L’insolence de Rouart et l’honneur de Lévi-Strauss, de l’Académie française

Lecture et relecture, la chronique littéraire de Jacques Rigaud
Le devoir d’insolence, Jean-Marie Rouart, de l’Académie française, le pratique avec talent. Quant à Claude Lévi-Strauss, de l’Académie française, qui a lui-même opéré un choix parmi ses œuvres pour constituer le volume de La Pléiade, on le compte avec bonheur parmi les grands écrivains. Telles sont les deux lectures proposées par Jacques Rigaud.


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Émission proposée par : Jacques Rigaud
Référence : CHR366
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Date de mise en ligne : 28 juillet 2008


Jean-Marie Rouart
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Le devoir d’insolence couvre la période qui s’étend de septembre 2007 à mars 2008 et c’est en vérité un journal et non pas un pamphlet sur Sarkozy comme la bande rouge de librairie le laisse bêtement entendre ("une année de sarkozysme absolu", un sous-titre trompeur puisque la période couverte n’est que de six mois et que le livre parle de bien d’autres choses).

Jean-Marie Rouart en effet n’a pas écrit sur le président de la République dans toutes les pages ! Il faut réserver cela à la littérature de l’immédiat... Il n’est pas obsédé par la figure de Nicolas Sarkozy, la preuve : il trace dans ce livre d’excellents portraits de confrères académiciens (Pierre Messmer, Jean d’Ormesson, Jean-François Revel), ou d’autres écrivains (Julien Gracq, Simone de Beauvoir entre autres) ; il évoque des souvenirs d’enfance, des rêveries, mais surtout il offre sur le monde un regard à la fois de romancier et de journaliste. Et s’il s’autorise à être impertinent, jusqu’à l’insolence en effet, il fait toujours partager une sympathie pour ceux qu’il décrit, même s’ils sont éloignés de ses conceptions personnelles.

Autrement dit, Jean-Marie Rouart ne se livre pas à des théories politiques : il parle de ce qu’il sent, sans malveillance, mais avec de talentueux coups de patte. S’il se montre critique, c’est qu’il a le goût des personnages, des figures et qu’il sait en déceler les contradictions.

Et quelquefois, Jean-Marie Rouart ronchonne ! Le portrait qu’il dresse de lui-même est attachant, c’est un esprit libre, qui ne prend pas la pose, qui est de droite sans être ni réactionnaire ni conservateur... Voici donc, selon Jacques Rigaud, un « classique inclassable » ! mais surtout un homme du monde qui sait rester généreux et utiliser à la fois le verbe "aimer" et le verbe "s’indigner".



et relire Claude Lévi-Strauss

Parce qu’il considère comme "un grand événement littéraire", la parution d’un volume de la collection La Pléiade (Gallimard) offrant un choix d’œuvres de Claude Lévi-Strauss, de l’Académie française, Jacques Rigaud consacre sa relecture à cet auteur. Il souligne d’emblée qu’il n’est pas le seul à être entré de son vivant dans La Pléiade (André Gide, Marguerite Yourcenar, René Char, Saint-John Perse, Nathalie Sarraute, l’ont également été) mais que la rareté de l’événement le rend digne d’attention.

Ce ne sont pas les œuvres complètes, faut-il le rappeler, mais une sélection opérée par Lévi-Strauss lui-même. « Quand il se libère de l’ethnologue qu’il est », dit Jacques Rigaud, « et qu’il raconte son métier, ses auteurs favoris, c’est un bonheur de lecture et son amour des mots, la clarté de sa pensée font de lui un grand écrivain ».

En savoir plus :

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Jean-Marie Rouart, Devoir d’insolence, éditions Grasset & Fasquelle, 2008)
Claude Lévi-Strauss, Œuvres, Editions Gallimard , Bibliothèque de la Pléiade, 2008






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