Le Club

Découvrez le club Canal Académie et créez votre compte dès maintenant pour profiter des avantages, des exclusivités, des services...

Découvrir le Club

Billet d’Asie : Sago Lane, rue de la mort à Singapour

Par Françoise Thibaut, correspondant de l’Institut
Sago Lane, quartier chinois de Singapour, se transforme. Françoise Thibaut nous conte, dans ce billet en provenance de Singapour, l’évolution des Chinatowns des grandes Villes d’Asie à travers l’exemple des rues de la mort.


T�l�charger le fichier sur votre ordinateur
Références émission afficher

Référence : chr797
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/chr797.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida4462-Billet-d-Asie-Sago-Lane-rue-de-la-mort-a-Singapour.html
Date de mise en ligne : 6 septembre 2009
Sago Lane
Sago Lane

Les différentes Chinatowns des grandes villes ont tout ou partie rénovées, nettoyées, détruites puis reconstruites, avec de l’eau courante et de l’électricité. Ce faisant, les Rues de la mort ont disparu, du moins officiellement. Sago Lane Singapore remplissait cet office, jusqu’à ce qu’elle soit fermée par le gouvernement en 1961. Elle était mitoyenne de Sago Street, la rue des maisons de plaisir qui elles aussi déménagent.

Les rues de la mort étaient en grande partie constituées de maisons à un étage dans lesquelles ceux qui sentaient leur heure venue, se réfugiaient afin d’y passer leurs derniers moments, puis de vie à trépas ; on y amenait aussi ceux qui agonisaient dans la rue, les indigents, les personnes seules sans proches pour les accompagner vers la porte fatale. Tous ces mourants reposaient au premier étage où on leur administrait une bonne dose d’opium rendant la fin plus rapide et plus facile. Un succédané de centre de soins palliatifs, en quelque sorte. La pipe d’opium valait la seringue. Pendant cet ultime voyage, au rez-de-chaussée, on clouait le cercueil, on préparait la pompe et on prévenait fossoyeur et temple. Car il n’y avait pas que de pauvres coolies. Selon le prix payé, le rituel était plus ou moins recherché. Et les riches payaient pour les pauvres. Tout cela a disparu, par sens moderne de la décence, et surtout pour raison sanitaire, car il n’y avait rien de mieux pour propager des épidémies.

Chaque quartier de grande ville avait sa rue ainsi vouée au voyage le plus périlleux. Néanmoins, ces rues restent les lieux des commerces où l’on trouve toujours les bâtonnets funéraires, les bougies, les vêtements blancs, les images symboliques assemblés en rouleaux dans de joyeuses vitrines, ainsi que les fameux billets de banques chamarrés assortis de sommes folles, qui assureront au défunt confort et plaisir dans l’au-delà. Maintenant les cartes de crédits factices sont également autorisées par les banquiers du paradis.

- A écouter également dans la même rubrique :
- Billet d’Asie : frénésie de travaux à Kuala Lumpur, Shanghaï, Singapour...,
- Billet d’Asie : Scènes de rue à Singapour ,
- Bornéo, l’île à la faune et la flore exceptionnelles
- Billet d’Asie : Le Japon, modèle d’influence
- Billet d’Asie : Malacca, nimbée de mystère, d’histoire et de nostalgie
- Billet d’Asie : Quand le pyjama était signe de richesse à Shanghai !






© Canal Académie - Tous droits rééservés

Notez cette émission :

Commentaires