La Maison de l’Europe

Rencontre avec Catherine Lalumière, présidente de la Fédération française des Maisons de l’Europe
Au cœur de Paris, la Maison de l’Europe est un lieu de rencontre, d’information, de débats, dont la présidente, Catherine Lalumière, ancienne députée européenne, nous décrit le rôle et les activités de ce "lieu de vie" qui développe en particulier des actions de sensibilisation envers les jeunes. Elle donne également son point de vue sur le projet européen, notamment sous l’angle de la culture.


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Émission proposée par : Marie-Béatrice Lahorgue
Référence : PDM331
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Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida3222-La-Maison-de-l-Europe.html
Date de mise en ligne : 29 juin 2008

Catherine Lalumière a été élue, le 29 mars 2008, présidente de la FFME, la Fédération française des Maisons de l’Europe. Elle succède à Geneviève Saint-Hubert, présidente de la Maison de l’Europe de Toulouse. La FFME, qui regroupe les Maisons de l’Europe en France, a pour objectif de renforcer l’activité des structures existantes et d’en créer de nouvelles afin d’améliorer l’information des citoyens sur les questions européennes.

Association reconnue d’utilité publique, la Maison de l’Europe a été fondée en 1956 par Marcelle Lazard, ardente militante européenne. Elle a été successivement présidée par des personnalités du monde diplomatique (André-François-Poncet, Maurice Schumann, Roger Reynaud, François Seydoux de Clausonne, Michel Junot).
De 1956 à 1978, la Maison de l’Europe se trouvait à l’hôtel Normandie dans le quartier du Palais royal. Depuis 1978, elle est sise dans le quartier historique du Marais, à l’hôtel de Coulanges, monument historique datant du XVIIe siècle, acquis en 1972 par la ville de Paris, qui le sauva alors d’une démolition certaine. L’association partage ce dernier avec la direction des Affaires culturelles de la ville de Paris. Animant au cœur de Paris un lieu de pratiques européennes, la Maison de l’Europe entretient un partenariat privilégié avec la ville de Paris.

Parce que nous avons besoin d’un espace public européen, la Maison de l’Europe de Paris propose aux Parisiens et aux Franciliens de vivre l’Europe au quotidien.
Elle est un point de rencontre pour toutes celles et tous ceux qui éprouvent le besoin de débattre des projets et dossiers européens sans être nécessairement des spécialistes ou des convaincus. Elle est aussi un lieu ouvert au public et offrant un service d’information personnalisé Paris-Europe-Info.

Maison pour la citoyenneté européenne, la Maison de l’Europe est ouverte à toutes et à tous, de tous âges, de toutes nationalités, incluant dans sa perspective les étrangers non communautaires.

Notre société a tendance à séparer les moments d’apprentissage et de loisirs. La Maison de l’Europe de Paris est plus qu’un lieu de conférences, c’est un lieu de vie où animation et formation vont de paire. Les activités dans ce secteur s’adressent au grand public, et plus particulièrement aux jeunes et à toutes celles et tous ceux qui – de façon bénévole ou professionnelle – sont en contact avec les jeunes.

Informer et sensibiliser les jeunes

Les actions d’information et de sensibilisation destinées aux jeunes sont l’un des objectifs principaux de la Maison de l’Europe de Paris.
- Dans un but d’information à destination du grand public notamment étudiant et enseignant, la Maison de l’Europe de Paris participe activement chaque année au Salon de l’Education, organisé à Paris par la Ligue de l’enseignement.
- Elle permet aux jeunes de vivre l’Europe en Ile-de-France, en organisant pour eux et avec eux des manifestations à l’occasion de moments clés du calendrier européen : accueil de nouveaux pays membres de l’Union européenne ; 50e anniversaire du traité de Rome ; journée de l’Europe, le 9 mai ; 20e anniversaire de la coopération entre Paris et Berlin…
- Elle aide également les jeunes à s’orienter dans leurs démarches d’engagement et de mobilité en Europe. La rentrée universitaire est par exemple l’occasion d’accueillir les étudiants pour une « Journée Erasmus ». Organisée en coopération avec des associations d’étudiants (Euro-Fil notamment), cette journée propose aux jeunes de l’information pratique ainsi qu’un contenu culturel, et représente une possibilité de rencontres entre étudiants européens.
- En accueillant des stagiaires et des volontaires européens, la Maison de l’Europe remplit également sa mission de formation.

