Les petites fleurs de saint François

par le bibliologue Bertrand Galimard Flavigny
François d’Assise : il était fils de drapier et se dépouilla de ses vêtements. Devant une église, et en présence de l’évêque, ce qui n’est pas convenable. Nous pouvons comprendre que le signor Bernardone réprouva son fils Giovanni. Rentrant de France, ce père s’était pourtant penché sur le berceau de l’enfant nouveau né et l’avait affectueusement surnommé Francesco (le petit Français)...


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Émission proposée par : Bertrand Galimard Flavigny
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Date de mise en ligne : 23 novembre 2008


Sous ce nom, désormais vêtu d’un froc de bure, le jeune homme s’en alla prêcher et porter la bonne parole en chantant des cantiques à la louange du ciel et au soleil, aux oiseaux et aux êtres qui peuplent la terre. « Le Seigneur m’a dit qu’il voulait faire de moi un fou nouveau dans le monde et Dieu ne veut pas nous conduire par une autre science que celle-là », devait dire celui que l’on connaîtra sous le nom de saint François d’Assise (vers1182-1226). L’esprit du fondateur de l’ordre des frères franciscains nous est resté grâce aux Fioretti di San Francesco. Si l’on sait désormais que l’original de ce texte a été composé en latin, sans doute au cours de la seconde moitié du XIVe siècle, on en ignore le transcripteur. Celui-là recueillit de la tradition orale, les gestes du saint et de ces compagnons pour les rassembler comme « des fleurs dans une gerbes », à la fois pour les empêcher de disparaître et en faire un ouvrage d’enseignement spirituel. Mais c’est la version en toscan qui été à l’origine des innombrables éditions qui allaient la suivre.

On ne connaît pas la date de l’impression la plus ancienne des Fioretti, sinon qu’elle est antérieure à celle imprimée en 1476 à Vicence, car, dans les années 1830, un bibliographe du nom de Pezzana en a décrit une, sans lieu, ni date, qu’il jugeait antérieure. Et les éditions se succédèrent tout au long de cette dernière partie du XVe siècle, et jusqu’à aujourd’hui avec rythme soutenu : Venise, 1480 ; Pérouse, 1481 ; Florence, Venise 1484 ; 1489, 1503, etc. On a beau chercher une traduction française de cette époque, on ne la trouve pas. Par la suite, des traductions françaises, il y en a eu des dizaines dont celle d’Alexandre Masseron (1967-2002) et aujourd’hui, la première traduction française de l’original de ces Fioretti sous la direction de Jacques Dalarun, correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (Le Cerf, 2008).

Les éditions illustrées sont en revanche apparues au siècle dernier et parmi elle, celle de Maurice Denis. Il exécuta un frontispice et 79 compositions en couleurs avec encadrements variés, gravées sur bois par Jacques Beltrand qui en fut également l’éditeur. Cette édition datée de 1913 a été tirée à 120 exemplaires sur un papier vergé de Hollande van Gelder. Cet ouvrage a connu plusieurs tirages, en 1919 dans le format in-4 pour l’Art catholique et en 1933, dans le format in-12, chez le même éditeur. François se méfiait des études considérées comme un luxe. Ses cantiques ont pourtant inspiré les plus beaux livres.






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