Pierre-Jean Rémy, de l’Académie française, publié et récompensé en Chine : entretien avec la traductrice Liu Yan

La Littérature étrangère pour les lecteurs chinois
Liu Yan a traduit en chinois le roman de Pierre-Jean Rémy de l’Académie française, Le plus grand peintre français vivant est mort, qui a reçu en 2008, à Pékin, le prix du meilleur roman étranger. Découvrez ce qui séduit les lecteurs chinois dans la littérature française d’hier et d’aujourd’hui, et ce qui ravit la jeune traductrice dans l’exercice de son travail entre interprétation, restitution et écriture.


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : FOC532
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Date de mise en ligne : 17 mai 2009


Liu Yan à Canal Académie, le 28 avril 2009
Liu Yan à Canal Académie, le 28 avril 2009
© Canal Académie

Depuis 2002, des universitaires chinois, principalement membres de l’Académie des sciences sociales en Chine et de l’Université de Pékin distinguent les Meilleurs Romans étrangers du XXIe siècle. Ce prix est devenu au fil des ans, un événement régulièrement attendu en Chine.

Le jury composé d’universitaires chinois spécialisés en littérature étrangère et d’un spécialiste de littérature française a en 2008, récompensé le romancier français Pierre-Jean Rémy pour Le Plus grand peintre vivant est mort, ainsi que le romancier australien Alex Miller pour Landscape of Farewell, l’Anglais Russell Celyn Jones, le Prix Nobel de littérature le Japonais Kenzaburo Oe, l’Espagnol Luis Leante, l’Irlandaise Karen Ardiff, l’Allemande Julia Franck et l’américain Joshua Ferris. Des écrivains très confirmés comme de jeunes talents sont ainsi récompensés. Parmi les auteurs français distingués les années précédentes : Pierrette Fleutiaux, Marc Dugain, Patrick Modiano, Franz-Olivier Giesbert, Pierre Péju et Jean-Marie G. Le Clézio.

Liu Yan, la traductrice de l’ouvrage de Pierre-Jean Rémy Le Plus grand peintre vivant est mort, parle de l’impact du prix des Meilleurs Romans étrangers du XXIe siècle en Chine et de l’accueil de la littérature française dans son pays.

En 1895 La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas (1848) est le premier roman français traduit en Chine par un traducteur, également écrivain, qui ignorait le français. Il a donc écrit pour la circonstance, en prose rythmée chinoise, une histoire d’amour similaire, à une époque où les mariages arrangés étaient la norme en Chine. Le succès est immédiat et durable. Ce nouveau genre littéraire fut ensuite baptisé l’École des papillons et des canards mandarins et désigne des histoires d’amour tristes qui finissent toujours mal. Parmi les auteurs français les plus appréciés en Chine, Stendhal l’emporte depuis longtemps, avec Le Rouge et le Noir dont il existe au moins une douzaine de versions. À ces auteurs classiques, il convient d’ajouter Rousseau, Balzac et Victor Hugo et, Voltaire et Romain Rolland traduits par Fu Lei (1908-1966).

Parmi les écrivains contemporains chers aux lecteurs chinois, Liu Yan cite Le Clézio, Patrick Modiano, Marc Lévy et Amélie Nothomb qui connaissent en Chine, un succès similaire à leur renommée en France. Ils contribuent à nourrir l’image plutôt positive dont bénéficie la littérature française en Chine depuis longtemps.

Liu Yan venait de lire une biographie du peintre Balthus lorsqu’elle s’est attelée à la traduction du livre Le Plus grand peintre vivant est mort : un travail difficile par le foisonnement des personnages et la richesse du contexte culturel européen des années évoquées.

L’imagination de Pierre-Jean Rémy retrace la vie de l’enfant, du jeune homme et du peintre que fut Balthus à travers le personnage de Matheus tout en commençant par l’enterrement de l’artiste à Cheylade, dans un paysage d’Auvergne qu’il connaît bien.

Liu Yan a effectué un important travail de recherche sur le contexte culturel européen du XXe siècle pour traduire l’ouvrage dont elle donne un bref aperçu au cours de cet entretien : Rilke qui connut Balthus, est devenu, sous la plume de Pierre-Jean Rémy le personnage de Martin Aschenbach. Mathias Wolkinski est en fait le frère de Balthus, Pierre Klossowski ; Geoges Ravanel est Georges Bataille et Jean-Georges Javon, Pierre Jean Jouve. Elle explique l’impossible traduction d’un jeu de mot de Pierre-Jean Rémy, à propos de de L’histoire du deuil, un des livres de Ravanel, évoqué au moment des seize ans du héros Matheus-Balthus, qui n’est autre que L’histoire de l’œil, de Georges Bataille. Elle parle des écrivains chinois qu’aime lire Pierre-Jean Rémy et raconte avec malice une anecdote à propos du nom chinois de Pierre-Jean Rémy « Le Chant de la grue sur le peuplier ».

En savoir plus

- Pierre-Jean Rémy, Le plus grand peintre vivant est mort, Seuil 2007
- Tie Ning, La douzième nuit, Nouvelles traduites du chinois et annotées par Prune Cornet en collaboration avec Liu Yan, Bleue de Chine 2004 pour la traduction française, Éditeur original Xinshijie, 1999.

- Pierre-Jean Rémy de l’Académie française

- Balthus, moments partagés sur Canal Académie

- Base de données des livres français traduits en chinois : la base Fu Lei

Edition chinoise du livre de Pierre-Jean Rémy,<i> Le plus grand peintre français vivant est mort </i>
Edition chinoise du livre de Pierre-Jean Rémy, Le plus grand peintre français vivant est mort





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