Les mots des religions : protestantisme, Calvin et la Réforme

Avec le pasteur Claudette Marquet et Virginia Crespeau
Calvin est l’un des principaux théologiens français du protestantisme. Il est l’instigateur du calvinisme et reste, avec Martin Luther, l’un des initiateurs de la Réforme protestante. En cette année 2009, à l’occasion du cinq centième anniversaire de sa naissance, le pasteur Claudette Marquet, reçue parVirginia Crespeau, nous résume son parcours et l’histoire de cette religion.


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Émission proposée par : Virginia Crespeau
Référence : TOR511
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Date de mise en ligne : 1er mars 2009

Jean Cauvin, dit Calvin (Noyon, Picardie, 10 juillet 1509 - Genève, 27 mai 1564), est l’un des principaux théologiens français du protestantisme - ou encore, de la « Réforme ».

Jean Calvin (1509-1564)
Jean Calvin (1509-1564)

Il est l’instigateur du calvinisme Il est, avec Martin Luther, l’un des initiateurs de la Réforme protestante, en opposition à certains dogmes et rites de l’Église catholique romaine. Il développe une doctrine relativement différente de celle de Luther, doctrine qu’il expose dans son Institution de la religion chrétienne, mais c’est surtout par la pratique du culte que le calvinisme se distingue du luthéranisme. On considère généralement la doctrine de Calvin comme un développement de celle de Luther.

D’abord destiné à une carrière de juriste, s’étant lié avec plusieurs partisans de Martin Luther, il embrassera bientôt les principes de la Réforme pour ensuite, vers 1531, se convertir et développer les théories de la Réforme, commençant dès 1532 à les propager dans Paris. En 1534, suite à l’affaire des Placards et aux persécutions menées contre les protestants français (aussi appelés huguenots),il se réfugie près d’Angoulême sous le nom de Charles d’Espeville, auprès de son ami le chanoine Louis du Tillet, curé de Claix, puis à Nérac auprès de Marguerite de Navarre, qui favorise les protestants. Il s’exilera à Ferrare, Strasbourg, et Bâle, où il publie, en mars 1536, l’Institution de la religion chrétienne, qui contient l’essentiel de ses idées sur la loi, la foi, la prédication, les sacrements et les rapports entre les chrétiens et l’autorité civile. Il s’agit d’un exposé de la doctrine des novateurs, qu’il traduit lui-même en français, et qui devient comme le catéchisme des Réformes de France.

Deux sacrements seulement

L’un des changements majeurs introduits par lui a trait aux sacrements : il n’en reconnaît plus que deux - le baptême et la communion. Les pasteurs sont désormais élus par les fidèles, et chacune des églises calvinistes est dirigée spirituellement par un conseil élu. Ce livre aura un retentissement immense. En 1536, il vit à Genève où il a été nommé professeur de théologie, et où la Réforme vient d’être adoptée. Il y joue un rôle à la fois religieux et politique. C’est Guillaume Farel qui est à l’origine de l’Église réformée de Genève ; toutefois, c’est Calvin qui la dirige. Deux ans après, il est banni de cette ville, pour cause de rigorisme excessif. Il se retire alors à Strasbourg, où, dès le mois d’avril 1538, il propage les nouvelles doctrines.

En septembre 1541, Calvin est rappelé à Genève.

Il participe à la mise en place d’une république calviniste dans la ville. À partir de cette époque, il devient très influent dans la ville : aussi ses adversaires le surnomment-ils le pape de Genève. Il fait adopter par le conseil ses articles de foi, ainsi que ses ordonnances sur la discipline ecclésiastique ; il réforme les mœurs aussi bien que les croyances. Même s’il s’oppose à la condamnation au bûcher (par le Conseil de la ville) de Michel Servet, il en est la cause directe en l’ayant dénoncé et en ayant combattu ouvertement sa doctrine opposée à la Trinité (27 octobre 1553). En 1559, il fonde l’Académie de Genève, dont il confie le rectorat à Théodore de Bèze.

Calvin se distinguait de Luther par une réformation plus radicale, proscrivant tout culte postérieur et toute hiérarchie, ne reconnaissant pas plus le caractère d’évêque et de prêtre que celui de pape, rejetant la messe, le dogme de la présence réelle, l’invocation des saints, etc. ; il enseignait la prédestination absolue des élus et des damnés, ne laissant au libre arbitre qu’une place bien moindre. Il était évident pour tous les réformateurs que c’était la Bible qui devait avoir la première place, et qu’elle devait être diffusée à grande échelle et être accessible au plus grand nombre - ce qui favorisera l’alphabétisation des pays protestants.

Guillaume Farel (1489-1565)
Guillaume Farel (1489-1565)

Guillaume Farel (1489-1565) Farel est le réformateur du pays romand (Suisse de langue française) et en particulier de Neuchâtel. Il est à la fois un prédicateur, un organisateur et l’auteur d’une liturgie en français. Guillaume Farel naît à Gap (Dauphiné) d’une famille noble, fait des études à Paris, où il rencontre le savant humaniste Lefèvre d’Étaples. Il enseigne la grammaire et la philosophie. Il fait partie du Cénacle de Meaux qui, institué par l’évêque Briçonnet, propose de réformer l’Église depuis l’intérieur. Il rompt alors avec le catholicisme dès 1521. Il subit l’influence de Zwingli et diffuse la Réforme à Bâle, Strasbourg, Berne et enfin Neuchâtel qui adhère à la Réforme en 1530.

A écouter aussi : Les mots des religions : protestantisme et protestants






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