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La tuberculose dans la littérature

par Pierre-Jean Rémy de l’Académie française
Georges Simenon, Thomas Mann et Roland Cailleux ont un point commun : avoir fait de la tuberculose le personnage principal de plusieurs de leurs romans. Lecture détaillée par l’académicien Pierre-Jean Rémy, dans le cadre de la journée du livre de l’Académie nationale de médecine en septembre 2008.


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Référence : col514
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Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida3504-La-tuberculose-dans-la-litterature.html
Date de mise en ligne : 2 novembre 2008

La tuberculose est la maladie la plus évoquée en littérature. Autrefois soignée dans les sanatoriums, par des cures de soleil et de plein air, elle a été réduite par les antibiotiques dans les années 1950.

Pierre-Jean Rémy, de l’Académie française, nous éclaire sur la description et la mise en scène de cette maladie dans la littérature, au regard de trois ouvrages :

Le long cours de Georges Simenon (paru en 1936)

L’auteur a souvent évoqué la tuberculose dans ses ouvrages. Georges Simenon est très connu pour Maigret mais il écrivit quantité de « romans durs » comme il les appelait lui-même ; des romans policiers certes, mais traitant aussi de la solitude, de l’exil et des voyages de l’auteur en Amérique latine et en Afrique.

Tous les personnages de Simenon atteints par la tuberculose sont des personnages secondaires sauf Jeff, personnage principal du Long cours. La tuberculose vue par Simenon entraîne une fin inéluctable : la mort ou la « disparition ». Les personnages s’effacent littéralement.

<i>En cas de malheur</i>, film réalisé en 1958 tiré du roman de Georges Simenon
En cas de malheur, film réalisé en 1958 tiré du roman de Georges Simenon

Exemple avec le roman En cas de malheur (dont un film sera tourné avec Brigitte Bardot et Jean Gabin) : le fils d’un avocat est envoyé en Suisse et « disparaît ».
De même dans Les sœurs Lacroix où le mari « disparaît en Suisse ». Dans Le petit saint, histoire d’un petit garçon qui devient peintre dans le quartier Mouffetard avant la guerre de 1914, sa petite sœur tousse, et disparaît… Elle a la tuberculose.

Le long cours raconte l’histoire de la fuite d’un couple dont le jeune-homme est tuberculeux. Jeff parvient à sauver sa compagne du choléra, mais ne réchappe pas de la tuberculose. Un long passage est consacré à son agonie.
Comme pour les ouvrages cités précédemment, Georges Simenon développe la notion de fatalité, de la maladie qui monte en puissance et qui vous rattrape malgré la fuite.

La montagne magique de Thomas Mann (paru en 1923)

La montagne magique met la maladie au premier plan. « C’est LE roman de la tuberculose, à la fois noir et lumineux, une beauté froide », comme le décrit Pierre-Jean Rémy.
Pour Thomas Mann, la tuberculose est une forme de rédemption. Hans Castorp découvre qu’il a la tuberculose et reste pendant sept ans dans un sanatorium. Le roman raconte l’évolution de la maladie au cours de ces sept années.
Thomas Mann a écrit son livre sur dix ans, avec de longues descriptions sur l’appétit gargantuesque des tuberculeux, la sensualité qui se développe dans un espace clos et la description toute médicale du pneumothorax.

Les personnages principaux Hans et Claudia ne manquent pas d’humour : au lieu d’échanger leurs portraits, ils s’échangent leurs radiographies !

Sanatorium dans les années 1900
Sanatorium dans les années 1900

Une lecture de Roland Cailleux (paru en 1949)

Roland Cailleux (médecin juriste de formation) raconte l’histoire d’un homme mondain, des années 1930. Suite à une attaque pulmonaire, il s’installe à Grasse dans le sud de la France.
Roland Cailleux nous livre peu de détails sur la maladie en tant que telle. Mais la tuberculose change cet homme sans intérêt en un homme de haute importance grâce à la lecture de Proust ; tout le livre de Roland Cailleux est une analyse critique de l’auteur d’À la recherche du temps perdu.


Pierre-Jean Rémy de l'Académie française
Pierre-Jean Rémy de l’Académie française

Ecoutez Pierre-Jean Rémy, de l’Académie française. Il prenait la parole dans le cadre de la journée du livre de l’Académie nationale de médécine qui s’est déroulée en septembre 2008, dont le thème général portait sur les maladies infectieuses. Le professeur Yves Pouliquen, de l’Académie française, animait la discussion autour de l’intervention de Pierre-Jean Rémy.

Retrouvez également sur notre site : A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, d’Hervé Guibert, lecture d’extraits de l’ouvrage de l’auteur décédé du SIDA, lus lors de cette journée du livre.

En savoir plus :

- Pierre Jean Rémy de l’Académie française
- Pierre-Jean Rémy sur Canal Académie

Georges Simenon, Le Long cours
Thomas Mann, La montagne magique
Roland Cailleux, Une lecture






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