Jean Foyer : le droit et le latin

de l’Académie des sciences morales et politiques
Jean Foyer, agrégé de droit, raconte comment au long de sa carrière de professeur et d’homme politique, le latin a toujours été sa référence au point de le parler couramment. Premier salut, en latin bien sûr, d’Elizabeth Antébi pour accueillir son invité qui, rassurez-vous, s’exprime ici en français pour évoquer son parcours.


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Émission proposée par : Elizabeth Antébi
Référence : PAR313
Adresse directe du fichier MP3 : https://www.canalacademie.com/emissions/par313.mp3
Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida2915-Jean-Foyer-le-droit-et-le-latin.html
Date de mise en ligne : 6 avril 2008

Jean Foyer, en juriste éminent, parfait connaisseur du droit romain, défend l’apprentissage du latin en général et des locutions ou expressions latines en particulier. A ses yeux, ce n’est pas du folklore mais bien un outil précieux. Ces locutions latines apprennent en effet la concision car il n’est pas de meilleure langue pour traduire une pensée en quelques mots. Et il en veut pour exemple l’inscription que les Allemands avaient gravée sur les monuments aux morts de la Première Guerre Mondiale : Invictis Victi Victu (aux invaincus, les vaincus qui seront vainqueurs). Trois mots concis pour exprimer une pensée forte.

Jean Foyer
Jean Foyer

Jean Foyer explique dans cette émission comment, par exception, il a pu cumuler sa carrière politique et son travail d’enseignement. A cause de la Deuxième République ! Une loi de 1848 stipule en effet l’incompatibilité entre le mandat d’un parlementaire et une fonction publique. Excepté pour deux catégories de fonctionnaires : les ministres des cultes reconnus et certains professeurs titulaires de chaire. Or, Jean Foyer était professeur agrégé de droit et il a ainsi pu cumuler pendant de longues années fonctions politiques et enseignement de droit.

Pour lui, il serait tout à fait impensable d’abandonner le latin pour l’étude du droit romain. Et il s’en explique, notamment en citant d’Aguesseau, mais aussi en prenant cet exemple : le droit français plonge ses racines dans le droit romain ; si les racines ne plongent plus dans un terreau vivant, l’arbre meurt.

Elizabeth Antébi
Elizabeth Antébi

Puis Elizabeth Antébi l’interroge sur l’Ordonnance de Villers-Côtterets (de François 1er, le 10 août 1539, qui impose en 192 articles le français dans le royaume) : Jean Foyer l’approuve totalement, cette ordonnance ayant généralisé des pratiques du français déjà répandues et il rappelle que la majorité des sujets -qui doivent comprendre le droit- n’avaient pas appris le latin ! Il nous révèle au passage que les Hongrois n’ont abandonné le latin pour leurs textes de lois que récemment : en 1848 !
Quant à l’Europe, Jean Foyer estime qu’il est difficile de la penser sans connaître son histoire et reconnaître ses racines latines et chrétiennes.

Une anecdote amusante ? Voici comment, après avoir été élevé à la dignité de Docteur Honoris Causa de l’Université d’Oxford, il a prononcé son discours... en latin !

Enfin, le latin c’est aussi la langue du chant traditionnel de l’Eglise et Jean Foyer, amateur de chant grégorien, sur l’insistance de notre journaliste, a bien voulu en chanter, dans notre studio, quelques brèves mesures !

Pour continuer avec Jean Foyer, d’autres émissions sont disponibles :

- Sur les chemins du droit avec le Général
- La redécouverte du chant grégorien
- Jean Foyer et ses souvenirs de Seconde Guerre mondiale

À lire : Jean Foyer - In Memoriam (LexisNexis, 2010), hommage des collègues et amis de l’académicien.






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