Yann Arthus-Bertrand, engagé et voyageur, membre de l’Académie des beaux-arts

Rencontre dans son agence Altitude
Le photographe Yann Arthus-Bertrand a été élu membre de l’Académie des beaux-arts le 31 mai 2006. Dans cette interview réalisée quelques jours avant son installation sous la Coupole, le 15 octobre 2008, il évoque son parcours, les projets de son association GoodPlanet au service de la défense de l’environnement et l’Académie des Beaux-arts qui l’accueille.


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : HAB502
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/hab502.mp3
Adresse de cet article :
Date de mise en ligne : 12 octobre 2008

Cette émission a été enregistrée à l’automne 2008.

A l’âge de trente ans, Yann Arthus Bertrand décide de devenir photographe en observant les lions du Kenya. La photographie animalière restera une de ses passions tout en laissant place à l’exploration de sujets aussi divers que la couverture d’événements sportifs (le Paris-Dakar, le Tour de France ou le tournoi de Rolland-Garros) ou l’exploration sociologique des Français à travers ses photographies des bestiaux présentés au salon de l’Agriculture. La liste serait longue des ouvrages qu’il a consacrés aux animaux, comme celle des pays sur lesquels il a posé son œil de photographe. Ce reporter-photographe qui a obtenu la reconnaissance des spécialistes et des amateurs se définit comme un naturaliste. Il poursuit un travail d’inventaire des espèces animales domestiques et d’élevage, qu’il photographie en studio ou en plein air. Il est l’un des premiers, dans les années 1990, à traiter ses sujets avec un fond uni en soignant les éclairages et les poses comme s’il s’agissait de photographies de mode. L’humour, la dignité, l’indépendance, la personnalité de ses sujets sont mises en valeur. Loin du portrait équestre habituel, par exemple, pour les chevaux d’Eurasie, d’Orient ou d’Europe, il a su capter la beauté de l’animal et du cavalier. Toujours équipé de la même bâche, il a installé son studio en plein air, dans des paysages grandioses comme en Mongolie où il a photographié les nomades et leurs chevaux après un Naadam, une fête et une course traditionnelle où les enfants mesurent leurs talents. Pour tous ses sujets, Yann Arthus-Bertrand a parcouru le monde et travaillé plusieurs années sur ses séries pour ne retenir que les photographies qui lui tiennent le plus à cœur. La démarche est d’abord artistique et ne cherche pas l’exhaustivité. Ses photographies approchent les liens profonds de l’homme et de l’animal, unis en un sort commun.

Yann Arthus-Bertrand, 1<sup>er</sup> octobre 2008, dans le jardin de l'Agence Altitude
Yann Arthus-Bertrand, 1er octobre 2008, dans le jardin de l’Agence Altitude
© Canal Académie

Dans un registre différent, parcourant le monde, Yann Arthus-Bertrand a tiré des pistes d’atterrissage la série Tarmacs, en 2007. Entre les vols, durant un cours laps de temps, les pistes sont nettoyées des traces de gomme laissées par les pneus des avions au moment de leur atterrissage. Équipé de son appareil et d’un escabeau, il photographie alors, ces traces qui recouvrent les lignes jaunes des repères. Ses photographies s’apparentent alors à des peintures abstraites, symboles d’un geste à l’état brut.

Pour beaucoup d’entre nous, son nom est associé à son ouvrage La Terre vue du ciel qui l’a fait accéder à la reconnaissance internationale : le livre a été traduit en 24 langues et l’exposition La Terre vue du ciel a été présentée dans 120 villes du monde. Il est le représentant le plus en vue de la photographie aérienne dont le photographe Georg Gester avait ouvert la voie. La photographie en 1992 du cœur de Voh, ce cœur végétal éphémère de la mangrove de Nouvelle Calédonie est une image symbolique de son travail connue du grand public. Aujourd’hui, la mangrove a reconquis la clairière et le cœur a disparu.

Avec ses ouvrages, ses reportages, ses émissions de télévision et ses films, Yann Arthus-Bertrand s’engage pour le développement durable. Il écrivait récemment dans le journal Le Monde, daté du 24 septembre 2008 : « Notre monde va mal. Le tableau s’assombrit chaque jour de catastrophes avérées ou imminentes. Ce flot de mauvaise nouvelles a quelques chose de sidérant et d’inquiétant : il ne suscite aucune réaction. Nous continuons à vivre en ne changeant rien. Cette acceptation placide de faits et de chiffres, voire d’une fin annoncée, est tout à fait fascinante. Nous nous contentons de constater les dégâts... Et nous continuons comme avant. Nous savons mais nous ne voulons pas y croire... Nous sommes au pied du mur. Il est trop tard pour être pessimiste. »

Depuis 1990, les photographies aériennes réalisées au cours de ses nombreux voyages invitent à réfléchir sur les questions d’environnement dans une perspective qui prend en compte l’avenir des générations futures. En 2005, il a fondé l’association GoodPlanet qu’il préside afin « d’éveiller à la connaissance des problèmes du monde et au développement durable ». Plusieurs actions de sensibilisation à ces questions sont en cours : l’exposition Le développement durable pourquoi ? ; l’exposition prévue pour 2009, 6 milliards d’autres ; le programme Action Carbonne ; l’exposition de 2006 Vivants qui depuis parcourt le monde et le projet pilote Des Enfants à Port-Cros. Le livre La Grande Terre, au tirage limité, est vendu au profit de GoodPlanet. Il comprend des photographies, certaines inédites, accompagnées de commentaires de Yann Arthus-Bertrand. Enfin l’association a publié un catalogue : 1000 façons de consommer responsable.

Le 15 octobre 2008, se déroule sous la Coupole de l’Institut de France, la séance d’installation de Yann Arthus Bertrand.

En savoir plus :

- Yann Arthus-Bertrand, membre de l’Académie des beaux-arts
- son site : GoodPlanet

Sur Canal Académie :
- Yann Arthus-Bertrand, photographe engagé, sous la Coupole de l’Institut de France

Parmi ses 70 ouvrages :
- Être photographe, Éditions de La Martinière, 2001
- Paris vu du ciel, 2002, Éditions de La Martinière
- La Terre vue du ciel, 2002, Éditions de La Martinière
- Chevaux, Édition du Chêne, 2004
- Algérie, Éditions de La Martinière, 2006
- Regards partagés sur la Terre, Éditions de La Martinière, 2006
- La grande Terre, Éditions de La Martinière, 2007






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