Le fou de la diagonale, Claude Parent, architecte

avec Béatrice Simonot, auteur d’un livre sur Claude Parent, de l’Académie des beaux-arts
Béatrice Simonot a décrypté les tribulations de l’architecte Claude Parent, jugé, au cours de sa carrière bien souvent trop en avance, ou trop vieux, mais toujours "trop". Dans son ouvrage Le fou de la diagonale, Claude Parent, architecte, elle livre le récit d’un homme qu’elle a longuement écouté, un architecte à la recherche de l’exception qui a navigué dans la mouvance des courants de pensée de son siècle, sans idée préconçue, par passion de la création.


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : PAG559
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Date de mise en ligne : 1er février 2009


Béatrice Simonot, 8 janvier 2008 à Canal Académie
Béatrice Simonot, 8 janvier 2008 à Canal Académie
© Canal Académie

Béatrice Simonot, docteur en psychosociologie, fut professeur à l’École d’architecture de Normandie de 1970 à 1998. Elle se consacre dorénavant à l’écriture et signe chez Actes Sud, un portrait de l’architecte Claude Parent, membre de l’Institut, Académie des beaux-arts, depuis 2005 : Le fou de la diagonale, Claude Parent, architecte.

Claude Parent

Un parcours en dents de scie qui lui vaut aujourd’hui une reconnaissance affirmée de part le monde : oblique oblige !

Claude Parent lui a ouvert sa mémoire et ses archives personnelles. De leurs longs entretiens est né cet ouvrage qui n’est pas un livre d’architecture mais un récit mêlé de la vie personnelle et professionnelle de Claude Parent qui avait signé en 1975, une autobiographie qu’il jugeait trop lisse. À 85 ans, celui qu’on surnomma « l’architecte de l’oblique » et qui avait défrayé la chronique par ses prises de position dans les débats architecturaux et son regard sur la société, souhaitait le regard d’un tiers sur son parcours et son œuvre.

Claude Parent a oscillé entre les arts et l’architecture, entre la bienséance et la provocation, entre les civilités et le refus du convenu, entre l’ostracisme et les honneurs : « l’entre-deux est son élément » explique Béatrice Simonot. Il en a fait une force dans les combats qu’il a menés et les défis qu’il s’est imposés. "Starisé" en son temps, parfois ostracisé puis oublié, l’architecte Claude Parent a connu bien des tribulations. Pourtant, ses réalisations architecturales sont, pour certaines classées monuments historiques. L’architecture est son cheval de bataille quelques soient les circonstances par identité, esprit d’indépendance et goût de la différence.

Il a créé son agence en 1953 avec Ionel Schein mais ne fut inscrit à l’ordre des architectes qu’à partir de 1966. Au cours de ses « itinéraires partagés », selon la formule de Béatrice Simonot, il a croisé la route et le fer avec André Bloc, Paul Virilio. D’autres ont croisé la sienne, tel Jean Nouvel, étudiant qui fait ses premières armes chez Parent. L’avant-propos qu’il a signé pour cet ouvrage, bref mais savoureux dit beaucoup de "leur entre-deux". Béatrice Simonot rapporte l’histoire des relations de Parent avec ses associés, ses compagnons de route, ses amis et sa famille.
Claude Parent s’est forgé une identité architecturale audacieuse, centrée sur l’effort, la protection, la mise en jeu, l’inattendu, le basculement. La forme, l’esthétisme et le confort en architecture, comptent peu pour lui, s’ils ne sont pas soumis aux critères et aux valeurs qu’il a fait siens.

Claude Parent a également beaucoup écrit : des essais, des articles dans des revues spécialisées d’architecture qu’elle évoque dans l’émission. Pour saisir l’œuvre et la pensée architecturale de Claude Parent, l’homme et son parcours, il y a les projets réalisés, les concours perdus, que Béatrice Simonot a réunis dans des chapitres judicieusement illustrés de documents, de photographies, de plans et de dessins.

Extrait :
« Avec l’oblique, il propose une organisation dynamique de l’espace impliquant la nécessité d’un parcours ascensionnel obligeant au déplacement, générant les retrouvailles, provocant la rencontre, rendant effective la communication. Pour parent, l’oblique est un outil plus que la forme symbolique d’une architecture en devenir dont l’objectif serait de déséquilibrer le système pour, à terme, aboutir à l’émergence d’une société nouvelle. »

Aujourd’hui, ses recherches s’inscrivent, à travers le dessin, dans le prolongement de la théorie de l’oblique et concernent la ville future.

Béatrice Simonot et Claude Parent
Béatrice Simonot et Claude Parent

En savoir plus
Sur Canal Académie, retrouvez Claude Parent, portrait et entretiens :
- Claude Parent, l’architecte de l’oblique
- Le Grand Prix d’Architecture 2008 de l’Académie des beaux-arts
- Réception de Claude Parent
- Dessine-moi les droits de l’enfant ! Une exposition sous le parrainage de Jean Nouvel et Claude Parent

- Claude Parent, est membre de l’Académie des beaux-arts depuis 2005

Principales réalisations :
- Sainte Bernadette du Banlay, Nevers, 1966, avec Virilio ; classée monument historique
- Centre commercial GEM à sens, 1970
- Aménagement de l’appartement d’André Bellaguet, Neuilly, 1970
- Aménagement du Pavillon français de la Biennale d’art de Venise, 1970
- usine Thompson à Villacoublay, 1971, avec Virilio
- Aménagement de son propre appartement, Neuilly, 1974
- Roissypôle, 1995
- Hôtel de ville de Lillebonne (1993-1998) De 1974 à 1984, il a dirigé le Collège des architectes du nucléaire.






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