l’édifice. Le Grand Prix de Rome est aboli, l’Académie n’est plus gérée par l’Institut, mais par le Ministère de la Culture et de la Communication.

Certains endroits emblématiques, tel l’atelier d’Ingres ou celui de Balthus, sont demeurés exclus de la visite car ils sont occupés par des pensionnaires qui y travaillent.
Soit dit en passant et contrairement à une certaine légende, on travaille dur à la Villa Médicis.
Ce n’est pas d’aujourd’hui que certains esprits contrariants ont voulu faire le procès à la Villa Médicis, sous prétexte « que ça coûte cher, que c’est une retraite pour des enfants gâtés qui ne font rien » polémique rappelé par Frédéric Mitterrand. À cela, Marc Bayard rétorque qu’une institution ayant des parrains aussi prestigieux que Louis XIV, Napoléon Ier et Malraux, mérite que l’on continue à la faire vivre.

Et l’actuel directeur souhaite donner un nouveau souffle à la vénérable institution en « ouvrant largement cette maison au public sans que cela ne devienne pour autant un « Luna Park ». (interview de Frédéric Mitterrand au « Monde », mars 2009).
D’ailleurs il précise dans le programme officiel de l’Académie de France à Rome : "La ligne générale de programmation pour les trois années à venir doit être fondée sur l’idée des résonances pouvant être créées entre les différentes disciplines, les différentes époques et les différents espaces de la Villa. "

En savoir plus :
- Villa Médicis
- Revue Studiolo

Écoutez également sur Canal Académie : L’Académie des beaux-arts et la Villa Médicis : une interview de Frédéric Mitterrand






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