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Deux Bouquins : d’Ormesson et Clemenceau

Deux styles, deux académiciens de l’Académie française, deux plaisirs de relecture !
Découvrez deux volumes de la fameuse collection "Bouquins", celui de Jean d’Ormesson intitulé La vie ne suffit pas et celui de la correspondance de Georges Clemenceau.


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Émission proposée par : Fernand Guiot , Hélène Renard
Référence : VOI513
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/voi513.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida3917-Deux-Bouquins-d-Ormesson-et-Clemenceau.html
Date de mise en ligne : 18 janvier 2009

Dans cette rubrique vous sont présentés deux volumes de la fameuse collection Bouquins, créée par Guy Schoeller et dirigée aujourd’hui par Daniel Rondeau, publiée par les éditions Robert Laffont.

Le premier est consacré à Jean d’Ormesson : cinq de ses œuvres, seulement, sur une trentaine, sont regroupées dans cet unique volume. C’est une bonne idée parce que les œuvres réunies sont de genres différents et donnent ainsi une large palette des talents de l’écrivain et de ses styles d’écriture. Disons que ce volume pourrait servir d’excellente introduction ou d’initiation à l’œuvre de d’Ormesson, au cas où, incertain il est vrai, on ne l’aurait pas encore lu…

Du côté de chez Jean

Ce volume propose

- un essai ou un récit, « du côté de chez Jean », écrit dans sa jeunesse, en 1959 (Jean d’Ormesson est né en 1925, il avait donc à l’époque 34 ans)
- trois études littéraires qui constituent en vérité le cœur de ce volume : le célèbre Mon dernier rêve sera pour vous, biographie sentimentale de Chateaubriand, paru en 1982. Le non moins célèbre Et toi mon cœur pourquoi bats-tu ?, qui, selon l’auteur, n’est pas une anthologie de la poésie française, mais plutôt un recueil de ses coups de cœur pour les poètes, paru en 2003. Et les deux tomes de son Autre histoire de la littérature française qui datent de 1997 et 1998 et qui dépoussièrent tant d’auteurs classiques pour nous aider à retrouver le plaisir de les lire.
- Et enfin un roman, il en fallait au moins un : Voyez comme on danse, paru en 2001, qui trace le portrait d’un homme, (il était égyptien nous apprend d’Ormesson, et « il jetait autour de lui une lumière du matin » … )

Pour le plaisir, uniquement !

Ce Bouquin, 1344 pages ! s’intitule La vie ne suffit pas, œuvres choisies de Jean d’Ormesson. Il est préfacé par l’auteur qui s’explique sur le choix de ces textes. D’abord sur sa passion pour Chateaubriand, qu’il dit avoir suivi pas à pas durant quelque quatre-vingts ans, ceux de son héros et les siens maintenant ! Et puis sur tous les auteurs qu’il aime, en suivant un seul principe, le plaisir, « au cœur de toutes les œuvres ». Faut-il rappeler sa phrase : « J’ai toujours soutenu que la littérature n’était ni un devoir, ni une corvée, ni une pédanterie laborieuse, mais un plaisir. Aussi haut qu’on voudra, aussi profond qu’on pourra, mais d’abord un plaisir. »

Canal Académie vous offre dans cette émission la lecture de quelques passages de Du côté de chez Jean. Une phrase par ci, par là, mais quelques phrases tout de même, justement parce qu’elles sont réjouissantes ! Rappelons qu’il s’agit d’un livre de jeunesse dans lequel d’Ormesson passe en revue plusieurs thèmes. Il ne raconte pas sa vie, mais peut-être un désir, celui de choquer, de scandaliser, de se montrer cynique, mais certainement aussi celui de séduire, d’être admiré et d’être aimé !

- La première lecture est tirée du premier chapitre intitulé « De ma bêtise » et le ton est donné !
- La deuxième lecture : « Ma stupidité m’atterre..."
- Après la chapitre 2 qui relate son refus de tout système, le troisième chapitre s’intitule « du désordre et de la révolte » : « j’étouffais dans le désordre…
- Au quatrième chapitre, il aborde le « refus de penser » : « incapable de rien faire de moi-même…
- Il passe ensuite à l’indépendance : « Approchez-vous, écoutez...
- Le chapitre 6 parle de la contradiction : « le nombre de romans et de pièces…
- Et le septième évoque l’argent. Puis viendront le sommeil, la paresse, l’ambition et la gloire, l’amour bien sûr, l’ennui et bien d’autres thèmes.

Ce Bouquin La vie ne suffit pas est donc, vous l’avez compris, un plaisir, de lire ou de relire Jean d’Ormesson, de partager avec lui ses passions, ses amitiés, ses enchantements, ses commentaires, ses souvenirs. Rappelons que Jean d’Ormesson fut élu à l’AF en 1973 au fauteuil de Jules Romains.

