Les mots des religions : Saint Valentin

Pourquoi il est devenu le patron des amoureux
Le jour de la Saint-Valentin est aujourd’hui célèbre. C’est en effet le jour où l’amoureux déclare sa flamme à son amoureuse. On le fête le 14 février. Sylvie Barnay, maître de conférence à l’Université de Metz et chargée de cours à l’Institut catholique, nous explique l’origine de cette fête et son histoire.


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Émission proposée par : Hélène Renard , Sylvie Barnay
Référence : TOR307
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Adresse de cet article : https://www.canalacademie.com/ida2733-Les-mots-des-religions-Saint-Valentin.html
Date de mise en ligne : 10 février 2008


Le jour de la Saint-Valentin, c’est le jour de l’amour ! Le 14 février passe en effet pour coïncider avec les débuts de la nidification des oiseaux et de leur accouplement. Saint Valentin protège les amours des oiseaux et par extension de tous ceux qui ont le cœur amoureux…

L’histoire s’est chargée de transformer la passion de saint Valentin – passion des martyrs qui imite la passion du Christ – à la passion amoureuse… par des détours dont elle seule détient le secret. En effet, saint Valentin est connu au départ pour son martyr, c’est-à-dire son imitation vécue de la passion du Christ. Les martyrologes font de saint Valentin un prêtre de la fin du IIIe siècle, par ailleurs souvent confondu avec l’évêque Valentin de Terni. La Légende dorée de Jacques de Voragine popularise l’histoire de ce martyr qui refuse d’adorer les dieux de Rome et que l’empereur Claude fait comparaître à ce titre, lui promettant de se convertir s’il guérit sa fille aveugle.

Carte de la Saint-Valentin, vers 1910.
Carte de la Saint-Valentin, vers 1910.

C’est le XVIIIe siècle victorien qui diffusera les images d’un Valentin amoureux de la jeune fille, enjolivées de dentelles, de rubans et de tendresses…. Les récits prennent place sur les images. Voilà Valentin devenu amoureux de la fille de l’empereur (voire dans d’autres versions légendaires de la fille du goêlier de la prison où il se trouve enfermé). La veille de son martyr, il lui glisse un petit billet sur lequel la gente demoiselle lira « mon Valentin ». Il n’en faut pas plus pour que les billets doux deviennent des « valentines » que les promis envoient à leur promise le jour de la saint Valentin. Vers 1850, les valentines émigrent en même temps que l’Angleterre de l’époque victorienne vers les Etats-Unis. C’est alors le démarrage de la production industrielle des cartes de la Saint-Valentin.

Impensable d’oublier ce jour ! Dans les campagnes de l’entre-deux guerres, il fait l’objet de rites : dans les villages, les jeunes gens qui désirent se fiancer déclarent leur flamme aux élues de leur cœur. En Bourgogne, le premier dimanche de Carême voyait les futurs couples s’embrasser (et s’embraser !) autour d’un feu : fête des brandons où le Valentin devait offrir des présents à sa fiancée, puis « brandonner » dans les vignes un brin de paille enflammé autour d’un bâton, promesse d’une récolte féconde meilleure que l’année précédente.

Aujourd’hui les cœurs rouges et les Cupidons ont remplacé les dentelles et les papiers jaunis d’antan. Les amoureux de Peynet sont le symbole de tous les amoureux qui vivent sur petit nuage et dont les anges postent leurs billets doux dans une boîte à lettre en forme de cœur… Saint Valentin est devenu le patron des amoureux, à invoquer par tous les Valentin qui n’ont pas encore trouvé leur Valentine.

Sylvie Barnay est maître de conférences à l’Université de Metz, et chargée de cours à l’Institut catholique de Paris.

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