Philippe Brunet, le fou d’Homère

Didascalos et passeur des textes grecs et latins
Elizabeth Antébi a rencontré Philippe Brunet. Brillant helléniste, il se produit sur les plus grandes scènes, en tant que comédien et metteur en scène, pour monter des pièces de théâtre en grec.


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Émission proposée par : Elizabeth Antébi
Référence : PAR321
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Date de mise en ligne : 6 juillet 2008


Philippe Brunet
Philippe Brunet

Ce descendant des Samouraïs, normalien, helléniste inspiré par le Nô, amateur de musique (il joue du piano et de la guitare), professeur d’université à Rouen, est un homme bien fascinant. Proche des traducteurs russes de Catulle et de Pouchkine, il a rencontré un jour « un grand cow-boy traçant sa destinée », l’Américain Stephen Daitz, spécialiste de la prononciation reconstituée, avec lequel il s’est mis à monter des récitals inouïs – au sens originel du mot. Jacqueline de Romilly l’a récemment « marrainé » pour sa représentation d’Antigone et d’Erechtée – renaissance du théâtre (et des chœurs) antique(s) de la Sorbonne.

Mais ma fille, pour elle seule, recevra le don d’une unique couronne en s’immolant pour la cité. Et elle sauvera sa mère et ses deux soeurs de même père. Obtenir cela ne serait pas beau ? Cette fille mienne par le sang, je la donnerai en sacrifice pour ma terre. Si la cité est prise, que ferai-je, moi, de mes enfants ? N’aurai-je pas tout fait, en tout cas, pour la sauver ? Euripide, Erechthée

© Olivier Jacquet

Il a été filmé par Jean Rouch, plus récemment en Thrace (Bulgarie) par Arte. Tombé « en amour » d’Homère dès l’âge de dix-sept ans, Philippe Brunet a aussi organisé un peu partout des lectures collectives de ses traductions, sur des rouleaux immenses, de L’Iliade – un travail qui a duré des lustres, comme on disait autrefois, et qui paraît à la rentrée 2008 aux éditions du Seuil.
Il a même eu le culot de lancer l’an dernier un concours des aèdes aux Invalides, sur le tombeau de l’Empereur !

Comme jadis Jean Vilar ou Jean-Louis Barrault, Philippe Brunet recrée un univers étonnamment moderne, avec tous ceux qui gravitent autour de lui – musiciens, peintres, sculpteurs, créateurs de masques, scénographes, acteurs, chanteurs, directeurs de festivals.

Ainsi qu’il l’écrivait dans sa traduction-trahison d’un fragment d’Héraclite :
« L’être joue à cache-cache, et n’exhibe qu’à proportion de ce qu’il dissimule. »

En savoir plus :

Demandez le programme !
Après le Festival de Vaison la Romaine le 5 juillet 2008, Philippe Brunet sera avec sa compagnie Demodocos en Avignon, au théâtre « La Condition des Soies », du 10 juillet au 2 août 2008, avec l’Odyssée à 11h, suivie aussitôt, de 12h à 13h 20, d’une Antigone magnifique avec danses, masques et prononciation reconstituée.
Puis du 11 au 15 août au Festival « Les Milliaires », enfin au Festival Son MiRé le 24 août à Fabrezan, ville de Charles Cros.
Fin mars 2009, ce sera le Festival qu’il organise à Paris avec Dido Lycoudis et sans doute une incursion au Festival Européen Latin Grec de Nantes .

- Portrait détaillé de Philippe Brunet
- Festival d’Avignon 2008






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