Le projet européen

Dans cette émission, Catherine Lalumière développe également son point de vue sur le projet européen.

Travaillant pour une citoyenneté européenne active et inclusive, la Maison de l’Europe explore aussi plus particulièrement la dimension culturelle du projet européen, la représentation des frontières, les enjeux démocratiques et participatifs, éducatifs, économiques et sociaux de l’Europe.
Pour Catherine Lalumière, il n’y a pas de « langue de bois ». « Le besoin d’une Europe autre » passe par une nouvelle dimension culturelle du projet européen. On a oublié que la culture est historiquement le socle du projet européen.
Pour autant que l’on puisse comprendre et adhérer au traité de Lisbonne, il ne semble pas certain que celui-ci participe à la réconciliation entre l’Europe et les Européens. Il existe en matière d’information, d’éducation et d’implication des citoyens à la construction européenne un déficit majeur. L’UE apparaît souvent comme trop éloignée des préoccupations de ses habitants. Beaucoup d’Irlandais ont d’ailleurs exprimé cet état de fait, assurant qu’il ne pouvait se prononcer sur un texte qu’ils considéraient incompréhensible. Les dimensions « réforme des institutions » et « économie » ont été hypertrophiées depuis une décennie gommant finalement le socle fondateur et fédérateur du projet européen : sa dimension culturelle.

Pour réconcilier les Européens avec l’Europe, l’Europe elle-même doit radicalement changer de méthode. Les cultures européennes se sont substantiellement transformées par rapport à ce qu’elles étaient à la signature du Traité de Rome, dans un phénomène général d’ « interconnexion » entre elles et avec les autres cultures du monde. Il faut remettre au travail la dimension culturelle, au sens large, du projet européen, celle des échanges culturels, des représentations et imaginaires, de l’impact de la cyberculture, des enjeux économiques et industriels de l’art et de la culture, des enjeux de traduction.

Quelle serait ainsi l’Europe que l’on pourrait souhaiter raisonnablement partager ? C’est-à-dire au projet de laquelle on souhaiterait participer ou, du moins, pour emprunter l’expression de Kant à propos de la Révolution française, « saluer avec enthousiasme », voire partager avec les autres ?

Pour Catherine Lalumière, au moment où de nombreux pays tels que le Maroc regardent cette Europe en partage à travers le prisme du projet d’Union méditerranéenne, il ne faudrait pas celui-ci soit le prétexte à ne pas accueillir certains Etats au sein de l’UE. On pense en particulier à la Turquie.

L’Europe en partage est-elle l’Europe en devenir ?

« L’Europe en partage » est une proposition ambiguë : le partage évoque à la fois la mise en commun et la perte de l’appartenance exclusive, la division. Peut-être s’agit-il de mettre en commun ce qui nous divise, de partager ce qui nous partage. Est-on allé trop vite où trop lentement depuis le Traité de Rome ? Que traduit l’enjeu européen de la Turquie ? La ratification au pas de charge du traité de Lisbonne ?

Catherine Lalumière, présidente de la Fédération française des Maisons de l'Europe
Catherine Lalumière, présidente de la Fédération française des Maisons de l’Europe

Catherine Lalumière, est à la fois une universitaire (Docteur en Droit public et en Sciences politiques – Maître de conférences auprès des Universités) et femme politique.

- 1960-1981 : maître de conférences auprès des Universités (Rennes, Bordeaux, Paris I)
- 1981-1989 : députée de la Gironde
- 1981-1986 : Secrétaire d’État et Ministre
- 1984-1986 : Secrétaire d’État chargée des Affaires européennes
- 1989-1994 : secrétaire générale du Conseil de l’Europe
- 1994-2004 : députée au Parlement européen
- 2001-2004 : Vice-Présidente du Parlement européen

Catherine Lalumière est la première femme à avoir occupé un poste ministériel au Quai d’Orsay, en qualité de secrétaire d’État.

Elle est l’auteur de plusieurs rapports et études notamment sur :
- Les Droits de l’Homme dans le monde
- La PESC (Politique extérieure et de sécurité commune) et la PESD (Politique européenne de sécurité et de défense)
- Les relations entre l’Union européenne et la Russie
- La culture et l’Europe, la diversité culturelle, l’interculturalité
- La fonction publique européenne et en particulier l’égalité des chances entre les hommes et les femmes

En savoir plus :

- Fédération française des Maisons de l’Europe
- Maison de l’Europe de Paris






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