Un objet d’art : La commode du duc de Choiseul

Par Bertrand Galimard Flavigny
Les commodes estampillées François Garnier sont rares. Raison de plus pour se pencher sur celle du duc Etienne de Choiseul, ministre de Louis XV, qui en appréciait la laque et les décors en bronze ciselé et doré. Cette pièce d’exception est présentée par Bertrand Galimard Flavigny qui commence par rappeler l’histoire de la maison Choiseul.


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Émission proposée par : Bertrand Galimard Flavigny
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Date de mise en ligne : 17 mai 2009

Si l’on considère l’histoire de la maison Choiseul, elle apparaît comme prestigieuse. D’extraction chevaleresque, et maison féodale, elle se distingue, dès l’origine, par une alliance royale, puisque Raynard ou Raynier de Choiseul, mort en1239, épousa en 1215, Alix de Dreux, morte en 1259. Elle était la fille de Robert II, comte de Dreux, petit-fils du roi de France, Louis VI le Gros. Il y eut plusieurs branches, celle que l’on connaît davantage, en ignorant son nom, est celle des Beaupré à laquelle appartint Etienne de Choiseul (1719-1785), le ministre des Affaires Etrangères de Louis XV. Comte de Stainville, il fut crée duc et pair de France en 1758, mais son titre s’éteignit avec lui. Venant de Lorraine, le futur ministre, fut d’abord officier, puis ambassadeur à Rome et à Vienne. En 1758, il fut nommé secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et reçut ensuite les portefeuilles de la Guerre et de la Marine. Adversaire de l’Angleterre, il prit en main la politique maritime de la France. Louis XV le jugeant trop faible avec les parlementaires, le remercia en 1770. Son mariage avec la fille du riche financier Crozat, lui permit de vivre dans le luxe et de donner des réceptions fastueuses.

On connaît de lui un portrait (h/t, 81,1 x 64,9 cm) de l’atelier de Louis-Michel Van Loo (Toulon 1707 - 1771 Paris). Il s’agit d’une reprise d’atelier, dérivé d’une gravure de Fessard. Il en existe plusieurs versions autographes parmi lesquelles une, de format différent, conservée à Versailles. Celui-ci provient de la succession de la princesse de Faucigny - Lucinge, née Choiseul- Gauffier.

Une commode d’époque Louis XV, vers 1750, (haut. 87 cm - Long. : 131 cm - Prof. : 63 cm) provenant, sans doute, du pavillon de chasse du duc de Choiseul, a été adjugée 28.000 €, à Neuilly/seine, le mardi 20 juin 2006 par la svv Aguttes. Ce meuble estampillé par F. Garnier et JME, est galbé, et laqué, à la manière européenne et chinoise, à décor sur des fonds noirs et or. Dans une réserve, une coupe présente des ustensiles, un vase fleuri et feuillagé animé de papillons et de branchages ; sur les côtés des branches sont animées d’oiseaux ; les encadrements sont de quartefeuilles ; elle ouvre par deux tiroirs sans traverse ; les montants et pieds sont cambrés. Il est pourvu d’ornements de bronze ciselé et doré à décor feuillagé aux chutes, sabots et cul-de-lampe (rapportés). Le plateau est en marbre brèche d’Alep.

Selon l’expert Guillaume Dillée, la production de François Garnier peut être rapprochée de celles des ébénistes Pierre Migeon, Jacques Dubois et Matthieu Criaerd. Néanmoins trop peu de meubles de cet ébéniste sont répertoriés, ce qui ne permet pas d’avoir une vision globale de son œuvre. Cependant, nous connaissons quelques commodes en marqueterie, qui offrent toutes un décor de bronzes rocailles particulièrement intéressant, notamment celle provenant de l’ancienne collection du docteur Anton C.R. Dreesmann, une seconde passée en vente chez Sotheby’s à Londres le 13 décembre 2000 et une troisième provenant des collections de la comtesse de Craven, vendue par Tajan, le 17 juin 1997 ; enfin un dernier meuble dont les bronzes sont proches de certaines commodes de Criaerd.

Dans le domaine des laques, les commodes de François Garnier sont encore plus rares et présentent toutes une diversité et une qualité propres aux ébénistes travaillant avec certains grands marchands-merciers parisiens, il faut comprendre des marchands d’objets de luxe. La tradition familiale attache à cette commode une provenance prestigieuse au XVIIIe siècle, puisqu’elle aurait donc figuré dans la collection du duc de Choiseul-Stainville. Ce haut personnage appréciait tout particulièrement les meubles en laque. Si les recherches actuelles n’ont pas permis de localiser ce meuble aux châteaux de Chanteloup ou d’Amboise, lieux où le ministre avait probablement l’habitude de chasser, il faut mentionner cependant qu’une commode galbée en laque est illustrée par van Blarenberghe sur une tabatière conservée au Musée du Louvre représentant une vue intérieure de l’hôtel Choiseul à Paris, preuve que le duc savait s’entourer de meubles de styles différents.


- Les cotes ont été relevées sur le site www.auction.fr

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