L’univers personnel de Clemenceau

L’autre Bouquin présenté dans cette émission est celui de la correspondance de Georges Clemenceau (de 1858 à 1929). C’est une édition établie et annotée en partenariat avec la bibliothèque nationale de France, par Sylvie Brodziak, maître de conférences de littérature française à l’université de Cergy-Pontoise et Jean-Noël Jeanneney, ancien ministre, qui fut président de Radio France et de cette même bibliothèque nationale.

Cette correspondance nous fait découvrir le côté intime d’un homme public dont le rôle dans l’histoire du Second Empire jusqu’à la Victoire de 1918, a été capital, comme on le sait. Ici, les lettres reproduites (mille trois cent, et pour une grande part inédites) nous font entrer dans l’univers personnel, familial, amical et amoureux de Clemenceau, dans son intimité intellectuelle et affective. Elles n’évoquent pas, ou très peu, les grands événements de l’histoire auxquels il a participé mais éclaire sa personnalité, et notamment son sens de l’amitié.

On lit avec émotion ses lettres adressées à Marguerite Baldenspserger. Il fait sa connaissance en 1923. Elle a quarante ans de moins que lui. Et un jour, remarquant qu’elle porte le deuil, il apprend qu’elle a perdu sa fille. Alors Clemenceau lui déclare :

« Je vais beaucoup penser à vous ; il faut reprendre le goût de la vie. Il faut lutter, je vous aiderai. Mettez votre main dans la mienne. Voilà, je vous aiderai à vivre et vous m’aiderez à mourir. Tel est notre pacte, embrassons-nous. »

Ils vont s’écrire au moins une fois par jour. Près de 668 lettres de Clemenceau nous sont ainsi parvenues, preuve de cette amitié d’exception.

L’autre ami, Claude Monet

C’est l’un des mérites de ce Bouquin que de nous permettre de suivre, presque au jour le jour, l’attention que Clemenceau portait à Monet qui avait peur de devenir aveugle, une attention affectueuse, fidèle, réconfortante, chaleureuse mais grondeuse aussi quand il le faut. Et compétente puisque, rappelons-le, Clemenceau était médecin.

L’émission vous offre la lecture de trois lettres extraites de la centaine qu’il adressa à l’artiste.
- la première est datée de Saint Vincent sur Jard, (en Vendée) en mai 1922.
- La deuxième est datée de Paris, le 1er mars 1924 ; deux ans plus tard donc.
- et la troisième est la dernière que Clemenceau écrira à Monet. Elle est datée de St Vincent sur Jard le 21 septembre 1926 ; Monet mourra le 5 décembre de cette année-là.

Le Tigre, le tombeur de ministères, le père la Victoire, toutes ces appellations qui ont collé à son image d’homme énergique, - ce qu’il était incontestablement- ont caché souvent l’autre aspect de l’homme, sa sensibilité, sa complexité. Et cette correspondance nous le restitue.

Clemenceau, épistolier de haut vol, fut élu à l’Académie française, au fateuil d’Emile Faguet, en 1918, il avait donc 77 ans. Et l’histoire raconte que durant les 11 années où il fut académicien, il ne siégea jamais sous la Coupole de peur d’y rencontrer son bon ennemi Raymond Poincaré !

Cependant, cette élection, ne serait-ce que sur le plan littéraire, était tout à fait justifiée tant il fait preuve d’un évident talent d’écriture. D’abord il fut longtemps journaliste, adepte du texte incisif, et à plusieurs reprises, il a exprimé son goût du mot juste, de la syntaxe héritée du latin et du grec, son amour de la littérature et de la langue françaises. Clemenceau est un véritable écrivain, trop méconnu et ce "Bouquin" entre-ouvre la porte de son œuvre littéraire par le biais de la correspondance.

Quant au « portrait d’un homme libre », dressé par Jean-Noël Jeanneney, c’est un modèle du genre, un vrai régal de clarté, d’objectivité où la sympathie se montre sans complaisance. En cinquante pages, on a tout compris, on a saisi l’essentiel, on a découvert l’homme dans son temps, et dieu sait si ce temps fut bousculé, et l’homme dans ses engagements.

Le comédien Fernand Guiot a assuré les lectures de cette émission.

Consulter le site de l’Académie française :
- http://www.academie-francaise.fr/immortels/index.html

Canal Académie a également lu pour vous :

Clemenceau, le combattant, biographie établie par Samuël Tomei, paru dans la collection "Tribuns" aux éditions La Documentation française, en partenariat avec l’Assemblée nationale. Cette biographie, succinte (113 pages), permet néanmoins de suivre les grandes étapes de la carrière de G. Clemenceau.

On peut consulter le site www.ladocumentationfrancaise.fr






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