Le bel esprit des lettres et des sciences

l’auteur caché n° 5
Une rubrique en forme de jeu culturel pour tester vos connaissances en littérature française. On vous donne 10 indices, on vous lit 10 lignes d’extrait et en moins de 10 minutes, vous devez découvrir de quel auteur il s’agit... Rassurez-vous, c’est un grand classique littéraire qui, bien sûr, fut académicien ! Vous êtes prêt ? A vous de jouer.


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Émission proposée par : Fernand Guiot , Hélène Renard
Référence : VOI316
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Date de mise en ligne : 2 novembre 2008

Les 10 indices sur la vie de cet académicien

1er indice :

Notre auteur ne fut pas seulement membre de l’Académie française (élu en 1691). Il appartenait également à l’Académie des inscriptions et belles lettres. Mais surtout, il fut le secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, fonction qu’il exerça durant 42 ans à partir de 1699. Il rédigera d’ailleurs une Histoire et des Mémoires de l’Académie, et fera également l’éloge de savants tels que Cassini, Leibnitz, Newton, et d’autres encore.

2ème indice :

Il était le neveu des Corneille, de Pierre, le tragédien, de l’Académie française, et de Thomas, le scientifique, de l’Académie des sciences puis de l’Académie française. Il commença sa carrière par écrire des poésies, comme tout le monde, et même des opéras et des tragédies, mais c’est comme savant qu’il est surtout renommé. Se consacrer aux questions scientifiques ne l’a pas empêché de rédiger une Vie de Corneille.

3ème indice :

Bien sûr, en évoquant les Corneille, le siècle de notre auteur caché vous devient évident ! et d’ailleurs, il est né à Rouen, en 1657... et il vivra centenaire puisqu’il mourra en 1757, juste un mois avant d’avoir 100 ans !

4ème indice :

Il est temps de laisser la parole à notre auteur et de lire un passage de son Histoire des oracles dans lequel, en véritable scientifique du XVIIIe siècle, il discrédite la croyance dans le surnaturel. Pour lui, il faut d’abord s’assurer des faits avant de crier au miracle ! L’anecdote de "la dent d’or" vous permet de comprendre son raisonnement :

- « Assurons-nous du fait, avant que de nous inquiéter de la cause. Il est vrai que cette méthode est bien lente pour la plupart des gens qui courent naturellement à la cause, et passent par-dessus la vérité du fait. Mais enfin nous éviterons le ridicule d’avoir trouvé la cause de ce qui n’est point. Ce malheur arriva si plaisamment sur la fin du siècle passsé à quelques savants d’Allemagne, que je ne puis m’empêcher d’en parler ici.
« En 1593, le bruit courut que les dents étant tombées à un enfant de Silésie, âgé de sept ans, il lui en était venu une d’or à la place d’une de ses grosses dents. Hortius, professeur en médecine dans l’Université de Helmstad écrivit en 1595 l’histoire de cette dent et prétendit qu’elle était en partie naturelle, en partie miraculeuse, et qu’elle avait été envoyée de Dieu à cet enfant, pour consoler les chrétiens affligés par les Turcs... En la même année, afin que cette dent d’or ne manquât pas d’historiens, Rullandus en écrit encore l’histoire. Deux ans après, un autre savant écrit contre le sentiment de Rullandus, lequel fait aussitôt une belle et docte réplique. Un autre grand homme, nommé Libavius, ramasse tout ce qui avait été dit de la dent et y ajoute son sentiment particulier. Il ne manquait autre chose à tant de beaux ouvrages, sinon qu’il fût vrai que la dent était d’or. Quand un orfèvre l’eut examinée, il se trouva que c’était une feuille d’or appliquée à la dent avec beaucoup d’adresse ; mais on commença par faire des livres et puis on consulta l’orfèvre.
 »

5ème indice :

Vous l’avez compris, notre auteur prône une approche scientifique des faits. Donc point de superstition. Rien qu’un esprit a priori sceptique... Notre auteur veut éveiller chez ses contemporains le sens critique.

6ème indice :

Il utilise ce même esprit scientifique à propos de la question du système solaire et de l’hypothèse d’autres planètes habitées. C’est pourquoi il rédige son grand œuvre Les entretiens sur la pluralité des mondes en 1686.

7ème indice :

Et l’inévitable question se pose : irons-nous un jour sur la Lune ? Cette interrogation fait l’objet d’un entretien qu’il imagine entre lui, le scientifique, et une belle marquise qu’il invite chaque soir, durant six soirs, dans un parc pour admirer le ciel et les planètes. Ce Second soir fait l’objet d’un dialogue savoureux :
- Ces gens de la lune, reprit-elle, on ne les connaître jamais, cela est désespérant !
- Si je vous répondais sérieusement, répliquai-je, vous vous moqueriez de moi. J’ai une pensée très ridicule qui a un air de vraisemblance qui me surprend. Je gage que je vais vous réduire à avouer, contre toute raison, qu’il pourra y avoir un jour du commerce entre la terre et la lune. L’art de voler ne fait encore que de naître ; il se perfectionnera et quelque jour, on ira jusqu’à la lune. Prétendons-nous avoir découvert toutes choses ou les avoir mises à un point qu’on n’y puisse rien ajouter ? Eh, de grâce, consentons qu’il y ait encore quelque chose à faire pour les siècles à venir...

8ème indice :

Vous le voyez, notre auteur s’attache à développer la vulgarisation scientifique. Il veut toucher aux plus grands problèmes humains mais avec l’esprit critique, celui qui dresse les principes d’une science positive et expérimentale. Ses Entretiens sur la pluralité des Mondes et son Histoire des oracles vont le rendre célèbre. Avouez qu’il est un peu prophète, notre auteur, et qu’il pressent bien à l’avance des progrès techniques qui ne verront le jour qu’un ou deux siècles après lui.

9ème indice :

Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, on l’a dit, notre auteur se consacre aux questions scientifiques et publie des préfaces d’ouvrages savants dans lesquelles il précise ce qu’est l’esprit scientifique, et encore une Géométrie de l’infini en 1727 ainsi qu’une Théorie des tourbillons cartésiens avec une réflexion sur l’attraction en 1752.

10ème indice :

Dernier indice, mais ce n’est le plus facile : il se prénommait Bernard, mais on ne le nomme jamais que par son nom de famille qui, énoncé dans sa totalité donne : Bernard Le Bouyer de...

Vous l’avez deviné ? Oui ? Non ? Dans ce cas, cliquez sur le document joint pour obtenir la réponse !

Découvrez l’auteur caché n°5
Découvrez l’auteur caché n°5

Les lectures sont assurées par le comédien Fernand Guiot.

Retrouvez notre série des auteurs cachés : ici






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