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Identité biologique : gènes génomes et environnement

par François Gros, secrétaire perpétuel (H) de l’Académie des sciences
Tous les êtres humains sont semblables, mais chacun est unique. Cette unicité est, certes, et avant tout, d’ordre comportemental, cognitif, émotionnel... L’homme, séparé du rameau des autres hominidés, il y a environ 2,5 millions d’années, a en effet acquis un cerveau d’une réactivité spécifique à l’environnement physique comme aux influences socioculturelles...


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Référence : COL349
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Date de mise en ligne : 16 mars 2008

Mais, ce que nous apprend la biologie aujourd’hui, est que chaque être humain, se distingue de tous les autres par son patrimoine génétique et son aptitude à mobiliser celui-ci sous l’influence de l’environnement. Cette "individualité génétique" n’est pas restreinte à l’arsenal de nos mutations. Celles-ci peuvent, certes modifier profondément notre physiologie, voire nos comportements, engendrer des maladies etc., mais leur fréquence est généralement trop faible pour "singulariser" chacun des êtres vivant sur la planète. En revanche, le génome humain diffère d’un individu à l’autre par de nombreux traits. Parmi eux figurent des millions de variations chimiques discrètes de notre ADN, appelés "polymorphismes", des modifications épigénétiques, et un arsenal d’éléments répétitifs. Le nombre, la nature et la distribution de ces polymorphismes, semblent jouer un grand rôle dans nos capacités à réagir à l’environnement, aux stress, aux maladies, aux médicaments. Cette complexité génomique individuelle n’est sans doute pas étrangère à notre longévité et à certains comportements.

Nous héritons de chacun de nos parents 23 chromosomes, qui forment 22 paires de chromosomes homologues (les autosomes, chaque chromosome d’une paire portant les mêmes gènes) et une paire de chromosomes sexuels (XX pour les femmes, XY pour les hommes). Ici, avec 2 chromosomes X, il s’agit d’un individu de sexe féminin.

Ainsi, pour comprendre les effets exercés par un gène chez un individu donné, il ne suffit pas de connaître sa séquence, ses produits d’expression et leur fonction métabolique cellulaire. Il faut pouvoir appréhender le contexte génomique global, de l’individu considéré et l’état fonctionnel de très nombreux autres gènes.

Écoutez la communication de François Gros, secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences. Il s’est exprimé dans le cadre du colloque consacré à l’identité changeante de l’individu qui s’est déroulé les 24-25 janvier 2008 à la fondation Simone et Cino Del Duca.

François Gros a mis en évidence en 1961 l’existence d’acides ribonucléiques messagers, avec Jacques Monod et François Jacob.

Écoutez les autres intervenants de ce colloque :
- Vrais jumeaux : entre ressemblances et différences génétiques
- L’identité dans les textes de droit
- Définition de l’identité : la réconciliation entre philosophes et scientifiques
- Drogues et recherche d’identité

Ecoutez également Pierre Buser, sur Dissociations et hallucinations : deux pathologies de l’identité, émission réalisée suite à la série de communications consacrées à l’identité changeante.

Ecoutez nos autres émissions en compagnie de François Gros.

En savoir plus :
- François Gros, secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences
- Site de l’Académie des sciences






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