La passion de la presse

avec Jean Miot
La presse, celle des journaux quotidiens, a connu heurs et malheurs qui sont ici racontés, comme autant d’histoires, par l’un des meilleurs connaisseurs, Jean Miot, ancien directeur au Figaro et à l’AFP. Son livre la Passion de la presse se penche aussi sur les raisons de la crise.


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Émission proposée par : Hélène Renard
Référence : pag564
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Date de mise en ligne : 8 février 2009

Jean Miot a commencé dans la presse très jeune, à 16 ans, dans le journal de son terroir "l’Eclair du Berry". Puis sa carrière l’a conduit à exercer presque tous les métiers de la presse, imprimeur, journaliste, fournisseur, diffuseur... bref, un parcours où rien de ce qui touche à ce domaine ne lui demeure étranger.

Quand il emploie le mot « passion », pour le titre de son livre, il l’entend à la fois comme un amour et comme une souffrance. Parce que la presse souffre. Du moins, comme il le précise, la presse des journaux quotidiens (la France "se traîne" au 29 ème rang dans le monde), tandis que la presse des magazines, elle, se porte très bien (1ère place mondiale).

Que ne lui est-il pas arrivé à cette pauvre presse française ! Si l’on en croit les titres des chapitres de ce livre, la presse a été, au fil de l’histoire : tondue et spoliée (entre 1944 et 47) ; ensanglantée ; en état de péché mortel ; bâillonnée ; livrée en ballon ! ; déchirée ; imprimée au fond des tranchées. Elle a explosé, a été soumise à la propagande, elle s’est quelquefois émancipée, s’est emparé de la liberté, a connu des heures de gloire, est devenue populaire, est re-née de ses cendres, a connu l’âge d’or, est redevenue muette, a été pourrie ou nourrie, par les affaires, a sauvé l’honneur, a perdu sa suprématie, a été réinventée, bref… la presse, c’est vraiment toute une histoire ! une histoire à rebondissements, une histoire avec ses hauts et ses bas… que Jean Miot adore raconter.

On sent, à le lire, qu’il se régale -lui, le chroniqueur gastronomique- de cette galerie de portraits inouïe ! On y croise des centaines de personnages tous plus pittoresques les uns que les autres et, dans cette émission, il ne manque pas d’en évoquer plusieurs : Théphraste Renaudot, Emile de Girardin, Moïse Millaud, Calmette (assassiné par Madame Caillaux), et tant d’autres. Jean Miot s’attarde notamment sur la figure d’Emile de Girardin : "il avait tout inventé avant tout le monde ! " : il découpait dans les journaux étrangers les meilleurs passages pour son journal intitulé "Le Voleur", inventant ainsi la formule adoptée aujourd’hui par Le Courrier international ; il avait créé "La Presse" qu’il vendait deux fois moins cher que les autres parce qu’il y avait introduit la publicité ; il avait inventé aussi les abonnements avec prime (à l’époque, des mandarines !). Bref, l’un des personnages les plus importants de l’histoire de la presse.

Responsables et coupables ?

Ce livre se penche aussi sur la désaffection dont la presse est l’objet, et Jean Miot pointe 4 coupables : la finance (la sous-capitalisation de la presse qui date de la guerre), les patrons (qui ont oublié qu’un journal n’est pas une entreprise de publicité), le syndicat CGT du livre (qui a freiné toute modernisation) et les journalistes (qui ont trop tendance à écrire leur journal).

Les récents Etats généraux de la presse qui se sont tenus début janvier 2009, ont alerté sur la situation de la presse. Pour Jean Miot, elle traverse une période de profonde mutation dû au big-bang d’Internet mais toutefois, il ne considère pas qu’Internet soit un danger pour l’écrit, bien au contraire : "l’écran sauvera l’écrit", voilà son théorème.

Pour terminer cette émission, Jean Miot évoque deux hommes de la presse, deux de ses amis, Christian Bailly (avec lequel il avait formé le projet d’un musée de la presse) et Louis Pauwels, grand journaliste, créateur du Figaro Magazine, membre de l’Académie des beaux-arts. Jean Miot est d’ailleurs président du jury du Prix Louis Pauwels (où il a succédé à Henri Amouroux).

L’ouvrage la Passion de la presse est paru fin 2008 aux éditions du Rocher.






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