Teilhard de Chardin, sa biographie par sa correspondance

avec Patrice Boudignon
Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) fut tout à la fois explorateur, paléontologue, homme de foi et grand épistolier. A partir de sa volumineuse correspondance, Patrice Boudignon a établi un portrait vibrant de l’homme permettant d’aborder le jésuite et sa pensée de manière accessible. Le père Teilhard avait été élu correspondant de l’Académie des sciences en 1947. Entretien avec son biographe Patrice Boudignon.


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Émission proposée par : Hélène Renard
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Date de mise en ligne : 26 octobre 2008

Voici l’une des figures majeures de la théologie chrétienne du XXe siècle, qui fut tout à la fois homme d’Église, voyageur, et savant de la préhistoire. Le père Pierre Teilhard de Chardin, jésuite, est né en 1881 et mort en 1955.
Plusieurs liens d’étude ou d’amitié unissent Teilhard à des académiciens. Dans sa jeunesse, il fut l’élève d’Henri Brémond, de l’Académie française. Après la guerre, comme paléontologue, il travaille avec des préhistoriens : Marcellin Boulle, Emile Licent, et l’abbé Breuil, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Il fut l’ami du cardinal Henri de Lubac, de l’Académie des sciences morales et politiques. Lui-même a été élu, dans la section minéralogie, correspondant de l’Académie des sciences, le 9 juin 1947.

Un premier constat s’impose : l’œuvre de Teilhard est difficile d’accès. Son ouvrage majeur Le Phénomène humain ne se lit guère aisément et nécessite une bonne connaissance des termes spécifiques utilisés par l’auteur pour être appréhendé.

Aborder Teilhard par sa correspondance

Existe-t-il un moyen d’aborder l’œuvre de Teilhard de manière simple sans toutefois la déformer ? Avant de plonger dans la pensée, l’œuvre et les idées, peut-on mieux connaître la personne, ses joies, ses peines, sa vie ? C’est la question à laquelle répond notre invité, Patrice Boudignon, qui a publié, en avril 2008, aux éditions du Cerf, une biographie de Teilhard.

Pour l’établir, il s’est plongé dans sa volumineuse correspondance (environ 1600 lettres identifiées à ce jour). Celle-ci avait été en partie seulement publiée dans les 12 volumes des oeuvres complètes (Editions du Seuil) mais c’est la découverte des lettres adressées à Lucile Swann publiées en anglais (et qui le seront peut-être en français) qui lui ont permis de proposer ce portrait. L’ouvrage de Patrice Boudignon cite de nombreux passages de ces lettres sans toutefois n’être qu’un recueil de correspondance : c’est une véritable biographie, rédigée de manière fluide, qui permet de s’attacher au personnage complexe que fut Pierre Teilhard de Chardin.

Patrice Boudignon évoque ici en quelques mots l’enfance et les jeunes années puis la guerre, celle de 14, durant laquelle Teilhard fut mobilisé comme brancardier (il arrive au front en 1915).

Il explique la double formation, en théologie et en géologie, de celui qui rédigea, en 1923, La Messe sur le monde, l’un de ses écrits les plus poétiques et les plus connus. Dès le début de sa vie, Teilhard a donc une conception de l’unité du monde.

Il revient à Paris en 1924 et Rome va s’acharner contre lui, à cause d’un court texte d’une quarantaine de pages Notes sur quelques représentations historiques possibles du péché originel.

Teilhard fut engagé dans le débat d’idées, comme Lubac, et avec les mêmes conséquences : la réduction au silence. Interdiction de publier de manière officielle mais pas de manière privée, d’où les nombreuses lettres.

Un savant paléontologue

Mais sa grande passion, c’est la paléontologie qu’il exerce principalement en Chine. De mai 1923 à mars 1946, il passera en tout plus de dix-sept années en dix séjours, dont six ans et demi entre 1939 et 1946 (années de guerre) et sept expéditions majeures ; il sera associé aux fouilles du site de Choukoutien et à la découverte du Sinanthrope qu’il utilise comme une preuve du transformisme.

Patrice Boudignon évoque aussi la fameuse "Croisière jaune".

Lors de son dernier séjour en Chine, de 39 à 46, il achève Le Phénomène Humain en juin 40. Notre invité explique en quoi ce livre tient une place à part dans l’œuvre écrite de Teilhard. En résumé, il souligne l’indéracinable attachement de Teilhard à la foi chrétienne, sa passion pour la paléontologie, son sens de l’obéissance, ainsi que, et ce n’est pas anecdotique dans sa vie, son sens de l’amitié, y compris de l’amitié avec des femmes sans jamais renier sa vocation.

En savoir plus sur Patrice Boudignon :

Titulaire d’un master en histoire des religions, il poursuit des recherches à l’Ecole des hautes Etudes en Sciences socsiales, l’EHESS, sur la correspondance de Teilhard en vue d’un doctorat. Il raconte dans cette émission comment il en est venu à étudier Teilhard.






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